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Elle peut se tenir debout étant soutenue de chaque côté

Les jours suivants, l'amélioration fait des progrès tellement rapides, que le 15 avril, elle peut faire seule et sans appui toute la longueur de la salle, et qu'à la Un du même mois, elle aidait les filles de service et sortit de l'hôpital le 7 mai. (Union méd., 10 octobre 1852.)

Cette observation a été recueillie par M. Moutard-Martin. Comment a agi ici l'iiémorrhagie pour la production de la paraplégie? Est-ce comme affection utérine, ainsi que l'auteur semble disposé à le croire, s'appuyant sur l'analogie de certaines paraplégies liées à l'accouchement? Est-ce en tant qu'liéraorrhagie abondante ayant déterminé l'anémie du sujet, et consécutivement des troubles du côté du système nerveux central médullaire? M. Hérard, rapporteur du mémoire de M. Moutard-Martin, reste dans le doute et n'osé se prononcer. Pour nous, le doute ne nous paraît pas possible dans l'espèce : évidemment la paralysie a été produite ici par l'état anémique de la malade. Ce qui le prouve d'une manière incontestable, ce nous semble, c'est que la chlorose ou l'appauvrissement du sang peut donner lieu àuneparaplé-

gie en tout semblable à celle-ci. Or, chez celte femme, le sang n'étaitil pas appauvri, comme l'indiquait le bruit de souffle qu'on percevait dans les carolides'^

Obs. IY. — Une fllle de 18 ans, chloroliqne depuis 2 ans, éprouva pendant le mois d'avril 1825, dans les cuisses et dans les jambes, un fourmillement et une faiblesse qui, malgré les moyens employés, augmentèrent tellement, qu'à la lin du mois de mal suivant, la station était impossible. Elle commença le sirop ferreux le 10 juin; le 25 août, celle fille avait les cuisses et les jambes presque aussi fortes qu'avant sa maladie. (Dusourd, Traité pratique DE LA MENSTRUATION, p. 372.)

Il n'est pas encore possible, dans l'élat actuel de nos connaissances, d'écrire l'histoire complète de cette nouvelle espèce de paralysie: les faits que nous possédons. sont encore trop peu nombreux. Mais il faut espérer, maintenant que l'esprit est éveillé sur ce point, qu'ils ne tarderont pas à se multiplier sous les yeux des observateurs, et que la paralysie cbloro-anémique prendra bientôt la place qui lui convient dans les cadres nosologiques.

En attendant, nous ferons remarquer que cbez la malade de la deuxième observation, la paralysie s'est déclarée rapidement à la suite de plusieurs métrorrhagies menstruelles; que chez les malades de la troisième et de la quatrième observation, elle s'établit, au contraire, d'une manière lente, graduelle et progressive ; cbez celle-ci à la suite d'une bémorrhagie utérine survenue pendant les règles, et chez l'autre à la suite d'une chlorose.

Chez les malades qui ont subi une perte utérine, la paralysie n'affecta que le mouvement ; la sensibilité se conserva dans son état normal; cependant chez l'une d'entre elles (obs. 111), elle paraissait légèrement émoussée. Chez la malade qui fait le sujet de la première observation, il n'est point fait mention de l'état dans lequel se trouvait la sensibilité.

Suivant M. Sandras, la paraplégie chloro-anémique débute ordinairement par les pieds, qui sont obtus et engourdis, alors même que les jambes et les cuisses ont conservé leur sensibilité et leur contractilitô normales; peu à peu elle remonte vers le bassin; et la vessie et le rectum ne commencent à être atteints que lorsque déjà la paralysie des extrémités inférieures est des plus prononcées; elle marche donc de la périphérie au cenlre, bien dillérentc en cela de la paraplégie parlé-

âion delà moelle épinière, qui débute le plus souvent par les organes • du petit bassin.

Une fois développée, elle n'offre pas non "plus, suivant le môme auteur, cette lixité que l'on observe dans la paralysie de cause organique; les temps froids, humides et pluvieux diminuent d'un jour à l'autre et d'une manière notable la force des malades ; le même effet est produit par toute cause d'épuisement, même légère et momentanée.

Enfin, lorsqu'un traitement convenable a amélioré l'état du malade, les parties atteintes en dernier lieu reviennent les premières à la santé; l'engourdissement des pieds, et surtout la paralysie des péronniers latéraux est un des derniers symptômes qui disparaissent ; souvent on la voit persister alors que tous les autres muscles ont repris leur contractilité normale.

On n'a point, que nous sachions, tenté ici des expériences électrophysiologiques à l'effet de s'assurer de l'état de l'irritabilité hallerienne.

Le pronostic de la paralysie chloro-anémique ne semble pas grave, puisque toutes les malades dont nous avons rapporté l'histoire ont guéri assez rapidement.

Quelle est la nature de cette paralysie ? Nous avons déjà dit que l'opinion de M. Moutard-Martin, qui consiste à la regarder comme dépendant d'une affection utérine, n'a point de fondement; elle tombe devant les faits. Chez la malade de M. Grisolle, en effet, l'utérus était parfaitement sain. Elle ne saurait donc, ce nous semble, reconnaître une autre cause que le trouble du système nerveux central par suite de la trop grande soustraction de sang. Sanguis moderator nervorum. La nature de cette paralysie est donc purement nerveuse, et elle réside exclusivement dans les parties affectées et dépend, comme nous l'avons déjà dit, d'une espèce d'usure de l'incitabililé brownienne.

Le traitement doit s'adresser d'abord à l'anémie ou à la chlorose qui sont la cause première de la paralysie. Les toniques, les analeptiques, les martiaux, les frictions sèches, l'insolation, les douches froides sont parfaitement indiqués; et si la paralysie résistait à ces moyens, ce serait alors le cas do recourir à l'usage, tant interne qu'externe, de la strychnine et delà hrucine, à l'extrait du rhvs radicans , et enfin à l'électricité.

§ lY. — PMi-alyaic saturnlno on toxique (1).

La paralysie saturnine affecte de préférence les membres supérieurs, ■et en tout cas plus les muscles extenseurs que les fléchisseurs des membres qui, dès lors, tombent dans la diduction, et prennent l'attitude demi-fléchie. La paraplégie saturnine est très-rare. Sur 36 cas de paralysie saturnine, M. Tanquerel des Planches n'en a trouvé que 15 affectant un ou plusieurs muscles des membres inférieurs et un seul àe véritable paraplégie.

Voici un tableau extrait de l'ouvrage de M. Tanquerel, qui indique la fréquence relative des diverses variétés de paralysie saturnine.

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