‹ Des ostéites du bassinChapitre 26 sur 49 · FISTULE · texte numérisé non relu

FISTULE

Jeanne Legrand, âgée de 23 ans, de Romans, reçue le 21 février 1 88 3 , dans le service de M. Ollier. La malade fait remonter le début de son affection à l’âge de 20 ans. A ce moment, douleurs très-vives dans l’aine gauche ; tuméfaction envahissant toute la cuisse. Ouverture spontanée de deux abcès sur les faces interne et externe de celle-ci. Après quatre mois de suppuration, guérison de ces fistules, sans que la malade ait cessé de marcher.

La malade eut alors un court répit de quelques mois, au bout desquels elle ressentit des douleurs dans la région lombaire, au sacrum et au niveau des épines iliaques postérieures droites. Le gonflement envahit cette région et un abcès y fut ouvert en avril 1882. Il laissa une fistule persistante, qui conduit sur la crête iliaque dénudée. Pas de faiblesse dans les jambes, pas de douleurs vives, pas de toux.

ier Mars 1 88 3 . — Anesthésie à l’éther. Incision sur la fistule, passant au-dessus de la crête iliaque. Dénudation de l’os au détache-tendon. On trouve l’os rougeâtre, ramolli en certains points, éburné dans les parties les plus voisines d’un foyer situé sur la face postérieure de la crête iliaque, foyer que l’on évide à la gouge et d’où s’écoule une certaine quantité d’un pus épais et jaunâtre. Alors pour faciliter l’écoulement du pus, on pratique avec la couronne du trépan, une perforation de l’os iliaque qui passe au-dessous du cartilage marginal qui est respecté. On déterge le foyer et on met un drain qui passe par la perforation. Iodoforme en sachet. Quelques points de suture aux extrémités des incisions en T.

Pansement de Lister.

Suites très simples. Peu de fièvre. Les liquides s’écoulent très bien.

La malade part chez elle le io avril.

La malade fait un court séjour à l’Hôtel-Dieu à la fin de mai. Elle a toujours une fistule ; mais ne souffre d’aucune douleur. La marche, impossible avant l’opération, est actuellement très facile et ne cause aucune fatigue.

Cette observation est très intéressante à divers points de vue : la trépanation a été, dans ce cas, pratiquée au niveau de l'épine iliaque postérieure; et nous avons signalé à ce niveau une épiphyse tardive, non encore soudée à l'âge delà malade. C’est un des lieux d’élection de la trépanation de l’os iliaque, à cause de la fréquence des lésions, le plus souvent tuberculeuses, en ce point ; et à cause de l’impossibilité de l’écoulement des suppurations nées au voisinage de la symphyse sacro-iliaque, à la partie postérieure de la fosse iliaque interne. Par cette opération, M. Ollier a donné écoulement au pus et réséqué des portions osseuses cariées. La trépanation a été pratiquée à la gouge et au trépan, à cause de l'inégale dureté de l’os, atteint en des points voisins d’ostéite raréfiante et d’ostéite condensante.

Enfin ce cas doit être compté parmi les cas de guérison. Il y a, il est vrai, persistance d’une fistule; mais sa sécrétion est peu abondante ; la malade peut vaquer à ses occupations habituelles ; elle n’éprouve aucune douleur, aucune gêne dans la marche.

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