PARALYSIE COMPLÈTE DU DROIT INTERNE GAUCIÏE
Mobilité absolue. — La ligne visuelle gauche ne peut être amenée des positions d’abduction que jusqu’à la direction sagittale, tandis que toute adduction, dans la voie horizontale, fait défaut.
Sous le rapportées actions vicariantes, lesmuscles de la deuxième paire se trouvent placés à l’égard du droit interne, dans une situation analogue à celle dans laquelle se trouvaient ceux de la troisième paire par rapport au droit externe. Conformément à cela, il faut leur appliquer les remarques faites aux pages lli A llà. En fait, on observe parfois, dans des.condi lions où l’on doit conclure en faveur d’une paralysie complète du droit interne, un léger reste d'adduction, produit par dès contractions alternatives du droit supérieur et du droit inférieur, La éornéè monte et descend en zigzag, et ne se porte de la direction sagittale dans l’adduction, que d’un faible angle, d’environ 8 degrés au maximum. Les mouvements rotai nires qui, pat* suite de l’action musculaire, doivent se rattacher à ce mouvement, sont de beaucoup inférieurs à ceux qui se produisent sous l’action du muscle de la troisième paire, et il est très-difficile, à cause de cela, de les constater avec exactitude. Pour expliquer cette production d'une adduction quelque faible qu’elle soit, il faut admettre que les portions nasales du droit
supérieur et du droit inférieur se contractent dans ce cas, seules ou au moins d’une façon prépondérante. Ce vestige d’adduction manque du reste dans la majeure partie des cas, mémè alors qii’il est possible de démontrer par une autre voie l’intégrité d’action des muscles de la deuxième paire. Cette forme de mouvement paraît d’autant plus pénible à la volonté, que, pendant ïes élévations et abaissements, relativement prononcés, qui acéômpagnèrit l’entrée enjeu des deux muscles vicariants, la fixation de l’objet présenté pour déterminer l’adduction, doit être abandonnée encore bien plus que lorsqu’il s’agit des obliques.
Pour ce qui est des positions intermédiaires en bas à
droite et en haut à droite, comme pour leur production à
l’état physiologique, l’action simultanée du droit interne est
indispensable, ou bien elles manqueront complètement ou
bien elles se produiront d’une façon contraire aux lois. La
première circonstance s’observe nécessairement dès que la
direction légèrement oblique, soit en haut, soit en bas, de
la ligne visuelle qui accompagne l’action isolée, soit dudroit
supérieur, soit du droit inférieur, doit être dépassée du côté droit. La seconde se montre, au contraire,- lorsque l’objet fixé reste à gauche de cette ligne. Comme pour le mouvement rotatoire négatif qui accompagne la position intermédiaire à droite en haut, ou par le mouvement rotatoire positif qui accompagne la position intermédiaire en bas à droite 1 action du droit interne est décisive, ces mouvements rotatoires manqueront aussi dans la paralysie du droit interne, et la position elle-même deviendra anormale.
L objet fixé, lors de paralysie du droit interne gauche, se trouvera, conformément aux lois exposées précédemment, faussement projeté vers la droite , dès que, vu de gauche à droite, il se rapprochera delà direction sagittale, et encore bien davantage s’il dépasse celle-ci. A cela se rattache un
PARALYSIES DES MUSCLES DE l’üEIL.
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vertige précisément clans ce sens, que le malade cherche à éviter par une rotation de la tête vers la droite.
Rapport des deux yeux de l'un à l’autre. — Lorsque les yeux sont dirigés à gauche, le malade se présente comme s’il jouissait d’un regard normal. Au voisinage de la ligne médiane, et déjà même un peu à gauche de celle-ci, 1 œil gauche commence à diverger, et cette divergence se prononce d’autant pins cpie la direction du regard est plus sollicitée vers la droite. Lors de la fixation, avec l’œil malade, il se développe une déviation secondaire divergente et prédominante du côté droit, pour la description plus détaillée de laquelle nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce
sujet dans la paralysie du droit externe.
La diplopie se montre au voisinage de la ligne médiane, même un peu à gauche de celle-ci ; sa limite se rappi oche davantage de la ligne médiane vers la région inférieure du champ de mobilité, vu que dans ce sens la divergence des yeux a en général une tendance à s’amoindrir, tandis que dans la région supérieure la diplopie s’étend davantage dans la moitié gauche. Par suite de cela, afin d éviter la
diplopie, le malade tourne la tête à droite autour d un axe à la fois vertical et légèrement incliné à gauche.
Conformément à l’action musculaire, il s’agit ici d nuages doubles croisées, dont l’écartement, de même que les déviations, s’accroît vers la droite. Tant que le malade tient la tête droite, on ne constate dans la voie horizontale ni ddlerence de hauteur, ni inclinaison des images. Dans les positions intermédiaires en haut à droite et en bas à droite, on observe une très-légère différence de hauteur et une trèslégère inclinaison des images croisées doubles, d’une façon i
PARALYSIE DU MUSCLE DROIT INtËRNK. I /l t
analogue à ce que nous avons dit à propos de la paralysie du droit externe.
La signification de ces phénomènes est également la même ici que là; le mouvement rotatoire négatif qui accompagne la position intermédiaire en haut à droite, se produit par cela même que, à l’aide de l’action du droit interne, à l’élévation simple de la ligne visuelle, se joint la direction latérale vers la droite. Le manque de ce mouvement rotatoire négatif a, sous le rapport respectif des deux yeux l’un à l’autre, la même valeur qu’un mouvement rotatoire en sens positif, auquel correspondrait, par conséquent, une rotation apparente de l’image en sens négatif. C’est de celte façon qu’en réalité une ligne horizontale semble tournée vers la gauche, c’est-à-dire que son extrémité droite paraît élevée, son extrémité gauche abaissée. C’est ce manque de mouvement rotatoire aussi qui explique la différence de hauteur: un point lumineux situé en haut à droite se peindra, dans l’œil gauche, sur une partie temporale de la rétine, dont le lieu correspondant,- à droite, par suite du mouvement rotatoire négatif, tombera au-dessous du plan visuel, et le point lumineux en question sera par conséquent projeté trop haut par l’œil gauche. L’obliquité qu’affectent des lignes verticales accuse d’autre part une direction apparemment en contradiction, c’est-à-dire positive. A l’état physiologique, lorsque la ligne visuelle se dirige à droite en haut, le méridien oculaire vertical s’incline réellement à gauche ; mais comme dans celte même position le méridien perpendiculaire au plan visuel se projette sur une surface verticale avec une inclinaison à droite, d’un degré plus élevé, il en résulte que la projection du méridien vertical de l’œil conservera encore une partie de celte inclinaison. Si dans notre cas de paralysie le mouvement latéral fait défaut, à l'œil gauche, l’image d’une ligne verticale subira une rotation sur son axe vers la droite ; en effet, elle se peint maintenant dans le méridien resté vertical, et se trouve précisément projetée dans le lieu où se projette le méridien vertical du côté droit. C’est pour la même raison que l’image double d’une ligne verticale, dans la position en bas à droite, paraît inclinée en sens négatif. Pour les modifications et les dillerences de hauteur que peuvent subir ces inclinaisons, nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit page 122.
En portant l’objet clans la ligne médiane et par consé-
qiient pendant les. mouvements ayant trait à l’ accommodation, les images doubles croisées restent naturellement partout séparées, car le terrain de ces mouvements se trouve situé à droite de la position sagittale de la ligne visuelle gauche, tandis cpie la limite delà diplopie tombe au contraire à gauche de cette position. Par le défaut de mobilité môme, ,on comprend que l’écartement relatif des images doubles augmente avec le rapprochement de l’objet fixé dans la ligne médiane, et que cet écarteiuent diminue au contraire lorsque l’objet s’éloigne.
Pour obtenir la fusion des images doubles, on a recours à des prismes à sommet externe, prismes abducteurs, absolument d’après les mêmes règles que nous avons indiquées page 123.