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OBSERVATION IX

Utérus bicorne embryonnaire . — Hernie inguinale de la corne utérine, de la trompe et de

l'ovaire droits.

Sur une fille de 25 ans, régulièrement menstruée (!!!) jusqu’à cinq mois avant la mort, survenue par le fait d’une maladie de Bright, on trouva les lésions suivantes :

La vulve est bien conformée, et du tissu cellulaire occupe la place du vagin absent.

L’utérus est représenté par une masse solide, sans cavité, longue d’un pouce et demi ; elle se perdait en bas dans le tissu cellulaire qui tient la place du vagin absent, et se divisait en haut en deux cornes d’une forme allongée, cylindrique, lesquelles, s’étendant transversalement dans le bassin, étaient par leur extrémité inférieure en rapport avec le fond de la vessie.

La corne gauche avait 3 pouces de long ; large de 3 lignes à son origine, elle en avait 5 à son extrémité libre; elle était constituée par un tissu dur, sans trace de cavité, et d’une structure fibro-musculeuse.

La trompe avait la longueur et le trajet habituels.

L’ovaire, d’un tiers plus gros que de coutume, était aplati, lisse, et contenait dans son stroma plusieurs vésicules.

La corne droite, deux fois plus longue que sa congénère, avait 6 pouces 1/2 ; large de 3 lignes à son point de départ, elle en acquérait 6 à son extrémité ova-

1 Journal f. Chir., tom. IX, 3e livr. 1850.

2 J’en ai relevé à grand’peine une dizaine d’exemples.

rienne. Elle différait de l'autre en ce que son tissu, plus blanc et plus dense, rappelait davantage le tissu utérin; elle ne renfermait pas non plus de cavité. Après avoir quitté le fond de la vessie, elle traversait Je canal inguinal et donnait alors naissance à une trompe longue de 3 pouces, à structure normale et à pavillon bien développé. L’ovaire, couché dans l’aine entre le ligament de Poupart et le fascia super ficialis, était long d’un pouce 1/3, large de 2/3 de pouce, et épais d’un tiers de pouce: il était ovale, un peu aplati, très-blanc, et était, à la façon du testicule, enveloppé par une tunique vaginale avec laquelle il adhérait en plusieurs points. (Jackson; .4 descript. catalogue of tlie anat. Muséum of the Boston Society. Boston, 1847, pag. 204.)

Enfin, de même que l’ectopie testiculaire s’accompagne parfois de hernie intestinale, témoin le fait récemment observé par M. Fleury (de Clermont- Ferrand1), de même il est encore possible de voir une hernie intestinale compliquer l’ectopie ovarienne. Une domestique de 18 ans, opérée par M. Cusco d’une hernie inguinale gauche étranglée, formée par l’intestin grêle, présentait dans l’épaisseur de la paroi inférieure du sac herniaire l’ovaire et la trompe correspondants. Conjointement, le vagin était rudimentaire, et l’utérus, à l’état embryonnaire, présentait la variété désignée par moi sous le nom d 'utérus duplex ou didelphys2. Quant au fait de Birnbaum, dans lequel l’utérus était unicorne avec corne rudimentaire, on constata à l’autopsie, l’enfant étant mort peu après l’accouchement, que du côté opposé à la hernie de l’ovaire gauche il existait une hernie intestinale congénitale. Dans un autre, recueilli par Meadows, l’ectopie était compliquée d’une hernie de l’épiploon : il en était de même dans le cas de Holmes Coote (Obs. xvi).

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