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CHAPITRE III

DE L’ÉTAT RUDIMENTAIRE DE l’ûVAIRE.

Sans être aussi fréquente que l’espèce précédemment étudiée, l’anomalie qui va nous occuper compte un assez grand nombre d’exemples qui seraient à la rigueur suffisants pour écrire son histoire, si la plupart étaient rapportés avec les détails indispensables. Malheureusement il n’en est rien; les relations sont généralement très-écourtées et se taisent sur la structure intime des organes, sur la manière d’être des follicules primordiaux, c’est-à-dire sur

ce qu’il importerait essentiellement de savoir. Malgré ces lacunes, qu’il n’est pas en notre pouvoir de faire disparaître, nous nous efforcerons de donner une idée aussi nette que possible de cette anomalie, et de dégager quelquesunes des inconnues présentées par les auteurs qui nous ont précédé ; à défaut d’une description complète, impossible à tracer en l’état présent, nous allons exposer les enseignements ressortant de nos recherches.

Tout en conservant la dénomination portée par ce chapitre, dénomination sinon juste, mais du moins consacrée par l’usage, on s’attachera à en préciser le sens en élaguant les cas qui n’ont aucun droit à y être rattachés. Non-seulement on comprendra dans cette exclusion les cas d’évolution rétrograde, c’est-à-dire d’atrophie morbide consécutive aux couches ou à une aménorrhée tenace et prolongée, mais encore ceux qui peuvent tenir à un arrêt de croissance survenu un peu avant l’établissement de la puberté. Ces derniers cas, encore mal étudiés sur le cadavre, ont, il est vrai, avec ceux qui vont nous occuper, quelques traits communs, — l’ovaire n’a ici ni cicatrices, ni vésicules ascendantes, — mais ils en diffèrent anatomiquement en ce que l’organe a un volume beaucoup plus considérable; ils paraissent concorder avec un état de transition plus ou moins prolongé suivant les sujets, état qui sera étudié plus tard en traitant de Y utérus pub escent ' . On définira en' conséquence l’état rudimentaire : un état persistant de l’ovaire caractérisé par une structure incomplète au point de vue de la forme , du volume, du contenu, état d’origine congéniale dépendant d’un arrêt de développement et entraînant la perte de la fonction physiologique.

Au point de vue anatomique , l’état rudimentaire doit être distingué en deux variétés : dans la première, l’organe, à l’état d’ébauche, d’indice, rappelle la structure particulière aux premiers mois de la vie intra-utérine [état embryonnaire ); dans la seconde, il a une structure moins imparfaite et offre pendant la période d’activité de la femme, le volume, la forme , les vésicules propres à l’âge foetal ou à l’enfance (état fartai ou infantile). Tout en se croyant autorisé à décrire séparément chacune de ces variétés , on doit remarquer , au préalable , qu’en l’absence de détails anatomo-pathologiques, beaucoup de faits échappent à ce classement : ils seront laissés

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