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OBSERVATION XXIX

Absence des ovaires avec état rudimentaire des trompes, de l’utérus et du vagin. — Vulve bien conformée, mais existence de glandes prostates disposées comme chez le mâle.

Une génisse de 30 mois , au corps bien constitué, à mamelles suffisamment accusées, fut abattue à Nimes, le 12 mars 1871.

D’après les renseignements accompagnant l’envoi des organes de la génération, elle était issue d’une grossesse gémellaire et n’avait à aucune époque présenté les signes apparents du rut.

La vulve a la conformation habituelle.

Le vagin, fortement plissé, a une longueur totale de 54mm, alors qu’à cet âge il a en moyenne 180 à 200mm : au début il admet deux doigts, mais au fond il se rétrécit en cul de poule et est percé en son centre d’un petit pertuis se terminant

1 Le fait recueilli par Gurlt sur un veau avec éventration est la seule exception relevée. Les cornes de l'utérus étaient converties en un cordon solide et mince ; le corps de l’utérus, le vagin, le mont de Vénus et le clitoris étaient au contraire régulièrement conformés.

peu après. J'ai recouru à l'insufflation, à l’injection d'un liquide coloré, sans pouvoir démontrer l'existence d’une cavité.

Le col manque, mais à la suite du vagin il y a un corps utérin solide, arrondi, de 6 à 7 mm de diamètre et de 46mm de longueur . A cette hauteur, le corps se divise en deux cordons un peu plus déliés représentant les cornes utérines.

Celles-ci cheminent d’abord parallèlement; puis, devenant de plus en plus ténues et s’écartant l’une de l’autre , éparpillent leurs fibres dans l’épaisseur des ligaments larges, en formant quatre faisceaux.

Grâce aux ligaments larges, la forme générale des organes internes est conservée, mais ils sont beaucoup plus courts que chez l’adulte, beaucoup moins volumineux que chez les vêles de naissance. A 6 centimètres du fond, c’est-àdire à peu près vers le milieu des cornes, on note dans leur écartement un ganglion arrondi du volume d’une alise.

De chaque côté du fond constitué par l'étalement des fibres utérines disjointes et le tissu connectif intercalé entre les feuillets péritonéaux, se détachent les trompes de Fallope. Elles sont, comme l’utérus, à l’état rudimentaire et n’ont pas de cavité; celle de droite porte un kyste du volume d’un noyau de cerise.

Maigre les recherches les plus patientes effectuées dans toute l’étendue des ligaments larges, on n’a pas trouvé trace de l'un et de l’autre ovaire : on est donc autorisé à conclure à l'absence congéniale de ces organes et à regarder cet état comme un véritable défaut de développement.

Mais si les ovaires étaient abseuts, par contre on a trouvé un organe appartenant au sexe masculin. En effet , entre la vessie d’une part et l’utérus d'autre part, il y avait un corps tout à fait semblable à la prostate, lequel était, comme chez le »adade, divisé en trois parties, deux latérales et une médiane.

Les prostates latérales occupant la place des vésicules séminales reposaient de chaque côté de l’utérus et des cornes rudimentaires. Elles se présentaient sous la forme de deux corps glanduleux bosselés extérieurement et sans canal intérieur. La droite mesurait en longueur 52mm, et en largeur de 8 à 10 ; la gauche avait 58mm en longueur, et en largeur de 10 à 12.

La prostate médiane n’était pas, à proprement parler, impaire; elle était plutôt la continuation de l’extrémité postérieure des parties latérales élargies à leur extrémité, et jointes l’une à l’autre par un trousseau de tissu fibreux blanchâtre, très-résistant. Cette partie, haute de25mm, large de 20 à 22mm, beaucoup plus épaisse que les prostates latérales, formait1 une gaine à peu près complète au corps de l’utérus, sans toutefois se réunir en haut. Telle est la description de cette pièce intéressante ; elle pouvait fournir matière à de nombreuses réflexions qui seront laissées de côté, afin de ne pas étendre démesurément ce chapitre.

Quant aux exemples recueillis dans l’espèce humaine, ils seront, à raison

de leur intérêt spécial, successivement rapportés et rangés en trois séries distinctes d’après le degré de leurs complications. La série par laquelle on débute compte sept observations et renferme les cas dans lesquels il y avait conjointement absence de l’utérus et des trompes.

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