CHAPITRE V
De la méthode intra-articulaire associée à Ia méthode
extra-articulaire.
Dans tout ce qui précède, nous avons parlé de la méthode sclérogène ou méthode extra-articulaire ; mais nous ne sommes qu'à la moitié de notre tâche. Pour être complet, le traitement réclame d'associer aux injections extra-articulaires des injections .intra-articulaires. C’est grâce à adjonction de ces deux méthodes que nous avons pu voir les bons résultats obtenus.
Nous consacrons ce chapitre aux injections intraarticulaires, à leur mode d’action et à leurs effets à cet égard, trois types principaux qui se détachent avec netteté, durant les longs mois de la période du début ou de la période d'état.
Le premier est caractérisé par un développement fongueux de la synoviale, du côté des parties molles, la cavité articulaire paraissant indemne, ne présentant ni épanchement, ni produits néoplasiques.
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Le second, au contraire, a pour caractère anatomique des altérations disséminées de la couche interne synoviale, granulations, petites nodosités, exulcérations tuberculeuses, qui provoquent une hydarthrose séreuse, pouvant devenir séro-purulente ou purulente.
Une troisième enfin, où coexiste rapidement une association des deux états précédents, à des degrés plus où moins prononcés. La première forme est de beaucoup la plus fréquente, puis vient la seconde. Dans les périodes avancées de la maladie, la destruction précédente disparait, soit que l’évolution ait lieu vers la guérison par transformation fibroïde, ou vers la caséification, la suppuration et la destruction des tissus.
Ces trois formes cliniques ne veulent pas dire d’ailleurs que les altérations occupent exclusivement les couches internes ou externes des synoviales à l’exceptionles unes des autres, maiselles indiquent que, pour des raisons qui nous échappent, le développement tuberculeuxse fait dans une direction plutôt que dans une autre, dans un tissu plutôt que dans un autre.
C'est en vue d'atteindre toutes les parties de la synoviale, tant sa surface interne parsemée de granulations, de petites nodosités ou de légères ulcérations tuberculeuses, que sa surface externe où se développent sous forme de bourgeons excentriques des fongosités plus ou moins considérables, que M. le professeur Lannelongue eut la pensée de recourir en même temps à une méthode à la fois extra et intra-
ee be articulaire, méthode extra et intra-articulaire, tel est le nom qu'il donna à ce nouveau procédé.
Un autre sentiment le dirigeait en même temps, celui d’abréger encore la durée du traitement et de chercher à obtenir une guérison dans un temps aussi court que possible.
Mais si elle estrassurante elle ne se produit qu'après un traitement de près de plusieurs années ; elle est en rapport surtout avec la période d'état de Ia maladie à laquelle aura commencé le traitement.
Aussi convient-il de diminuer autant que possible - la longueur du traitement. On devra modifier les méthodes curatives dans ce sens, et telle est la pensée qu a inspiré M. le professeur Lannelongue dans le traitement que nous préconisons actuellement.
La méthode intra-extra-articulaire se propose d'obtenir d’une part une transformation conjonctive des produits tuberculeux : elle la sollicite activement en agissant à la fois sur les surfaces externe et interne de la synoviale, sur les sources vasculaires qui les alimentent, c'est-à-dire sur le tissu même des fongosités. D'autre part, les effets en sont rapideset on peut encore les renouveler une et plusieurs fois s'il est nécessaire, dans un temps plus ou moins court, de manière à obtenir la guérison dans un espace de temps aussi réduit que possible.
La méthode intra-extra-articulaire nous paraît remplir cette double indication. On pourrait procéder en une séance, mais il nous a semblé préférable de les
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