INDICATIONS LOCALES À LA PÉRIODE DES ABCÈS
Ponction. — Je ne décrirai pas sa technique, qui est aujourd’hui bien établie. Un point est cependant à indiquer : il faut, avant d'entrer dans la cavité de l’abcès, faire parcou. rir à l’aiguille un trajet sous-cutané assez long; s’il s’agit d’un abcès de la face dorsale de la main, on fera entrer l’aiguille au niveau du bord opposé du métacarpe; de même, pour les abcès des doigts, on enfoncera l'aiguille loin de la collection et on lui fera traverser une étendue suffisante de parties saines. Ces remarques ont une importance toute particulière ici, où l’abcès est très superficiel.
Injection modificatrice. — Gangolphe (1) se contente de la ponction et de l’évacuation. On a proposé de multiples substances modificatrices (2), dont nous retiendrons seulement: l'Ether iodoformé, à 10°, et le Thymol camphré(3),; à ce dérnier, M. Ménard fait ajouter une partie égale d’éther
sulfurique. Le naphtol camphré a donné des accidents qui.
n'ont pas été observés avec le thymol (4). Les quantités à injecter dans les abcès des spina-ventosa ne peuvent être que minimes ; les injections d’étheriodoformé, cependant, seront faites avec les précautions toujours indiquées dans lemploi de cet agent.
3° Traitement des abcès ouverts. — Des soins d’asepsie parfaite devront entourer la fistule qui succède à l'ouverture de l’abcès: ce sera, dans les conditions les plus habituelles, le seul moyen d'empêcher, relativement au moins, la péné-
(1) GANGOLPHE : Cong. de la Tub., 1905.
(2) Vizzemin : Bull. mensuel de Soc. Etud. scient. sur la Tub., n0 7, 1907, (3) Camphre : 200.
Thymol : 100, M. Ménard emploie aussi, comme substance modificatrice, la solution suivante :
IOdofOr me tete RER ATP ae near 5 gr.
JA ME MR Core ab nt oc cé LA 10 — Gaïacol . aa ANAL Créosote. un Ales senetsersssse Huile d'olivelstériliséemtr nn nee 100 ce.
(4) Guinarp : Soc. de Chir., Paris, mai 1904. — RisacHer : Thymol camphré,
Th. Paris, 1907.
tration dans le foyer, des germes associés (1). Les pansements aseptiques doivent être fréquemment renouvelés; il se produit, au-dessous de ces pansements, laissés plusieurs jours en place, une macération qui doit favoriser la culture des agents septiques. L'exposition des plaies à l'air et au soleil, pratiquée dans des milieux où cet air est à peu près pur de germes (Leysin, Berck, etc.), paraît donner des résultats appréciables. Une autre difficulté est de maintenir un pansement eflicace sur la main de l'enfant ; à ce point de vue encore, l’immobilisation peut devenir une ressource utile.
Ces soins s'adressant à la période de suppuration des lésions, peuvent ne pas amener la guérison du foyer; la présence de certaines conditions anatomiques peut en être l’explication qui relève, d’autres fois, de la seule résistance du foyer ou de la déchéance de l'organisme, sous l'influence, souvent, de grosses localisations tuberculeuses (obs. 34, 37).
b).— Acte chirurgical.
On désigne parfois sous ce nom, une intervention-essentiellement anti-chirurgicale, le curettage, dans laquelle l’introduction d’un instrument tranchant à travers une fistule à peine agrandie, expose à créer, opératoirement, les lésions que nous avons vues à l’origine des difformités des doigts. Ces actes aveugles sont définitivement condamnables.
Je ne crois pas, étant donné que les lésions guérissent souvent sans intervention, par les soins que nous avons décrits, et que les résultats ainsi obtenus sont meilleurs que tous les résultats opératoires, que l’on soit autorisé à proposer, contre le spina-ventosa, une intervention précoce.
(1) HazBRON (Tüberculose et infections associées, Th. Paris, 1906, p. 3L), cite les recherches de Perrorr (Infection mixte dans la tuberculose chirurgicale, Ann. Inst. Pasteur, 1904, tome XVIII, p. 502). Les résultats de Hoffa, Garé, Lannelongue et Achard avaient été contredits par ceux de Von Brunn. Petroff a trouvé sur: Abcès ouverts, kh cas : 41 cultures positives (staphylocoques, 23 ; streptocoques, 18; bacilles pseudo-diphtériques, 8; bacilles pyocianiques, 4, etc...) ; Abcès fermes, 57 cas: 49 cultures stériles ; sur les 8 cas positifs, il s'agissait de staphylocoques blancs, streptocoques, microcoques non virulents.