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OBSERVATION XIX

enfin, avec l’index on arriva sur l’abdomen, et l’on reconnut à sa dilatation qu’il était la cause de la dystocie. Ponctionné avec le trocart, il en sortit environ un litre de liquide, et le corps de l’enfant, vint, après. Malgré l'essai répété et prolongé de la méthode de Credé, le placenta ne put être extrait ; on tira sur le cordon, mais celui-ci se rompit; vu l’absence d'hémorrhagie, le placenta fut abandonné à lui-même et trouvé quelques heures après dans le vagin. Il était petit (10 centimètresde diamètre), tendre et friable ; sauf une légère métro-péritonite, les couches furent bonnes. Cette femme affirme avoir eu, en septembre 1865, une violente frayeur.

Le fœtus, âgé d’environ six mois, a le squelette normal, sauf de légers piedsbots. Au tronc, on est frappé de l'étendue considérable des parois abdominales, qui forment plusieurs plis transversaux entre les côtes et le bassin. Le cordon ombilical, flétri et mince, adhère avec la paroi abdominale dans l’étendue de 5 centimètres ; il est, en cet endroit, hydropique et de l'épaisseur d’un doigt d'homme. On ne trouve aucune trace d’anus. L'enveloppe décharnée de la région sacrée n’olfre aucun sillon, et il n’y a au périnée aucun enfoncement qui puisse être considéré comme le vestige d’une ouverture génito-urinaire. Par contre, audessus du mont de Vénus, on voit une saillie du volume d’un grain de gruau, mamelonnée, qui se trouve à l'angle de deux petits plis cutanés qui la recouvrent en haut, en formant un a.- Cette formation paraît devoir être interprétée comme l’indice d’un clitoris rudimentaire avec petites lèvres rudimentaires ; cependant il convient de remarquer qu’il n’y a là ni canal ni aspect muqueux de la peau. En dedans de la cavité abdominale et en dehors du péritoine, se trouve un sac considérable sur lequel viennent s'insérer à droite et à gauche les uretères. Ce sac qui, dilaté, a une circonférence de 45 centimètres, n’a en aucun endroit d’ouverture de sortie ; il communique seulement avec les uretères , qui se rendent directement aux reins sans être dilatés. Le sac urinaire est tapissé par une muqueuse qui en divers endroits présente un épithélium de forme différente et montre en bas et en arrière une série de plis transversaux très-marqués. Dans la cavité pelvienne on ne trouve, sauf le sac urinaire, aucun autre organe. Le cordon est en rapports immédiats, par son point d’insertion, avec la vessie dilatée, sans cependant communiquer avec celle-ci.

Entre le sac urinaire et les parois abdominales, mais au-dessus de l’insertion ombilicale, se placent, à droite et à gauche, deux canaux de coloration rougeâtre, à direction parallèle et transversale, longs d’environ 3 centimètres, recourbés en sens opposé et présentant en dehors une sorte de ganse. A la partie inférieure de ce canal est appendu un organe glanduleux du volume d’un poids d’une once. On ne put découvrir de communication entre ces canaux et le canal urinaire. On conclut, après examen, que cette formation est la trompe et l’ovaire.

Le gros intestin se termine en cul-de-sac sur la paroi postérieure et supérieure du sac urinaire. Les autres viscères sont normalement conformés ; seulement, par le fait de la projection en haut du sac urinaire, la cavité pectorale est considérablement élargie. Le professeur Virchow, auquel Kristeller a soumis la pièce, regarde l’enfant comme du sexe féminin, et considère le sac urinaire, qu’au premier abord on était tenté de prendre pour la vessie dilatée, comme une confusion [Verschmolzenen) , un entremêlement des cavités urinaire et génitale, et les divers plis muqueux signalés appartiendraient, partie à l’utérus et au vagin, partie à la vessie. Quant aux deux organes (trompe et ovaire) placés sur la paroi antérieure du sac urinaire, entre celle-ci et la paroi abdominale, le changerrfënt de position qu’ils ont subi, leur position antérieure au lieu d’être postérieure, doit être rétabli d’après le point d’insertion du cordon ombilical, qui est ici le point vertical, par le fait de la forme originelle du sac. Par suite de la distension de la vessie, c’est la paroi vésicale postérieure qui s’est dilatée et infléchie, tandis que la paroi antérieure, quia son point fixe à l’anneau ombilical, n'a point subi de déplacement. En conséquence, tout ce qui est placé au-dessus de l’anneau doit être considéré comme appartenant à la paroi postérieure, et en conséquence les glandes sexuelles occupent leurplace normale. (Kristeller; Monats. f. Geburtsk ., 1866, tom. XXVII, p. 165.)

La rareté de cette observation m’a engagé à la traduire textuellement, mais je ne m’attarderai pas à en faire l’objet de longues réflexions. J’y reviendrai dans un travail ultérieur ; pour le moment, je me bornerai à dire que c’est là un exemple curieux, sinon unique, de déplacements multiples, et qu’à ce titre il avait droit à être rattaché à ce chapitre, dont il constitue une annexe naturelle (H).

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