I. — Déformations d'origine ostéo-périostique
Elles sont réalisées par la destruction, plus ou moins étendue, des pièces ostéo-périostiques.
Ces lésions ont une efficacité qui s’exerce de la même facon au niveau de tous les petits os longs, mais dont l’expression clinique est différente au niveau des phalanges et du 1% métacarpien, essentiellement mobiles, ét des quatre derniers métacarpiens.
1° Déformations des doigts par lésions ostéo-périostiques des phalanges. — SOLUTION LE CONTINUITÉ, DESTRUCTION. — La solution de continuité d’une pièce phalangienne ostéopériostique, au cours du spina-ventosa, est un incident qui comprometle doigt ; elle peut résulter de l’évolution du processus tuberculeux, qui, après la diaphyse, détruit la gaine de périostose (1); elle peut aussi être le fait d’une intervention malheureuse, soit que la gaine n’ait pas assez de résistance, parce qu’elleétait tropjeune (résection sous périostée), parce qu’elle s’était mal développée, ou que son envahissement par l’ostéite raréfiante avait compromis sa solidité ; soit qu’au cours de manœuvres trop violentes, pour extraire un séquestre, on brise cette gaine.
La réparation osseuse d’une telle lésion est exceptionnelle; a tuberculose, où qu'elle siège, permet rarement plus qu’une cicatrice fibreuse. J'ai rencontré un exemple de soudure osseuse entre un 1°’ métacarpien et la 1° phalange sous-jacente, qui avaient été réséqués, à la suite d’un envahissement articulaire ; Le fait est rare (v. obs. 180).
L'expression clinique de cette lésion est le doigt flottant.
M. Lannelongue (2) a disséqué un doigt se présentant dans ces conditions. « Tout le corps et l'extrémité inférieure de la première phalange du cinquième doigt de la main gauche d’un enfant de 3ans, ont été détruits autrefois par la tuberculose, et il ne reste de la première phalange que son épiphyse supérieure. En haut cette épiphyse s'articule comme à l’état normal avec le métacarpien; mais en bas, un
(1) Voir p. 101 et fig, 25.
(2) LANNELONGUE : Loc, cit., p. 60 ; autre cas de doigt ballant, ïh obs. II, cbid.
DÉFORMATIONS OSTÉO-PÉRIOSTIQUES DES PHALANGES 149
cordon fibreux de plus d’un demi-centimètre de long l’unit à l'extrémité supérieure de la deuxième phalange. Il en résulte que le doigt est mobile dans tous les sens, c’est un doigt raccourci, flottant et même ballant »,
FrG. 46.- — Destruction de la 1re phalange du médius: doigt plus court et ballant 1lest en même temps doigt rentrant, par suite de la soudure dia-épiphysaire prématurée du 3° métacarpien. — La 2° phalange est épaissie à sa base; sa longueur ne peut être réellement appréciée sur ce dessin, où le doigt est en flexion, mais on voit que son point épiphysaire est en partie détruit, — Enfant de 8 ans et demi. 1/2 grand. nat,
Le doigt ballant est toujours diminué de longueur (fig. 46), mais il se distingue du doigt plus court ‘1), que nous décrirons, par sa mobilité anormale, qui répond à la solution de continuité de son squelette ; le doigt seulement plus court, conserve sa solidité. Il est évident que la mobilité du doigt ballant est en rapportavec la longueur de la cicatrice fibreuse . qui relie les débris osseux. Le rôle de leviers, des pièces squelettiques est, dans tous les cas, compromis.
Obs. 91. — Forme de tuberculose à foyers multiples. Doigt flottant (médius), par destruction de sa 1° phalange. Amputation. — La... Julienne, 18 mois, à son arrivée à Berck, le 10 juillet 1908.
(1) Duranp : Obs. II, VIII, in thèse, 10. mr