‹ Des pansements simples dans quelques maladies communes de la peauChapitre 17 sur 23 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Bactériologie.

Nous allons comparer les conditions dans lesquelles les microbes se trouvent sous les pansements forts et sous les pansements simples.

Si nous transportons par la pensée du laboratoire à la clinique, les résultats que donne l’expérimentation, nous poserons les principes suivants très simples, très clairs et très salisfaisants : le sublimé, l'acide phénique tuent en tant d'heures les cultures de tel ou tel microbe, par conséquent, appliquons sur une plaie un de ces antiseptiques nous aseptiserons vite la plaie en question, et elle guérira rapidement puisque nous aurons supprimé les microbes qui l'infectent.

Un raisonnement aussi simple pèche par la base : il ne tient compte que d’un des éléments de la question, c’està-dire du microbe, et pas du tout des autres éléments qui sont l'organisme et les réactions de la substance vivante.

Ce raisonnement incomplet, fait d’une façon si fréquente à une époque où on prétend soumettre trop souvent la clinique au laboratoire, a déjà causé bien des erreurs et volontiers, dans le cas particulier, on accuserait de malpropreté médicale le médecin assez osé, pour dire que l’antisepsie à outrance peut ne pas être l'optimum desideratum du traitement d’une plaie suppurée.

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Cependant l'expérimentation clinique vient contredire et bouleverser les opinions émises par les bactériologistes et basées sur leurs expériences ; il est de notion courante qu’une folliculite suppurée peut se développer sous . un pansement humide au sublimé, alors que la solution employée tuerait en quelques minutes une culture de staphylocoques cause de cette folliculite.

A quoi est due cette contradiction qui n’est d'ailleurs qu'apparente, comme nous allons le voir à la fin de cette étude ? :

D'abord voyons quels sont les microbes trouvés d’une façon habituelle sur la peau, considérons un peu les conditions biologiques où ils se trouvent, en un mot étudions ce qu'on pourrait appeler la bactériologie normale de la peau.

La peau de l'homme est habitée par de nombreuses bactéries qui sont amenées à son contact, par les poussières atmosphériques, par les vêtements et qui peuvent même y pulluler dans certaines conditions. Les micrococcus sont nombreux Bordini Ufreduzzi (Ueber die biologischen Figenschaften der normalen Hautmicrophyten, Fortschritte de Medicin, 1886, n° 5) en signale cinq espèces parmi lesquellesle micrococcus decalvans de Thin que Sehlen considérait comme causant la pelade ; le rucrococcus pyogenes aureus, Straphylocoque doré, le micrococcus pyogenes albus, staphylocoque blanc, qui existent pour ainsi dire constamment dans tous les points de la peau ; une culture faite avec les squames obtenues en grattant un point quelconque de l'épiderme, donne du staphylocoque d'une façon à peu près constante. Le streptocoque ou plutôt les nombreu-

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