OBSERVATION XXV
(Due à l’obligeance de M. le Docteur Auboyer, de Roanne)
Ostéite juxta-épiphysaire de la crête iliaque. Trépanation.
Drainage. Guérison.
Il s'agit d’un jeune garçon, C... de Roanne, opéré par M. Ollier. Il y a trois ans et demi environ, le jeune malade, qui avait 12 ans, tomba en faisant du gymnase. On ne lit pas attention à cette chute qui cependant causa une vive douleur à l’enfant sur le moment. Le malade rentra au collège, et ce n’est que six mois après sa chute, qu’il commença à éprouver une douleur dans le genou de temps en temps. De temps à autre également, le malade traînait la jambe en marchant, surtout lorsqu’il était fatigué. Le médecin appelé,
explora le genou, puis la hanche et ne trouva rien, l’enfant ne se plaignait du reste pas de la hanche. Quelque temps après, un beau jour, le malade prit une attitude spéciale en marchant : il se renversait en arrière et sur le côté malade, le ventre en avant. Pendant ce temps la douleur du genou, devenait plus fréquente. L’état général se maintenait assez bon, malgré de la pâleur des tégument ; pas d’amaigrissement.
Enfin les parents inquiets se décidèrent à consulter M. Ollier, environ un an après le début des accidents. M. Ollier découvrit un point douloureux sur l’os iliaque gauche, près de l’articulation sacro-iliaque. Le jeune C... continua à rester au collège, tout en suivant un traitement général. Pendant ce temps, la douleur avait cessé de se localiser au genou ; et l’enfant éprouvait des douleurs mal définies dans le bassin, la hanche et la jambe gauche.
Opération. Au milieu de mars 1882, M. Ollier endormit l’enfant, et constata la présence d’une certaine quantité de pus dans le bassin. Puis avec la gouge il fit vers le tiers postérieur de la crête iliaque, dans la zone juxta-épiphysaire, une large ouverture permettant au doigt de pénétrer dans le bassin. On mit deux drains et l’on fit le pansement de Lister.
Fièvre intense, 40° pendant deux ou trois jours ; puis ces symptômes s’amendent et l’enfant va de mieux en mieux.
Une fistule persiste pendant dix mois environ. Pendant ce temps, on fait le pansement de Lister; l’écoulement du pus est facilité par un drain. A l’intérieur, ferrugineux, huile de foie de morue créosotée, phosphate de chaux; bains sulfureux. L’enfant passe l’été dans les montagnes.
A la fin de janvier 1 883 , la plaie était complètement cicatrisée ; la douleur était nulle, même à la pression, au niveau de l’os iliaque, l’état général était des meilleurs. Le malade se plaignait seulement de temps en temps d’une douleur de la durée d’un éclair, dans la jambe gauche. Cette douleur survenait de certaines positions, notamment dans la position
assise.
Depuis lors (juin 1 883) , tout a disparu. Le jeune C. a repris sa vie habituelle; il fait chaque jour des promenades en voiture et à pied et ne ressent aucune douleur. Il ne boîte nullement et ne paraît pas avoir jamais eu quoi que ce soit du côté du bassin.
C’est une guérison complète que nous constatons chez cet opéré deM. Ollier. Sa lésion était une ostéite tuberculeuse juxta-épiphysaire de la crête iliaque. *
Mais le diagnostic était plus obscur qu’il ne l'est ordinairement : aucune tuméfaction, aucun abcès ne s’était formé au dehors du bassin, et le jeune malade n'accusait que des douleurs mal définies dans le bassin et la cuisse. Par un examen attentif, M. Ollier découvrit un point douloureux très limité sur la crête iliaque, et à son niveau et profondément dans le bassin une collection purulente. Sur ces données, il fait une trépanation de l’os iliaque.
La guérison absolue s’est maintenue depuis plusieurs mois.