‹ Des Ostéites Tuberculeuses Des Petits Os Longs De La Main Et Du PiedChapitre 23 sur 88 · ASSOCIATIONS-MULTIPLICITÉ · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS-MULTIPLICITÉ

banale chez les enfants, au niveau de la nuque, auxquels arrivent les lymphatiques du cuir chevelu.

Foyers osseux. — Des lésions osseuses bacillaires qui peuvent s observer chez les enfants en même temps que les spina-ventosa, les plus fréquemment constatées sont celles du radius, du cubitus, du calcanéum, des os malaires; elles appartiennent à l'expression clinique du même ensemencement. [Il y a, dit volontiers M. Ménard, des localisations tuberculeuses qui se retrouvent souvent associées, d’autres qui coexistent plus rarement avec les précédentes. Le spina-ventosa est contemporain des foyers tuberculeux des petits os ; il précède les lésions cliniques des gros os. Il n’estpas habituel de le rencontrer avec les grands foyers dela hanche, du genou ; si on le trouve plus souvent associé à des arthrites du coude, c’est que ces dernières peuvent procéder elles-mêmes d’une ostéite dont le siège est souvent le cubitus, qui est volontiers pris en même temps que les petits os longs. La colonne vertébrale est parfois atteinte de lésions qui sont contemporaines des spina-ventosa, mais souvent aussi, en cherchant bien, on trouverait que le mal de Pott, est apparu plus ou moins longtemps après le début de l'affection des petits os; car on ne fait plus depuis longtemps de spina-ventosa, que l’on fait encore des lésions vertébrales.(M. Ménard.)

Multiplicité. — A cette question du groupement des tuberculoses osseuses en tableaux de localisations contemporaines, se rattache immédiatement celle de ia multiplicité des spinaventosa. Elle paraît de règle générale. «Dès qu'on reconnaît un doigt ou un métacarpien malade, écrit M. Ménard (1), on recherche de suite, et on trouve souvent un et plusieurs autres foyers semblables. »

Sans doute on observe souvent un seul segment d’un doigt ou un seul métacarpien en cause ; M. Ménard ditque le nombre des malades qui portent plusieurs os dela main atteints à la fois de tuberculose, est, pour le moins, aussi grand que

(1) V. Ménanp : Extrait de la Tuberculose Infantile n°* 6 et 7, p.18,

Le]

34 ÉTIOLOGIE

le nombre de ceux qui n’ont qu’un foyer unique; Valette considére que la multiplicité des spina-ventosa s’observe dans 62 °/° des cas.

Je crois pouvoir, surtout en tenant compte des localisations qui passent inapeicues, de celles qui, après une courte durée ont disparu, ou quimême ne se manifestent pas, cliniquement, parce que leurs lésions guérissent après avoir été minimes, affirmer que ces cas de spina-ventosa isolé sont rares. En concordance réelle avec cette facon de concevoir ces foyers uniques comme l'expression affaiblie d’une infection, qui a été insuffisante pour se manifester ailleurs cliniquement, se trouve la bénignité de leur pronostic ; nous verrons que ce sont ces lésions qui guérissent le plus souvent spontanément, et qui donnent les meilleurs résultats quand on les opère. Essentiellement différentes sontles formes à multiples localisations.

Il y a un contraste frappant entre la multiplicité des petits foyers des jeunes enfants et l'unité fréquente des gros foyers; pour lacoxalgie, par exemple, Calvé(1), en groupant lesistatistiques établies à Berck par Tillaye, Calvé et Guillaume-Louis, Matry, donne les résultats suivants : 495 coxalgies se décomposent en :

410 coxalgies simples,

84 coxalgies associées : doubles 31 cas, avec mal de Pott, 27, avec genou 3, avec épaule 3, avec coude 6, avec pubis 4, avec métatarse 3, avec radius 1, avec lupus 8.

M. Ménard (2) écrit ces lignes, que Calvé reproduit dans sa thèse : « La coxalgie se trouve surtout associée en ce qui concerne le squelette, avec des foyers tuberculeux de la colonne vertébrale ou des grandes articulations, genou, coude, cou de pied.

«Il est remarquable qu’on n’y trouve pas d'association avec le spina-ventosa des os longs de la main et du pied. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse observer le spina-ventosa avec la coxalgie, nous avons rencontré cette association, mais elle est exceptionnelle.»

(1) CALYÉ : De la coxalgie double chez l'enfant, Th. Paris, G. Steinheil, 1906, (2) V. MÉNaARD : in Tuberculose Infantile, Oct. et Déc. 1903.

Page 1