SPINA-VENTOSA DE LA PHALANGE UNGUÉALE
De ie —
Obs. 163. — F... Lucienne, 5 ans et demi, à son arrivée à Berck, le 13 février 1907, sortie le 11 février 1908. Tuberculoses multiples. Spina-ventosa de la 2° phalange du pouce gauche. Spina-ventosa de la 1'e phalange de l’annulaire gauche. Tuberculose de los malaire droit. Adénite inguinale droite. Gommes nombreuses. Le 17 juin 1907, évidement du spina-ventosa de la phalange unguéale du pouce gauche ; l'articulation inter-phalangienne n’est pas envahie.
Obs. 164. — B... Henriette, 7 ans et demi, à son arrivée à Berck, le 12 Juillet 1908, sortie le 13 octobre 1908. Tuberculoses multiples. Spina-ventosa des 2 et3° phalanges du 5° doigt de la main droite. Tuberculose du poignet droit. Tuberculose du poignet gauche. Arthrites tuberculeuses des deux coudes. Arthrite du genou gauche. Tuberculose du calcanéum gauche.
Obs. 165. — À... Adrienne, 8 ans, à son arrivée à Berck, le 12 juil- $et 1907. Spina-ventosa de la 2° phalange du pouce droit. Spina-ventosa du 2° métacarpien gauche. Gommes multiples cicatrisées.
Obs. 166. - D... Robert, 8 ans et demi, à son arrivée à Berck, le 13 décembre 1905, sorti le 11 décembre 1906. Spina-ventosa de la 2° pha- Lange du pouce gauche. Spina-ventosa du 3° métacarpien droit. Spinaventosa du 3° métacarpien gauche, guéri. Mal de Pott lombaire, avec grosse gibbosité, Gommes multiples.
Cette forme emprunte ses caractères aux modifications de l’extrémité distale du doigt; ce dernier prend un aspect de doigt en massue très net. L'ongle ‘est élargi et mince. Lorsque les fistules apparaissent elles s'ouvrent soit sur les bords, soit à la base de l’ongle; les bourgeons qui se développent parfois autour de ces fistules peuvent donner aux lésions un aspect qui ne sera pas sans évoquer celui de l’onyxis.
L’envahissement de l'articulation inter-phalangienne est fréquent. Dans l'observation 159, les lésions de la phalangette ont détruit l'extrémité de la phalange sus-jacente et ont envahi celle ei dans sa totalité. Cette forme, procédant de bas en haut, peut ainsi créer une destruction du squelette
entier du doigt.
Pendant une période fort longue de l'histoire chirurgicale, le terme de spina-ventosa servit à désigner toutes les affections, quelle que fut leur cause ou leur valeur anatomo-pathologique, qui s’accompagnaient d'une augmentation du volume des doigts. L’on isola plus tard les ostéites chroniques des lésions aiguës des parties molles et du squelette, et des tumeurs des doigts dont on fit l’anatomie pathologique. Ces ostéites constituent aujourd'hui un groupe qui possèdeune personnalité distincte et dontles caractères recoivent chaque jour une individualité mieux marquée. Nous avons vu longuement les éléments qui doivent servir à faire le diagnostic clinique positif des spina-ventosa
On fera le plus souvent sans peine, le diagnostic d’ostéite chronique, à l’aide des signes cliniques, puis de la radiographie. Ainsi pourront être éliminées toutes les lésions para-osseuses aiguës ou chroniques, dont les plus intéressantes ici sont les lésions tuberculeuses que nous verrons plus loin. Il est peu vraisemblable que la rougeur des téguments, que les parents appelleraient volontiers une engelure, ne soit pas rapidement ratlachée au gonflement de l'os qu’elle recouvre; de même, la fistule qui suit la nécrose d'une phalange sera sans peine rapportée au panaris qui aurait engendré ces lésions. Parmi les tumeurs des doigts, les chondromes sont les plus fréquentes. Ils présentent, pendant la phase intra-osseuse de leur évolution, certains caractères physiques comparables à ceux des ostéites que nous étudions. « Lorsque l’enchondrome, dit le P' Kirmisson, se développe primitivement à l’intérieur de l'os, celui-ci, distendu de toutes parts, paraît comme soufflé; d'où le nom de spina-ventosa sous lequel on a, pendant longtemps, . confondu l’enchondrome des doigts avec certaines formes d’ostéo-
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Re” EXISTENCE DE LA LÉSION OSSEUSE 223
myélite tuberculeuse. » C’est donc à la période de début, qui peut être fort longue, que le diagnostic se poserait (1).
Il est possible, en présence de ces cas exceptionnels, d’indiyidualiser soit par les signes physiques, soit par les conditions étiologiques et la marche de l'affection, les autres tumeurs des doigts; on reconnaîtrait ainsi :
les Ostéomes, qu'il s'agisse de l'hyperostose des phalanges. des exostoses épiphysaires, ou des exostoses sous unguéales, constituant un type clinique particulier;
les Fibromes, qui sont rares ;
les Sarcomes (2) qui peuvent évoluer lentement ou au contraire
subir une pousssée active.
1° Diagnostic de l'existence de la lésion osseuse et de ses caractères. — La Radiographie (3)
Existence de la lésion osseuse. — La radiographie permet de confirmer la lésion osseuse constatée ou prévue par l’exploration clinique.
J'ai rencontré, chez des enfants, plusieurs observations d'abcès froids de la main, auxquels on avait donné cliniquement, une origine osseuse qui ne se voyait pas sur les radiographies. Jai déjà fait allusion à ces cas (p. 69).
Obs. 167.— Absence de lésion osseuse à la radiographie. Abcès froid. G. Georgette, 5 ans, à son arrivée à Berck, le 18 août 1909.
EXAMEN À L'ARRIVÉE.— Gommes de la cuisse droite cicatrisée. Gomme ulcérée de l’avant-bras gauche. L'extension du coude gauche ne peut se faire complètement. — 27 décembre 1909 : Extirpation de la gomme de l’avant-bras gauche. — 25 mars 1910 : Appareil plâtré immobilisant le coude gauche, — 6 avril 1910 : Gros abcès occupant toute l’éminence thénar droite, etle 1erespace interosseux.—27 avril 1910 : Ponction de cet
(1) Braciocrapaie. — Kixmisson : in Tlé de chirurgie Duriax et Recrus 1899, t. VIII p. 715. — DuPuYTREN : Leçons cliniques, t. I]. — DoLseau : Mémoire sur les tumeurs cartilagineuses des doigts et des métacarpiens, Arch. de méd., 1858, t. XXI, — FRavaz : Contribution à l'étude hist. el clin. des turieurs osseuses à myéloplaxes. Th. Paris, 1908.
(2) Moseric rapporte l’observation d’un jeune homme de 1 ans, chez lequel il fit, croyant qu'il s'agissait de tuberculose, un plombage de la 1"° phalange de l’index. La récidive se produisit rapidement; il s'agissait d’un sarcome, Les sarcomes des jeunese nfants sont d’ailleurs rares
(3) Les premières applications de la radiographie à l'étude du spina-ventosa sont de 1896: LANNELONGUE, BARTHELÉMY, Oupin, Ac. des Sc., le 27 janvier, — Note de A. Imserr et H. BERTIN, présentée par d’Arsonval à l’Ac. des Sc., Île
17 février.