CHAPITRE V
Diagnostic. — Pronostic. — Traitement.
Lorsque pendant la convalescense d’une pneumonie, quelqueois même plusieurs semaines après la défervescence, on verra survenir chez un individu de la gêne pour marcher, de la faiblesse musculaire, on devra soupçonner l'apparition d’une .paralysie déterminée par la pneumonie. Mais il importe de ne pas prendre pour une paralysie véritable la faiblesse généralisée qui accompagne la convalescence d’une pneumonie grave et qui s’explique suffisamment par la déchéance de l'organisme. Il y a des convalescents qui dans leur lit ne peuvent faire aucun mouvement. On reconnaitra la paralysie aux douleurs légères, aux fourmillements qui la précèdent quelquefois, à l’impotence qui débute le plus souvent par les membres inférieurs, à l’atrophie musculaire qui peut dans certains cas coïncider avec une conservation relative de l’embonpoint. D'ailleurs, le plus souvent, comme nous l'avons déjà dit, le malade s’est déjà levé quand la paralysie commence à apparaître.
Lorsque les accidents sonttrès peuaccentués, aux membres inférieurs ils pourraient passer inaperçus. C'est alors que quelquefois un certain degré de nasonnement de la voix, de gêne de la déglutition, fait rechercher la paralysie de voile du palais qui peut marquer le début des accidents. On le voit, le mode de recherche est le même ici que pour la paralysie diphtérique.
Il est beaucoup plus important de déterminer à quel ordre de paralysie on a affaire puisque le pronostie en dépend. Nous avons
vu,en effet, que dans quelques cas, peu nombreux à la vérité, la pneumonie pouvait donner lieu à des affections profondes de la moëlle, à une méningo-myélite, Celle-ci se reconnaitra à la marche plus rapide des accidents, à l’anesthésie plus fréquente et plus profonde, à l’envahissement des sphincters, aux douleurs en ceinture : tous ces phénomènes font défaut dans la paralysie pneumonique que nous avons prise pour type.
Le pronostic est presque toujours favorable. Il est exceptionnel de voir, comme dans le cas de Landry, la mort survenir avec le cortège des symptômes de la paralysie ascendante aiguë à marché rapide. Comme dans la paralysie spinale ascendante subaigue, comme dans la polynévrite périphérique, primitive ou secondaire, on assiste d'ordinaire à une guérison complète. Dans le cas que” nous avons observé, M. Rendu, malgré la perte de:la contractilité faradique, malgré l’atrophie musculaire considérable et la longue durée de l'affection, a toujours porté un pronostic favorable; de fait, le malade est aujourd’hui en voie de pleine amélioration. L'intégrité des muscles de larespiration, l'absence de phénomènes bulbaires et d’eschares constituent un bon élément de pronostic.
Le trailement doit être assez réservé au début: quelques frictions, un peu de massage; à l’intérieur, des toniques, de la strychnine sont alors indiqués. Quand: la période aiguë de l’affection est passée, on pourra avoir recours à l’électrisation galvanique et faradique en ne cherchant à obtenir d'abord que de faibles contractions. Plus tard, les douches, le massage quotidien, les bains sulfureux rendent les plus grands services pour hâter la
guérison.
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