‹ Des ovairesChapitre 11 sur 67 · III. Fini le jour de la mort..j · texte numérisé non relu

III. Fini le jour de la mort..j

— droit (vésicule) .

— gauche.

D’après ces trois observations rapprochées de celles de Raciborski', l’ovaire théâtre de la ponte présente une augmentation dans ses diamètres ; mais celle-ci, notable pour l’épaisseur et la hauteur, est beaucoup plus légère pour le diamètre transversal, si tant est qu’elle existe; car les différences relevées dans la première et la troisième observation sont, dans une certaine mesure, renfermées dans les limites de la normalité. Pour se résumer, le phénomène de la menstruation accroît d’une façon considérable la hauteur et l’épaisseur de l’ovaire siège de la rupture vésiculaire ; mais, vu le petit nombre de faits, de nouvelles observations sont nécessaires pour apprécier rigoureusement le degré de cette augmentation périodique.

F. Grossesse. — On peut faire la même remarque à l’égard des trois premiers mois de la grossesse, car les documents sur la matière sont loin

1 Raciborski (Traité de la menstruation, pag. 61. Paris 1868) donne deux observations dont je relève la mensuration.

1° Ovaire droit, règles à la veille de paraître:

0 ,04 lmm longueur.

0,037 largeur au niveau de la vésicule.

Ovaire gauche :

0,039mm longueur.

0,014 hauteur ou largeur.

2° Ovaire gauche quatre jours avant l’époque menstruelle :

0,050mm longueur.

0,038 largeur ou hauteur.

Ovaire droit :

0,050 longueur.

0,023 largeur.

d’abonder. D’une manière générale, on se croit en droit d’affirmer la participation des ovaires, ou, pour être plus précis, de l’ovaire contenant le corps jaune, au mouvement hypertrophique de l’utérus ; mais on citera seulement à titre de jalon, de données provisoires, les mensurations relevées. Faute de documents personnels suffisants, — car les autopsies appartenant à des femmes mortes de phthisie ont dû être élaguées à raison des conditions ayant amené le dénoûment fatal, — on a été réduit à rechercher dans les annales de la science les observations donnant quelques renseignements à cet endroit.

Toutes les observations de grossesse extra-utérine terminées par l’hémorrhagie sont unanimes à déclarer que l’ovaire contenant le corps jaune de grossesse est plus volumineux que son congénère ; mais bien peu, parmi les deux cents que j’en ai colligées, en fournissent la preuve mathématique. Un assez grand nombre donnent, il est vrai, la longueur; mais comme elles se taisent sur les autres diamètres, qu’il eût été cependant important d’apprécier, on s’est abstenu de les noter. On en citera cependant quelques exemples choisis parmi les plus récents. Dans une grossesse tubaire de trois à six semaines, l’ovaire gauche mesure environ 5 centimètres de longueur sur 1 d’épaisseur; l’ovaire droit en a 4, et renferme deux corps jaunes, l’un à sa surface, l’autre en son milieu (Siredey, Thèse de Paris, 1860, pag. 98). Dans une grossesse tubaire de deux mois, l’ovaire droit a 4 centimètres de longueur, tandis que le gauche, très-grand, long de 5 1/2 centimètres, contient un corps jaune de 15™™ de diamètre (Maurer, Von der Ueberwanderung des Eies. Erlangen, 1862). Dans une grossesse terminée au quatrième mois, l’ovaire droit avait 2 pouces 1/2, 67mm? et laissait parfaitement voir à sa surface postérieure une cicatrice triangulaire de 4 lignes (Scanzoni, Gaz. hebd. 1854, pag. 727).

L’augmentation en longueur, évidente pour ces faits et quelques autres inutiles à rapporter, coïncide avec celle des autres diamètres. Dans un cas de grossesse tubaire terminée à la dixième semaine, l’ovaire droit contenant le corps jaune avait 45rara en longueur, 20 en hauteur, 13 en épaisseur, tandis que l’autre avait 37mm en longueur, 13 en hauteur et 9 à l’endroit le plus épais; quant au corps jaune, il mesurait 20mm en longueur, 13 en épaisseur et en largeur (Kussmaul, loc cit., pag. 324). Sur une pièce de

grossesse tubaire mesurée après avoir été conservée dans l’esprit de vin, l’ovaire droit est long de 47mm, haut de 24, épais de 6 ; sa surface présente plusieurs cicatrices, et on note à son intérieur trois corps jaunes anciens ; l’ovaire gauche mesure en longueur 52mm, en hauteur 55, en épaisseur 12. Outre six corps jaunes anciens, plus ou moins superficiels, on constate sur le milieu de la convexité de ce dernier ovaire et un peu en dehors un corps jaune de grossesse, long de 22mm, à parois épaisses de 2m'“ 1/2, et à cavité large de 20ram (Hennig, Monats. fur Geburtsk ., lom. 55, pag. 266). Enfin, dans un cas qui m’est propre, l’ovaire, au troisième mois d’une grossesse utérine, mesurait 50mm en longueur, 58mm en hauteur, tandis que son congénère accusait seulement 40mm, 20mm pour les diamètres correspondants. Conjointement, le poids était augmenté (10 grammes pour le côté du corps jaune, 7 grammes pour le côté opposé). Canestrini, qui a recueilli cette donnée, a trouvé également une différence très-marquée; l’ovaire contenant l’oariule pèse 2 drachmes 22 grains, soit 9 grammes 10, et l’autre 1 drachme 42 grains, soit 6 grammes 10. En résumé, augmentation de poids et des divers diamètres, tels sont les changemenls amenés par la grossesse, ou, pour être plus exact, pendant les trois premiers mois de la gestation, l’ovaire ayant fourni l’ovule fécondé conserve l’accroissement produit par le travail antérieur de la menstruation.

On a lieu de croire que l’ovaire suit plus tard la marche descendante du corps jaune, mais on n’a pas de faits assez méthodiquement observés pour pouvoir établir d’une façon précise cette diminution. Pour remplir son programme, on devrait étudier cet organe et déterminer l’étendue de ses diamètres à chacun des mois suivants; mais, faute de matériaux, ce travail reste encore à faire. Dans un cas d’utérus unicorne gauche avec grossesse développée dans la corne rudimentaire et terminée par la rupture au cinquième mois, l’ovaire gauche, de forme ovale allongée, aplatie, a 50mn) en longueur, 24 en largeur, 8 en épaisseur. L’ovaire droit, presque triangulaire, avec angles arrondis, est plus long (54mm), plus large (28mm), et surtout plus épais (14rum) ; il renferme le corps jaune.

Il est commun de constater une légère exagération des diamètres chez les femmes mortes en couches, mais on ne saurait, avec Cruveilhier, regarder cet accroissement comme physiologique. Il ne faut pas oublier que très-

souvent le gonflement de ces organes est la conséquence d’un état morbide et a pour origine une fièvre puerpérale ébauchée. En d’autres termes, pour bien apprécier leur physionomie après l’accouchement, il faut les étudier sur des femmes mortes par accident, et alors on reconnaîtra, avec nous, qu’ils sont alors plutôt atrophiés qu’hypertrophiés. J’ai fait dans ces conditions deux fois cette remarque, et physiologiquement je suis porté à la tenir pour exacte \

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