DE L’ABSENCE DES DEUX OVAIRES
De toutes les anomalies qui peuvent survenir aux organes de la génération, l’absence des ovaires est non-seulement celle qui s’offre le moins fréquemment, mais encore celle qui s’observe le plus exceptionnellement à l’état d’isolement. Elle se rencontre le plus souvent avec des anomalies graves du bas-ventre et de l’appareil urinaire, comme l’éventration; avec des anomalies des membres inférieurs, comme la symélie et l’ectromélie '. 11 n’est pas non plus très-rare de la constater chez les monstres acéphaliens ; si parfois l’absence des organes génitaux est telle qu’on ne peut déterminer le sexe, d’autres fois la persistance des organes externes est le seul indice de la sexualité. Sans faire étalage d’une érudition superflue, on citera, à titre d’exemples, les faits d’Elben, Cazeaux et Delacour.
1 Chez un monstre ectromèle décrit par Otto, il y avait en outre absence de l’anus, du rein gauche, de la cloison interventriculaire du cœur et excroissance verruqueuse sur le visage. La vulve était bien formée, mais il n’y avait qu’un rudiment de vagin dans lequel venaient s’ouvrir l’urèthre et le rectum.
Cette anomalie se rencontre encore chez les anencépbales, mais beaucoup moins communément. Au fait recueilli par M. Jacquemier, on peut ajouter un cas personnel: sur ce monstre né à sept mois, les organes se réduisaient à la vulve, à un vagin très-court terminé en cul-de-sac ; quant à l’utérus, à ses annexes, ils faisaient totalement défaut. Signalons encore, en terminant, une observation de MM. Joly et Guitard relative à un monstre nosencéphale.
A raison de leur extrême complication, ces cas, et d’autres qui m’échappent en ce moment, n’ont pas grande importance; pourtant ils servent à établir que cette anomalie marche toujours accompagnée de l’absence des trompes, de l’utérus et du vagin. Sauf deux cas où l’on a constaté l’existence d’un fragment de ce dernier organe, la sphère génitale externe existe seule à l’état d’intégrité ' .
La coïncidence de cette anomalie avec une bonne conformation du corps, pour être beaucoup plus rare, n’en est pas moins un fait avéré, authentiquement démontré. Avant d’en fournir la preuve pour la femme, on en relatera un exemple emprunté à l’anatomie comparée, car en pareille matière les documents ne sauraient être trop multipliés.