OBSERVATION XIV
(Boyer, Traité des maladies chirurgicales T. III. p. 475.)
Ostéite tuberculeuse de la partie postérieure et supérieure de l’ilium. Vastes collections purulentes. Ponctions étroites. Mort.
Une femme âgée de 3o ans, ayant toujours joui d’une bonne santé, se plaignit pendant longtemps d’une douleur sourde et profonde à la partie postérieure de l’os des iles du côté gauche, sans aucune altération sensible dans la forme naturelle de la partie souffrante.
Dans la suite cependant, la fesse se tuméfia sans rougeur et sans altération de la peau. La malade put continuer son état sans être fort gênée par cette tumeur. Une chute qu’elle fit et dans laquelle elle porta principalement sur cette dernière en produisit l’affaissement; mais il en survint une nouvelle à la partie postérieure et supérieure de la cuisse, qui s’étendit successivement jusqu’auprès du jarret. Fluctuation étendue manifeste. Malgré le peu d’intensité de la douleur du début, Boyer porta un pronostic fâcheux.
Boyer pratiqua trois ponctions successives, avec la lame d’un bistouri étroit, à la partie la plus déclive de la tumeur de la cuisse et eut soin chaque fois de réunir immédiatement l’ouverture. Celle de la troisième ponction reste ouverte, et la matière purulente grumeleuse qui s’e'tait échappée en très grande quantité lors de chaque ponction, finit par s’écouler habituellement par cette dernière ouverture, qui devint fistuleuse. Alors la matière devint fétide, la fièvre survint, et la malade voyant son état empirer, voulut s’en retourner chez elle et mourut deux mois après.
A l’autopsie, on trouva une carie très-étendue de la partie postérieure et supérieure de l’os ilion.