II. Période d’état
Par cette dénomination, on entend exprimer que les ovaires, tout en subissant des alternatives d’augmentation et de diminution, dépendant, les premières de la répétition mensuelle des règles ou de la venue possible de nouvelles grossesses, les secondes du mouvement d’évolution rétrograde consécutif à l’un ou l’autre phénomène, n’éprouvent pas de modifications sérieuses dans leur volume, et, à moins d’actes morbides dont tout observateur consciencieux doit nécessairement faire abstraction, conservent les diamètres qu’ils avaient après la première grossesse. Au premier abord, on est assez disposé à croire le contraire et, partant, à admettre l’hypertrophie de ces organes comme une conséquence naturelle de l’exercice réitéré de leurs fonctions physiologiques ; mais, à en juger par les mensurations relevées indifféremment au début, à la fin, au milieu de cette période, on est
1 Par cette conclusion, je ne dois pas le dissimuler, je suis en désaccord avec la plupart des auteurs, et notamment avec Cruveilhier, qui admet que les ovaires acquièrent dans les derniers temps de la grossesse un volume quelquefois double ou triple de celui qu'ils présentent ordinairement (Traité d’anatomie, pag. 450. 1865). Béraud, in Becquerel (Traité des maladies de l’utérus, tom. I, pag. 81) a trouvé, chez la femme qui vient d’accoucher ou qui est grosse,
une augmentation de volume :
Diamètre transversal 47mm
— vertical 33
— antéro-postérieur 20
Je ne conteste pas l’exactitude de ces chiffres pour les trois premiers mois de la grossesse, mais j’hésite à les admettre en ce qui concerne la période qui suit l'accouchement. En se plaçant dans les conditions ci-dessus indiquées, en éloignant les cas morbides, on arrivera, j'en ai la ferme conviction, à la conclusion qui termine ce paragraphe. On peut citer, à l'appui de cette manière de voir, le résultat de ses recherches sur les espèces domestiques.
amené à une conclusion toute différente. 11 est possible cependant que ces circonstances multiples entraînent à la longue de légers changements; mais ces changements, si toutefois ils existent, ce qui est loin d 'être démontré, seraient si peu prononcés, qu’ils peuvent sans inconvénient être passés sous silence.
Deux phénomènes distincts, nettement tranchés, caractérisent cette période d’état : 1° un mouvement d’évolution ascendante coïncidant avec la fluxion, la congestion menstruelle, ou bien encore avec le fait d’une nouvelle grossesse ; 2° un mouvement d’évolution rétrograde ou régressive suivant l’un ou l’autre des phénomènes précédents et aboutissant à un état stationnaire, représenté par l’espace intermenstruel. N’ayant rien à ajouter aux mensurations relatives au mouvement d’évolution ascendante exposé dans les deux derniers paragraphes, on y renverra, se bornant à consigner ici les chiffres propres à l’espace intermenstruel. Pour faciliter leur comparaison, on les groupera sous forme de tableau, et au lieu de les énumérer, soit d’après l’ordre dans lequel ils ont été recueillis, soit d’après lage du sujet, on suivra la progression ascendante, en prenant pour point de départ l’étendue du diamètre transversal.
(Suit le Tableau)