‹ Des paralysies des muscles moteurs de l'oeilChapitre 12 sur 33 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

Avant de passer à l’énumération des symptômes des paralysies des muscles oculaires en particulier, qu’il nous soit permis de rappeler les principales lois physiologiques des mouvements des yeux.

I. — Les mouvements des yeux ne doivent pas être considérés comme des déplacements dans l'espace, mais comme des rotations autour d'un centre rotatoire immobile.

Si le globe oculaire était une sphère dont le point de rotation coïncidât avec le centre, il en résulterait que la position du globe, pendant ses mouvements dans l’espace, resterait absolument la même. Mais la forme du globe diffère de celle d’une sphère et par la différence de courbure, entre la cornée et la sclérotique, et par la courbure de la sclérotique elle-même. De plus, même si nous nous figurons l’œil comme fermé par une cornée d’une courbure parfaisant celle de la sclérotique, le point de rotation ne coïncide même pas avec le centre approximatif. Au contraire, ainsi qu’il ressort des résultats de Donders et Doijer, le centre de rotation se trouverait dans ce cas en moyenne à 12 millimètres en arrière du soinmet de

cette cornée idéale, et à 10 millimètres seulement en avant de la surface postérieure de la sclérotique (1). Enfin on n’a pas encore démontré avec certitude si le centre rotatoire, pour des rotations d’une grande étendue vers les limites de l’étendue de la mobilité, est parfaitement constant, ou s’il ne prend pas une position encore plus excentrique. Malgré tout cela, comme le déplacement du globe dans l’espace est assez restreint, on peut admettre en pratique qu’il ne s’agit en fait dans les mouvements oculaires que d’un échange de position dans l’espace entre les différents points de la périphérie du globe entre eux.

II. — Les rotations sont exécutées par six muscles s'insérant ci la surface de l'œil , et dont les résultantes représentent autant de forces directrices linéaires. On trouve l'axe de rotation pour chacune de ces forces directrices en particulier , en élevant une perpendiculaire au centre de rotation sur le plan passant par cette force directrice et le point de rotation {plan de traction).

On ne peut certes rien objecter à ce principe mécanique considéré comme tel. Néanmoins, lorsqu’on réduit l’action d’un muscle à un axe de rotation déterminé, il reste toujours la question de savoir si le muscle est toujours rai^ en action en totalité par une innervation uniforme, ou si

(1) En termes exacts, Donders et Doijer ont démontré que, dans dix-neuf yeux emmétropes, le point de rotation se trouvait en moyenne à 10,957 millimètres derrière la base de la cornée (c’est-à-dire en arrière du plan passant parle bord de la cornée), et par conséquent à 13,557 millimètres en arrière du sommet de la cornée, tandis qu’il se trouve presque exactement à 10 millimètres en avant de la surface postérieure de la sclérotique.

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les efforts ne peuvent pas se concentrer sur des faisceaux isolés, et par conséquent si l’innervation ne peut pas être partielle. Abstraction faite de toutes les analogies dans d’autres points du système musculaire, il nous faut déjà résoudre cette question dans le dernier sens, pour nous expliquer certains phénomènes de la pathologie même des muscles oculaires. Or, si des faisceaux isolés d’un muscle peuvent être innervés isolément, comme par exemple la partie nasale du droit supérieur ou du droit inférieur, il faudra calculer naturellement pour leur effet une résultante différente de la résultante générale du muscle et, par conséquent, un axe de rotation différent.

III. — Pendant les mouvements de l'œil dans l'espace , les axes de rotation des six muscles oculaires restent à peu près invariables.

Puisque la position des axes de rotation résulte exclusivement delà direction delà force, et que celle-ci elle-même est déterminée par l’origine et l’insertion du muscle, il faudrait forcément, lorsque, pendant les mouvements, l'insertion acquiert une position différente par rapport à l’origine du muscle, il faudrait, dis-je, que l’axe de rotation se déplaçât aussi. Mais de la position locale particulière des insertions des muscles par rapport à leurs origines, il résulte que, malgré leurs changements de position dans l’espace, le changement de direction des muscles est pourtant peu sensible pendant les rotations. D’autre part, ce même résultat est facilité par cela que les insertions musculaires sont extrêmement larges et que, suivant la position

A. DE GltAEFE.

de l’œil, tantôt l’une, tantôt l’autre portion du muscle acquiert une action prépondérante. C’est ainsi que lors d’une forte adduction de la cornée, nous devons considérer la portion temporale du droit supérieur et du droit inférieur comme la plus active, tandis que pendant la forte abduction, l’action prépondérante est en faveur de leur portion nasale, puisque d’après la position du muscle ces portions se tendent le plus dans les conditions sus-énoncées, et que par conséquent elles ont la plus forte action lors du raccourcissement du muscle. Enfin, en dehors de cet acte mécanique, la faculté, décrite à l’article II, qu’ont des parties isolées d’un muscle d’être innervées isolément, aident encore l’axe de rotation à atteindre sa position dans l’espace.

IV. — Les six muscles oculaires peuvent être considérés comme trois paires d' antagonistes , de telle sorte qu’ils possèdent deux à deux un plan de traction commun et par conséquent un axe de rotation commun, autour duquel l’un des muscles détermine une rotation positive et l'autre une rotation négative .

A l’aide de ce principe, les mouvements oculaires se trouvent ramenés aux plus simples conditions de rotation. Bien qu’il existe quelques faits anatomiques qui sont en contradiction avec une stricte application de ce principe, on peut néanmoins le prendre comme base de toutes les considérerions sur les mouvements oculaires. Ce principe n’est en défaut que lorsqu’à lieu 1 innervation isolée de certaines portions musculaires que nous avons admise comme possible aux articles II et III. A ceci se rattache

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aussi une discordance entre les axes de rotation des deux antagonistes correspondants, puisqu’ alors les résultantes des deux forces musculaires ne sont plus situées dans un plan de traction commun (voy. p. 113).

y. s'il est possible de donner au globe oculaire une position quelconque à l'aide des trois paires de muscles , on remarque qu abstraction faite des bornes qui sont indiquées par les limites de l'étendue de la mobilité , il n'y a qu'une portion restreinte des positions possibles qui se trouve réalisée. En effet , en tant que chaque position de l'œil est donnée par la direction de la ligne visuelle par rapport à la tête , et par le mouvement rotatoire simultané, représenté par l'inclinaison de certains méridiens fixes de l’œil sur le plan visuel , on a démontré qu'à une direction déterminée de la ligne visuelle se rattache chaque fois une certaine phase du mouvement rotatoire ( loi de Donders ) .

Par là le nombre des positions de l’œil se trouve naturellement sensiblement restreint, et à la possibilité mécanique indéterminée se trouve substituée en réalité une restriction physiologique. Il faut considérer la loi de Donders au point de vue des mouvements oculaires normaux et, en particulier, lorsque les lignes visuelles sont parallèles, comme parfaitement exacte. Mais, en revanche, pour des convergences plus fortes des axes optiques, les mouvements de rotation correspondants subissent de certaines variations, ainsique cela a été démontré récemment par Volkmann. Par l’étude des phénomènes pathologiques, ainsi que par des expériences sur mon propre œil (voy. Arch . /. Ophthalm. , III, 1,

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p. 256), j’avais appris que l’exercice volontaire peut modifier le mouvement rotatoire correspondant à la direction corrélative de la ligne visuelle, de telle sorte que nous pouvons gagner, jusqu’à une certaine limite, un peu de terrain sur la loi de Donders. Dans ces derniers temps, Ilelmholtz [Optique physiologique, trad. Javal, Paris 1807, p. 617 à 620) a prouvé ce fait d’une façon plus démonstrative (1). Cette puissance de la volonté ne renverse naturellement pas le principe, pas plus que la faculté de loucher volontairement en haut ou en bas, que l’on peut acquérir par l’exercice à l’aide de prismes, ne détruit la loi d’association égale des forces qui déterminent l’élévation ou l’abaissement du plan visuel.

YI. — Parmi toutes les positions que peut occuper le globe oculaire , on peut en trouver une qui , prise pour point cle départ , permet aux lignes visuelles d'être directement élevées ou abaissées et d'exécuter des mouvements latéraux dans le plan horizontal sans qu'il se produise de mouvements rotatoires , cest-à-dire sans que 1 inclinaison des méridiens de la rétine sur le plan visuel subisse de changements. C'est elle que nous regardons comme la position primordiale ou comme la position de départ des mouvements oculaires. C ette position ne s écarté pas sensiblement de la direction sagittale des lignes visuelles.

Au point de vue pratique, on peut bien admettre cette, dernière coïncidence, et conséquemment on peut considérer comme appartenant à la position primoi diale la diiection

(1) Au point do pouvoir faire varier le mouvement rotatoire de 7 degrés, c’est-à-dire 3 degrés et demi sur chaque œil à la fois.

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des lignes visuelles que motive le regard vers un point situé à l’horizon dans le plan médian de la tête, lorsque celle-ci est tenue droite. Mais, en revanche, pour un examen plus approfondi, il faut bien remarquer que la position primordiale ne varie pas seulement pour différents individus, mais qu’elle se modifie même un peu pour un même sujet. (Voy. Helmholtz, Optiq. phys ., page 609.) C’est à cette position qui, au point de vue strict, doit être déterminée pour chaque cas en particulier, que se rapportent aussi les termes « méridien horizontal » et « méridien vertical » , dont le premier désigne la section méridienne du globe tombant, dans cette position, dans le plan visuel, et dont le second désigne celle qui est perpendiculaire à ce plan.

VII. — En considérant la position pripiordiale comme connue , on détermine le mouvement de rotation pour une direction quelconque de la ligne visuelle, par cela que T on considère cette dernière position comme procédant de la position primordiale par une rotation autour d'un axe qui est à la fois perpendiculaire à la ligne visuelle, dans les deux positions jmmordiale et secondaire. ( Loi de Listing ) (1).

(1; C’est là aussi l’expression plus générale pour les qualités delà position primordiale décrite à l’article VI. l'uisqu’à l’elTet de la loi de Listing, se rattache en même temps le manque de mouvement rotatoire, lors d’une simple élévation et d’un simple mouvement latéral de la ligne visuelle, il faut aussi que, dans le premier cas, ce soit strictement l’axe transversal qui soit utilisé, et, dans le second, strictement le vertical. Si nous n’avons pas fait dépendre le principe énoncé dans l’article VI de celui contenu dans l’article VII, c’est que nous avions égard à la détermination pratique de la position primordiale, par exemple par des images rétiniennes secondaires. Si nous avions voulu faire abstraction de cela, nous aurions fondu ensemble

C’est d’après cette loi que, prenant la position primordiale comme base, on peut déterminer d’une façon rigoureusement exacte la position, dans l’espace, de toutes les parties du globe oculaire, pour chaque direction de la ligne visuelle. Ainsi qu’il ressort déjà de la loi de Donders, il importe peu que la position secondaire dont il s’agit résulte en réalité directement de la position primordiale par 1’elTet d’une rotation autour de l’axe fictif, ou qu’elle ait été effectuée par une autre voie, autour d’axes de rotation variables. D’après cela, lors de l’analyse des mouvements oculaires, on peut donc faire résulter chaque position quelle quelle soit d’une succession indéterminée de rotations, ayant pour point de départ la position primordiale. Pourvu que pour chaque rotation en particulier, on raisonne conformément aux lois des mouvements , la position à laquelle on atteindra en dernier lieu remplira les conditions exigées par la loi.

Puisque tous les axes de rotation qui sont utilisés pour les rotations en partant de la position primordiale, se trouvent être perpendiculaires à la ligne visuelle, dans la position primordiale, ils se trouvent donc tous compris dans le plan perpendiculaire à cette direction de la ligne visuelle, et l’on désigne ce plan comme celui des axes communs de rotation, quant à la position primordiale. Mais d’après la loi de Listing, on peut trouver de même pour chaque posi-

l’ article VI et l’article VII, et l’aurions formulé de la manière suivante : Il existe une position, la position primordiale, qui peut être regardée comme le point de départ des mouvements d’après la loi de Listing; il en résulte que pour la simple élévation ou pour le simple mouvement latéral de la ligne visuelle, procédant de cette position, il ne se produit pas de mouvement rotatoire.

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tion secondaire un plan dans lequel tous les axes de rotation des mouvements qui ont cette position secondaire pour point de départ se trouvent compris. Ce plan divise en deux parties égales l’angle formé par le plan des axes de rotation de la position primordiale et un plan perpendiculaire à la direction de la ligne visuelle, dans la position secondaire en question. S’agit-il du passage d’une position secondaire à une autre déterminée , l’axe de rotation en sera situé à l’intersection des deux plans qui contiennent les axes de rotation des deux positions (Voyez Helmholtz, Opliq. physiologiq., trad. de E. Javal, page 608.)

vin. — r axe de rotation de la première paire de muscles antagonistes, c'est-à-dire celui clu droit interrie et du droit externe , est perpendiculaire au méridien horizontal. Les deux axes de rotation de la seconde et de la troisième paire de muscles sont situés dans le plan du méridien horizontal lui-même. L'axe de rotation de la deuxième paire , droit supérieur et droit inférieur , est dirigé d'avant en arrière et de dedans en dehors , de telle sorte qu'il forme avec l'axe sagittal un angle de près de 70 degrés (67 degrés cl'après Hue te). L'cixe de rotation de la troisième paire , oblique supérieur et inférieur , à son tour , est dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans, de sorte qu'il forme avec l'axe sagittal un angle de 35 degrés.

Des différences anatomiques individuelles assez notables que l’on rencontre dans la direction des muscles oculaires ne permettent de déterminer qu’approximativement les axes de rotation dont nous venons de parler. Pour la troisième

lO/l PARALYSIES DES MUSCLES DE L’OEIL.

paire de muscles en particulier, la^roéminence très-variable et pouvant même changer pendant la vie, du globe hors de l’orbite, produit des différences assez considérables. Arrivet-il, après une maladie épuisante quelconque ou lors de marasme, que par suite de la disparition du tissu adipeux de l’orbite, le globe vienne à s’enfoncer dans celui-ci, il en résultera que le plan de traction des obliques formera un angle moindre avec la ligne visuelle dans la position primordiale, tandis qu’au contraire leur axe de rotation en formera un plus grand et respectivement. Aussi les résultats recueillis après la mort s’écartent dans ce sens de l’état normal, dans la plupart des différents genres de mort. Au contraire, lorsque le tissu adipeux est très-développé, comme dans les yeux saillants et surtout dans la maladie de Basedow, l’axe de rotation des obliques se rapproche delà direction de l’axe visuel.

Si cependant nous acceptons les données que nous avons citées plus haut comme exactes en moyenne, le droit externe et le droit interne, si l’on prend la position primordiale comme point de départ, porteront la ligne visuelle dans l’abduction ou l’adduction sans influer sur l’inclinaison du méridien vertical, c’est-à-dire sans produire de mouvement rotatoire. Ceci répond aux qualités de la position primordiale décrite à l’article VI et, d après cela, ces muscles, agissant isolément, peuvent être considérés comme des forces motrices équivalentes pour la direction latérale delà ligne visuelle.

L’axe de rotation du droit supérieur et du droit inférieur, formant avec l’axe transversal de 1 œil un angle de 20 degrés seulement, fournit à la vérité une projection plus

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étendue sur celui-ci mais en même temps une autre projection plus courte sur l’axe visuel. D’après cela, lors de l’action isolée de ces muscles, il se produira des mouvements rotatoires qui, du côté gauche, seront, lors de l’action du droit supérieur, positifs, c’est-à-dire représentés par l’inclinaison du méridien vertical vers la droite, et seront, au contraire, négatifs lors de l’action du droit inférieur. Naturellement l’inverse aura lieu du côté droit. Nécessairement il se combinera avec ces mouvements rotatoires une adduction corrélative de la ligne visuelle. D’après cela, on voit que les muscles de la deuxième paire ne pourront pas produire l’élévation ou l’abaissement simple de la ligne visuelle, mais qu’en même temps ils produiront une certaine adduction. Pour atteindre le premier résultat, il leur faudra se combiner avec d’autres forces. L’action simultanée du droit externe pourrait à la vérité contre-balancer l’adduction de la ligne visuelle dont nous venons de parler, mais il serait impossible alors de faire concorder cette sorte de correction avec les qualités de la position primordiale décrite à l’article VI , pas plus qu’avec la loi de Listing. On se rappelle, en effet, que l’élévation ou l’abaissement simple ne doivent pas être suivis de mouvements rotatoires, tandis que dans la combinaison que nous venons de supposer, il resterait toujours un certain mouvement rotatoire exécuté par les muscles de la deuxième paire. En fait, l’adduction ne se trouve contre-balancée de la sorte que dans certaines conditions pathologiques. D’après les lois de rotation physiologiques, les seuls muscles capables de réunir leur action à celle des muscles de la seconde paire, afin de produire l’élévation ou l’abaissement direct,

sont ceux de la troisième paire. L’axe de rotation transversal servant à 1 élévation ne met en effet en usage que deux composantes prises dans les axes de la deuxième et de la troisième paire et dont il est la diagonale parallélogrammatique ; mais il n’emprunte aucune composante à l’axe vertical qui lui est perpendiculaire. Par l’action combinée de l’oblique inférieur et du droit supérieur et respectivement de l’oblique supérieur et du droit inférieur, l’adduction consécutive k l’action des muscles de la seconde paire, ainsi que le mouvement rotatoire, se trouvent neutralisés. Il résulte du reste de la loi de rotation physiologique, qu’en général, pour aucune position de la ligne visuelle, les muscles de la seconde paire n’agissent isolément. Car la direction du regard en haut et en dedans, et respectivement en bas et en dedans, qui pourrait résulter d’une semblable action isolée, s’accompagnerait pour l’œil gauche, dans le premier cas, d’un mouvement rotatoire positif, et d’un mouvement rotatoire négatif dans le second, et vice versa pour l’œil droit, tandis que d’après la loi de Listing c’est dans le sens inverse que se produisent en réalité Tes mouvements rotatoires dans ces positions.

On peut faire les mêmes raisonnements pour les muscles de la troisième paire. Leur axe de rotation donne une projection un peu plus longue sur l’axe antéro-postérieur répondant à un angle de 35 degrés et une projection un peu plus courte sur l’axe transversal, répondant a un angle de 55 degrés. L’oblique supérieur en faisant exécuter un mouvement rotatoire positif, abaissera l’axe visuel s il s agit de l’œil gauche; pour ce même œil, l’oblique inférieur fera

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exécuter un mouvement rotatoire négatif, et élèvera l’axe visuel. Conformément àce mouvement rotatoire qui est plus étendu ici comparativement que pour les muscles de la seconde paire, il se produira en môme temps une abduction marquée de la ligne visuelle. L’oblique supérieur dirigera la ligne visuelle en bas et en dehors, et l’oblique inférieur la dirigera en haut et en dehors. Nous savons déjà qu’en ce qui concerne l’axe transversal, c’est-à-dire pour l’élévation ou l’abaissement simple de l’axe visuel, ces deux muscles combinent leur action avec celle des muscles delà deuxième paire. On peut démontrer aussi qu’il n’est point de position pour laquelle les muscles de la troisième paire aient une activité isolée; car pour les positions intermédiaires en dehors et en haut, et en dehors et en bas, qui se rattacheraient à cette action isolée, la loi de Listing nous enseigne que les mouvements rotatoires qui s'effectuent en réalité et qui sont pour l’œil gauche, l’un positif dans le premiercas,

1 autre négatif dansle second, sont précisément inverses de ceux qui répondraient à l’action des muscles de la troisième paire, et seraient l’un négatif dans le premier cas, l’autre positif dans le second.

Si nous nous demandons maintenant quelles sont les forces musculaires à l’aide desquelles, conformément à la loi physiologique des mouvements, les différentes directions de 1 axe visuel sont produites, la réponse déjà en grande partie contenue dans les différentes démonstrations précédentes, devra être exprimée comme suit :

} a‘ La direction latérale pure de l’axe visuel autour de

l’axe vertical, est accomplie par ïaclion des muscles de la première paire.

b. L’élévation et l’abaissement simple de la ligne visuelle autour de l’axe transversal sont exécutés par l’action combinée d’un muscle droit et d’un muscle oblique ; l’élévatio suit la combinaison du droit supérieur et de l’oblique inférieur, l’abaissement est produit par l’association du droit inférieur et de l’oblique supérieur. Ce sont les muscles de la deuxième paire qui ont ici l’action prépondérante, car leur axe de rotation forme avec l’axe transversal qui doit servir à ce mouvement un angle de ‘20 degrés seulement, tandis que l’axe des muscles obliques en forme un de oô degrés.

c. Les rotations dans les positions intermédiaires de la ligne visuelle en haut et en dehors, en haut et en dedans, en bas et en dehors , en bas et en dedans, sont produites par l’action combinée d’un muscle de chacune des troispaires, puisque les axes de rotation nécessaires pour obtenir ces positions tirent leur composante des axes de rotatation des trois paires de muscles en particulier :

«. La direction en haut et en dehors est exécutée par l’action combinée du droit externe, du droit supérieur, et de l’oblique inférieur;

p. La direction en haut et en dedans est effectuée par l’association du droit interne, du droit supérieur et de l’oblique inférieur;

y. La direction en bas et en dehors résulte de l’action mutuelle du droit externe, du droit inférieur et de l’oblique supérieur.

5. La direction en bas et en dedans obéit à 1 action simultanée du droit interne, du droit inférieur et de 1 oblique supérieur.

Les axes autour desquels s’exécutent les rotations poui

MOUVEMENTS DES YEUX

passer de la position primordiale à ces positions intermédiaires, se trouveront situés tout d’abord dans le plan des axes de rotation quant à la position primordiale, c’est-à-dire dans le plan perpendiculaire à la ligne visuelle dans la position primordiale, autrement dit encore, dans le plan frontal du globe. Mais il faut remarquer, en outre que ces axes de rotation occupent, dans ce plan, une direction oblique entre la transversale et la verticale et qui, suivant le degré de direction latérale ou d’élévation qui est réclamé, produit sur l’axe vertical ou sur le transversal une projection plus considérable.

De même la coopération de chaque muscle en particulier, pour obtenir ce résultat, dépend du genre de la position elle-même. Plus la direction latérale sera réclamée et plus les forces motrices de la première paire de muscles agissant sur l’axe perpendiculaire auront une action prépondérante. Plus il faudra d’élévation ou d’abaissement de la ligne visuelle et plus l’action des muscles de la deuxième paire et respectivement de la troisième sera mise en jeu. La distribution entre ces deux forces dépendra des rapports de la direction latérale à l’élévation. La position primordialeétant prise pour point de départ, le droit supérieur et le droit inférieur aident bien plus à l’élévation ou à l’abaissement de l’axe optique, que les muscles obliques; car l’axe transversal de l’œil autour duquel doit s’exécuter la rotation est bien plus rapproché de l’axe de rotation de la deuxième paire de muscles que de celui de la troisième, et tire par conséquent ses principales composantes de celle-là. Mais lorsqu’au contraire, la ligne visuelle est dirigée d’environ 17 degrés en dedans, elle coupe l’angle coin-

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pris entre les axes de rotation des deuxième et troisième paires de muscles en deux parties égales, de 52 degrés chacune. De même l’axe transversal de l’œil regardé comme fixe dans le globe coupera l’angle en question en deux parties égales de 38 degrés chacune. Dans cette position, la part d’action qui revient à la deuxième paire de muscles et celle qui revient à la troisième pour exécuter l’élévation ou rabaissement seront égales. Si la ligne visuelle vient à être dirigée encore plus en dedans, l’axe transversal du globe se rapprochera maintenant davantage de l’axe de rotation des muscles obliques, et la prépondérance d’action dans l’élévation de la ligne visuelle sera en faveur des muscles de la troisième paire. Inversement, lorsque la cornée se trouvera dirigée plus en dehors, en partant de la position primordiale, la prépondérance de la deuxième paire de muscles pour l’élévation et l’abaissement s’accroîtra de plus en plus et atteindra son maximum lorsque la direction de la ligne visuelle s’écartera d’environ 20 degrés en dehors de la position primordiale et se trouvera par conséquent perpendiculaire à l’axe de rotation de la deuxième paire.

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