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OBSERVATION VI

Utérus umcorne gauche. — Absence complète de la corne droite; existence de la trompe et de l’ovaire droits placés dans la région lombaire droite (ectopie lombaire droite).

Cette pièce a été recueillie au mois de juillet 1855 sur la nommée Zoé Marie, morte du muguet à la Maternité de Toulon, quinze jours après sa naissance. Il n’y avait sur cette enfant d’autres anomalies que celles concernant les organes génito-urinaires, dont voici la description :

La matrice frappe par sa forme, sa direction. Au lieu d’occuper le centre du bassin, elle est fortement déjetée du côté gauche ; au lieu d'être la base d’un cône aplati, elle se termine par une espèce de pointe. Le col a néanmoins la forme et le volume habituels; quant au corps, il va sensiblement en diminuant de bas en haut, au point que son extrémité, c’est-à-dire le reste du fond, a tout au plus 2mra de largeur. La longueur totale de l’organe, un peu moindre que d’ordinaire, est de 17mm seulement.

Le bord latéral gauche, fortement concave, est plus épais que le bord droit; il fournit attache au ligament large et reçoit les vaisseaux artériels dont la provenance est normale. L’ovaire et la trompe ont leur configuration accoutumée; le corps de Rosenmuller, très-développé, offre un petit kyste pédiculé.

Légèrement convexe à sa partie inférieure, le bord droit de la matrice l’est fortement en haut ; il est lisse et libre ; il ne donne attache à aucun ligament et ne reçoit aucun vaisseau.

Après avoir déjeté les anses intestinales et le cæcum, je rencontrai dans la région lombaire droite un corps qui, occupant à peu près la position du corps de Wolff, était constitué par l’ovaire et la trompe de ce côté. Recouvert par le péritoine, qui lui forme une gaine presque complète, ce corps est placé sur le côté du muscle grand psoas ; il est dirigé de haut eu bas et un peu obliquement de dehors en dedans: en tenant compte du ligament rond qui lui fait suite, il a une longueur totale de 60mm.

L’ovaire, d’un volume plus fort que le volume moyen de ces organes1, a une longueur de 25mm et la forme d’une languette ; c’est un triangle très-allongé, à base supérieure très-étroite et à sommet inférieur (extrémité interne). On lui distingue deux faces : la face antérieure est égale, lisse, blanc rosée; ses grains

1 (Test à l'occasion de ce fait et du suivant qu’ont été entreprises mes recherches sur la mensuration des ovaires, et c’est à cette circonstance que sont dues la plupart des recherches bibliographiques consignées dans la présente étude.

sont menus ; son tissu a la structure habituelle et caractéristique ; une arête Ion gitudinale la parcourt de haut en bas et la divise inégalement en deux parties. Quant à la face postérieure, elle est de même aspect et légèrement concave; dans sa partie externe, elle est creusée d’une gouttière occupée dans toute son étendue par la trompe de Fallope ; c’est à cette face qu’aboutit l’artère nourricière venue directement de l’aorte ; pour la veine correspondante, elle se jette, après un léger parcours, dans la veine cave inférieure.

La trompe de Fallope se décompose en deux parties : l'une extra-ovarique , dépassant de 5mm le bord supérieur de l’ovaire, est constituée par le pavillon et une petite partie du canal lui faisant suite ; l’autre, que l’on peut dire intra-ovarique , est logée dans la gouttière signalée à la face postérieure de l’ovaire. Le pavillon est remarquable parla régularité, l’élégance de ses formes ; ses bords sont finement dentelés, et ses franges, nettement accusées, présentent à notera leur partie interne deux petits kystes à pédicule plus ou moins long. La trompe, nullement flexueuse, a la forme d’un cordon rougeâtre ; elle est rectiligne, arrondie et cesse d’être canaliculée au niveau de l’extrémité de l’ovaire. En cet endroit, elle abandonne cet organe, se dirige de dehors en dedans sans former le moindre renflement et en se continuant bout à bout avec le ligament l'ond. Evidemment il n’y a là le moindre indice de corne utérine, et il n’y a point de ligne de démarcation autre que l’absence de canal entre la trompe et le ligament rond.

Après un trajet intra-abdominal, qui ne présente rien de particulier, le ligament rond s’engageait dans le canal inguinal; puis, après l’avoir franchi, se divisait en deux faisceaux : l’un va se perdre au mont de Vénus, l’autre s’éparpille dans la grande lèvre correspondante.

Gomme cela arrive presque toujours dans les cas d'utérus unicorne, le rein correspondant à la corne absente manquait complètement ; pour la capsule, elle était en ses lieu et place, légèrement hypertrophiée. Le rein gauche avait le volume ordinaire à cet âge.

La vessie, les organes externes de la génération, avaient leur conformation normale ; quant au vagin, il avait le calibreetla longueur accoutumés.

Bien qn’en général on soit porté à exagérer la valeur du fait que l’on a recueilli, on ne croit pas s’exposer à un reproche semblable en accordant à cette observation une grande importance tératologique. Je ne parle pas, on le comprend, de la forme de l’utérus, — j’ai réuni environ 80 exemples d’utérus unicorne avec ou sans corne rudimentaire, — mais de la disposition présentée par l’ovaire et la trompe, disposition qui est celle affectée par ces organes vers la septième semaine de la vie embryonnaire.

Par un hasard qu’on me permettra d’appeler providentiel, le seul fait qui

s’en rapproche a élé rencontré par moi peu de temps après : il n’en est pas cependant une reproduction littérale, il en diffère en ce qu’il existe ici une sorte de mésovaire, c’est-à-dire un fragment de ligament large, et que la trompe, au lieu d 'être rectiligne, est légèrement flexueuse. On est en droit de le présumer, l’arrêt de développement s’est effectué ici à une époque un peu plus reculée; mais les différences sont si minimes, qu’on se croit autorisé à assigner une date très -rapprochée à ce nouvel exemple.

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