CHAPITRE IV
D'agnostic de l’'hémiplégie pneumonique.
L. — LA PNEUMONIE EST LATENTE, — Cetaccident est quelquefois des plus difficiles à reconnaître. Quand un vieillard (obs.xx11, xxvur, xxx), à la suite d’une attaque apoplectique plus ou moius caractérisée est amené dans un état comateux, présentant les symptômes d'hémiplégie, est-il possible d'établir le diagnostic entre une hémiplégie pneumonique et une lésion cérébrale en foyer, hémorragie ou ramollissement ? A cet âge, comme nous l'avons dit, la paeumonie est bien souvent latente, elle évolue sourdement, sans toux, sans expectoration, sans point de côté; l’auscultation est très difficile, elle ne donne souvent que peu de résultats, les signes de la pneumonie étant masqués par ceux de la congestion pulmonaire si fréquente à cette époque de la vie. Dans ces conditions, la cause première des accidents nous paraît impossible à déterminer, et de fait, les cas si nombreux d’hémiplégie pneumonique méconnus pendant la vie sont là pour prouver l'extrême difficulté du diagnostic.
“D'autre part, l'absence fréquente de toute altération du cerveau, etdans le cas de ramollissement cérébral, l’état avancé de la pneumonie ne permettent pas de dire qu'il s'agissait dans ces cas d’une hémiplégie compliquée, comme cela arrive parfois, de pneumonie. Quand un individu (obs. i par exemple), meurt 6 heures après le début de l'hémiplégie et que l’autopsie montre, à côté d’un ramollissement du corps strié, une pneumonie double avancée, il est impossible de prétendre que cette dernière soit consécutive à la lésion cérébrale,
Nous croyons que peut être l'examen de la température centrale, rendrait quelques services : la pneumonie, même latente, s'accompagne toujours d’une élévation de la température rectale
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plus ou moins marquée ; la fièvre, à cet âge estmême souvent le seul signe qui permette de soupçonner une affection du poumon. Si elle existe en même temps que l’hémiplégie, il pourrait y avoir là une présomption en faveur de la nature spéciale de la paralysie. Ainsi que l’a montré M. Charcot (1), on observe dans les lésions cérébrales en foyer des modifications de la température ; dans l'hémorragie, pendant les premières heures quisuivent l'attaque, la température s’abaisse,puis pendantles jours qui suivent,elle oscille entre 310 et 38° sans jamais dépasser ce chiffre, à moins de terminaison fatale ; dans ce cas, il y a pendant les dernières heures une ascension très marquée: le thermomètre marque 39°, 40° même 41°. Dans le ramollissement, l'abaissement initial est beaucoup moins prononcé. Comme on le voit, sauf dans les cas d’une exceptionnelle gravité, il y a toujours une période où la température est voisine de la normale. C’est à ce moment de l’hémiplégie, qu'une élévation continue de la température centrale pourrait peut-être faire penser à une pneumonie.
Il en est exactement de même chez l'enfant ; nous avons assez indiqué, pour n'avoir pas à y revenir, comment àcet âge la pneumonie passait facilement inaperçue tant elle était bien masquée par des troubles nerveux, très souvent des convulsions, très rarement une paralysie. Que l’on suppose une hémiplégie survenant chez un enfant qui ne tousse n1 ne crache, qui n’a pas de point de côté, sa cause véritable sera bien souvent méconnue, d'autant plus que les données fournies par la percussion et l’auscultation sont quelquefois absolument nulles, Mais ici, l’examen de la température a une importance capitale puisque dans les deux cas dûs à Aufrecht, la fièvre avait précédé l'apparition de tous les autres symptômes, de l'hémiplégie qui a élé passagère, et de la pneumonie franche qui s’est montrée ensuite avec toute labénignité qu’elle a d'ordinaire à cet âge. Plus encore que pour le vieillard, c'est là, croyons-nous une donnée dont on doit toujours tenir compte.
(1) CHarcor. C-R., Soc. Biolog., 15 juin 1867, p. 92.