‹ Des Ostéites Tuberculeuses Des Petits Os Longs De La Main Et Du PiedChapitre 3 sur 88 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

manus, de Severinus, de Fred. Lud. Augustin. « In genere autem, écrit Augustin, plerumque ossa extremitatum longiora spina ventosa corripi observationes unanimi consensu docent ». Mais on confond ces manifestations que l’on rattache déjà, avant Boyer, à la scrofule, avec toutes les affections soit des os, soit des parties molles qui s’accompagnent d’une augmentation de volume de la région atteinte. « Spina ventosa malum adultis pariter atque pueris familiare », avait dit Ammanus; « Recentiores vero pluries etiam in adultis spinam ventosam observaverunt et quamvis non negandum sit, accidentibus caussis (sic) infra explicandis, infantilem œtatem ob teniorem ossium structuram auctamque vasorum sensibilitatem, huic morbo præ aliis obnoxiam esse », peuton lire dans Augustin, dont les planches reproduisent des pièces anatomiques paraissant appartenir aux sarcomes des grands os. Sa thèse (1797), résume d’ailleurs d’une façon intéressante, les connaissances antérieurement acquises sur le spina-ventosa. (V. bibliogr.).

C'est en 1803 que Boyer, marquant le geste traducteur de l'idée qui se trouve chez ses devanciers, isola, pour le rattacher nettement à la scrofule, le spina-ventosa des enfants; les ostéites que nous étudions eurent, dès lors, rang parmi les individualités cliniques, le seul qu'il fut possible de justifier encore. Pendant plusieurs années, sans qu’on parvint à les distinguer des manifestations de nème aspect qui se voyaient aussi chez les enfants, telles que celles de la syphilis, elles devaient échapper à tout autre moyen d'étude.

En 1836, Auguste Nélaton, dans une thèse restée, à juste titre, comme l'affirmation première d’un caractère vrai et définitif des lésions macroscopiques de la tuberculose, donna au spina-ventosa sa signification anatomique de tuberculose osseuse.

Au cours du chemin lentement parcouru, de 1836 à 1882, par l’idée exprimée par Nélaton, la destinée du spina-ventosa fut celle de l'infection dont il était justement devenu une expression locale. L'étude du follicule tuberculeux, sa constatation au niveau des lésions diaphysaires, la connaissance très précise des manifestations histologiques de la réaction

INTRODUCTION XIIT

des tissus à un agent que l’on ne connaissait pas encore, prépara l'application des données nouvelles que devait apporter la découverte de Koch.

Le terme de spina-ventosa aurait pu dès lors disparaitre devant l'unification des manifestations tuberculeuses, et être remplacé par celui, plus justifié, d’ostéite bacillaire. En 1889, M. Lannelongue exprima cette idée et ne conserva l'appellation de spina-ventosa, qu'après des réserves précises sur le sens qu'il entendait lui donner; ces remarques essentielles subsistent, et c'est seulement après les avoir invoquées, que nous continuerons à dire spina-ventosa pour ostéite tuberculeuse des petits os longs. Ce terme aura pour nous un sens plus précis encore ; il voudra dire ostéite diaphysaire totale, se présentant avec des caractères anatomiques justifiant vraiment une individualisation du type que l’on retrouve aussi rarement sur les autres pièces du squelette, qu'il se voit fréquemment sur les petites pièces longues des extrémités.

La raison de cette localisation particulièrement fréquente nous apparaît dans son expression macroscopique, mais nous échappe dans sa valeur intime qui relève des affinités biologiques précises du bacille tuberculeux. Que ce bacille vive plus facilement dans le tissu spongieux, tel que celui du bulbe ou des épiphyses, que dans la mælle diaphysaire, ceci est démontré par ce que nous savons de toutes les tuberculoses osseuses; qu’il se développe plus volontiers sur les pièces osseuses de l’enfant, et, mème, plus volontiers sur certaines d’entre elles aux différents âges de l’individu, cela paraît incontestable; mais, là doit en rester l'affirmation qui ne saurait aborder la justification de faits qu'il faut constater seulement.

L'aspect anatomique, exprimé par l'aspect clinique du spina-ventosa, est lié à deux conditions rarement associées sur les grandes pièces squelettiques, et, au contraire, souvent réunies sur les petits os longs, pendant une période de leur existence. La présence de tissu spongieux jeune, très différent, semble-t-il, par les conditions biologiques qu'il offre au bacille, du tissu médullaire diaphysaire, dans une gaine dont

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