‹ Des Ostéites Tuberculeuses Des Petits Os Longs De La Main Et Du PiedChapitre 41 sur 88 · CARTILAGE DE CONJUGAISON · texte numérisé non relu

CARTILAGE DE CONJUGAISON

successifs dont les extrêmes constituent des facteurs mauvais ou médiocre, au point de vue résultat : dans l'observation à laquelle se rapporte la figure 23, A, la gaine périostique est essentiellement périostique. On peut prévoir, d’après cet aspect, qu'elle sera insuffisante pour constituer une tige rigide entre les deux extrémités osseuses qu’elle réunit et que l'intervention devra respecter. Il pourra, dès lors, résulter d’un évidement fait dans ces conditions, soit une rétraction considérable du périoste, si son ossification est très insuffisante, soit des inflexions dans divers sens de l'élément de soutien, mauvais, qu'il constitue, grâce à son ossification très incomplète. Plus tard, au bout d’un temps que nous indiquerons au traitement, d’une façon d’ailleurs très approximative, la gaine prend un aspect que la radiographie révèle et qu'il faut lui demander; les taches foncées témoignent à ce moment de sa nature ostéo-périostique ; les abcèes, s'ils doivent exister, se sont déjà produits; s’il n’y avait pas d'abcès, la gaine présenterait une teinte assez uniformément sombre, mais il ne saurait être, dans cette seconde hypothèse, question d'intervention opératoire. Enfin dans l'observation 43, les lésions sont plus anciennes encore ; elles sontarrivées soit spontanément, soit à la suite de manœuvres opératoires insuffisantes (1), à un état d’altération particulière ; d'autre part nous avons vu que le tissu osseux de ces gaines est envahi par sa face profonde, par les lésions tuberculeuses, et subit des phénomènes d’ostéite très analogues à ceux qui ont détruit l’ancienne diaphyse, et qui le détruisent lui-même.

Si nous insistons sur ces points, c’est qu'il sera indispensable, pour appliquer utilement la méthode de l’évidement, telle que nous la décrirons, de choisir l'instant où la solidité de la gaine est suffisante et où les lésions ne sont pas trop avancées. Ces conditions répondent à l'aspect de la gaine tel qu’il apparait aux observations 41, 42, par exemple.

Cartilage de conjugaison. — D'une facon très comparable à celle du périoste,il peut être le siège d’altérations de deux

(1) Voir aussi obs. 179.

ordres, suivant qu'il subit l’action seulement irritative ou successivement irritative, puis destructive des toxines bacillaires. Nous verrons toute l'importance que prennent, dans la genèse de certaines déformations des doigts, ces deux variétés de phénomènes. On peut dire que d’une façon générale la présence d’un foyer bacillaire intra-diaphysaire provoque l’activité de la zone dia-épiphysaire (fig. 24, 54); il est de règle de trouver les métacarpiens ou les métatarsiens et les phalanges, atteints de spina-ventosa, ayant 1 ou 2 millimètres de plus en longueur que leurs homologues; cet allongement est lié à l’irritation quis’exerce sur tous les éléments à proximité du foyer, et qui, par exemple, s'exprime essentiellement, sur le périoste, par la genèse de la coque périostique du spina-ventosa telle que nous venons de la voir. L’allongément d’un os,sous l’action de cetteirritation, peut même être réalisé par un foyer bacillaire siégeant sur une pièce osseuse voisine, l’os allongé ne portant lui-même aucun foyer bacillaire. Voici une démonstration de ce fait :

Obs. 44. — Allongement d'un métacarpien voisin d'un spina-ventosa. B... Pierre, 7 ans et demi, à son entrée à Berck, le 14 janvier 1910.

ExAMEN A SON ARRIVÉE.— Ostéite bacillaire du 3° métacarpien droit non fistuleuse. Non opérée.

Etatgénéralbon.—Multiples ganglions sous-maxillaires et carotidiens des deux côtés. On ne perçoit pas de ganglion sus-épitrochléen.

Antécédents. — Parents vivants et bien portants. L’affection semble avoir débuté il y a un an environ.

Réaction de Wassermann négative.

RADIOGRAPHIE, le 21 janvier 1910.— Main droite: Le 3° métacarpien est augmenté de volume ; il présente sur la moitié interne du tiers inférieur de sa diaphyse, une tache claire, qui, sur la radiographie réalise l'apparence d’une perte de substance. Elle est limitée en haut et en dehors par une zone foncée, au delà de laquelle l'os a une coloration

un peu plus sombre que celle du même os à gauche.

Longueur dia-épiphysaire : 41 mm: à droite.

— — 39 mm. 1/2 à gauche.

La partie interne de la zone dia- -épiphysaire est atteinte, et la lésion, paraît s'être ouverte dans l’espace qui sépare le 3° métacarpien du ne. Largeur au niveau de l'extrémité inf. de la diaphyse: 91/2 à droite. —— — — — 10 à gauche.

(Geci répond à la destruction de la partie interne de cette extrémité diaphysaire).

CARTILAGE DE CONJUGAISON 103 Largeur, au milieu de la diaphyse: 4 mm. 5 des deux côtés. — à son extrémité supérieure: 10 mm, des deux côtés

Périoste. — Le périoste forme un épaississement sur les deux faces diaphysaires ; sur la face interne, il parait atteindre 1 mm. 1/2 d’épaisseur à la partie moyenne de la diaphyse, et s'étend jusqu’au renflement supérieur de celle-ci. Sur la face externe, la réaction semble avoir 2 millimètres à la partie moyenne,et finit en s’amincissant à l'union du corps et de l'extrémité supérieure du métacarpien.

Articulations saines ; la métacarpo-phalangienne semble menacée par la lésion de l'extrémité inférieure de la diaphyse.

ExaMEx, Le 20 août 1910. — Main droite : Tuméfaction sur la face dorsale du 3° métacarpien, qui est augmenté de volume, au niveau surtout de son tiers inférieur; pas d'abcès cliniquement perceptible, pas d’envahissement des parties molles.

Longueur du médius: 13 cm. des deux côtés. nés de l’annulaire: 12 cm. 1/2 à droite.

— — 12 cm. à gauche.

La 1r° phalange du médius semble plus longue à droite.

Contrôle de çes détails sur la radiographie précédente :

Le 4° métacarpien dia-épiphysaire a : 38 mm, à droite (côté malade) — — 35 mm. à gauche.

La 1° phalange du médius a : 31 mm. à droite. = — — 30 mm. à gauche.

L'ossification de ces deux segments est plus avancée à droite ; il en est de même pour les noyaux osseux du massif carpien : le noyau du scaphoïde est visible à droite, non à gauche.

Ce phénomène doit être très voisin, comme pathogénie, de ceux qui réalisent l’ossification prématurée, des noyaux carpiens par exemple ; il est constant d'observer du côté où siège une lésion métacarpienne, une avance plus ou moins considérable des noyaux osseux du carpe de ce côté, sur ceux du côté opposé ; de même, l'existence d’un foyer sur une première phalange, agit sur la marche des phénomènes de croissance de la phalange sous-jacente. Il semble, jusqu’à un certain point, que le retentissement soit arrêté d'une pièce à l'autre par les cartilages dia-épiphysaires tant qu'ils ne sont pas détruits. Cet allongement peut, comme je le dirai dans la 2° partie de ce chapitre, et comme on peut le constater dès maintenant dans l'observation suivante, s'accompagner d'une diminution du diamètre transversal de l’os allongé. Sur les

7e UT

La

grands os longs des phénomènes semblables se manifestent, et il semble que la couche compacte de la diaphyse subisse un amincissement à la fois sur ses deux faces (M. Ménard). Ainsique je l’ai déjà dit, il serait intéressant de chercher dans

quelle mesure on pourrait établir un rapprochement entre

cet allongement atrophique d’Ollier, et les altérations subies par la moelle et les pièces osseuses des tuberculeux médicaux, dans lesquelles le rôle pathogénique principal semble revenir aux toxines diffusibles. (Voir Th. de Josué).

Obs. 45. — Allongement atrophique d'une 1"° phalange. Spina-ventoSa du métacarpien correspondant. Envahissement métacarpo-phalangien. — P... Yvonne, 11 ans à son arrivée à Berck, le 10 février 1909. Sortie le 28 février 1909,

EXAMEN A L’ARRIVÉE.— Tuberculose à foyers multiples. — Spina-ventosa du 2° métacarpien gauche, fistuleux, index rentré. Spina-ventosa de la 1" phalange du gros orteil dfoit; la 1" phalange ainsi que la 2° ont disparu.

Orteil très raccourci. — Adénites préauriculaire droite, fistuleuse, carotidiennes, sus-claviculaire gauche, sous-mentale. Dacryocystite droite fistuleuse.

Tumeur blanche du coude gauche, d’origine cubitale. Cicatrice d’adénite sus-épitrochléenne du côté droit. Plaques de lupus sur le membre inférieur gauche, sur la fesse gauche.

A B RADIOGRAPHIE, le 15 février 1909. — Re ne PT Bo ie Main gauche : Le 2€ métacarpien est déane de le lielphelabke Indes. truit au niveau de son extrémité infé- À gauche, ‘B. droit (Obs. 45.) rieure; l'articulation métacarpo-phalan- 1/2 grand. nat. gienne est envahie; le métacarpien a 20 millimètres de moins que celui de gauche, et l’index a subi un mouvement d'ascension considérable, — La 1'° phalange est atteinte, son point épiphysaire est considérablement développé; la base de la diaphyse est élargie ; au contraire, son corps est plus étroit que du côté droit : 6 millimètres à gauche, 7 millim. 5 à droite. La longueur dia-épiphysaire est de 39 millimètres à gauche pour 34 milllimètres à droite; la longueur diaphysaire, 35 millimètres à gauche pour 30 millimètres à droite. Les phalanges sous-jacentes-sont égales des deux côtés.

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