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paralysies de cause cérébrale; le type hémiplégique est le plus fréquent. Une fois cependant nous avons relevé une monoplégie du membre supérieur :
OBSERVATION 11. — Pneumonie du sommet droit. Monoplégie droite. — Aphasie. — Gueérison.Incdite due à la bienveillance de notre maitre M. RENDU.
Le nommé P. H..., âgé de ans, entre à l'hôpital Necker le6 juin 4885; il a été pris trois jours auparavant de frisson violent et d’un point de côté à droite; il a dû cesser tout travail: Le 5 juin, délire.
A son entrée on constate, en arrière au sommet droit de la poitrine un souffle tubaire intense. A ce niveau, il y a une matité très nette, exagération des vibrations thoraciques et broncho-phonie. Crachats striés dé sang.
T. matin 390 6. Soir 400 8. Délire.
7 Juin. Les signes observés la veille ont augmenté d'intensité; le malade présente de la cyanose, du souffle en avant et dans l’aisselle. Saignée de 400 gr.
8 Juin. Le malade n’a plus de délire. T. matin 390.6.Soir 38.8.0n entend pour la première fois des râles crépitants de retour. Râles de bronchite à la base droite.
10 Juin. La température est redevenue normale; le souffle persiste encore mais très atténué.
Il s’est produit depuis la veille une complication. Le malade est dans l'impossibilité absolue de remuer le bras droit. La figure est déviée du côté gauche, le pli naso-labial a disparu à droite; Forbiculaire des paupières est respecté. — Rien absolument au membre inférieur dont tous les mouvements sont conservés.
Aphasie. — L'intelligence est intacte; mais le malade a de la peine à trouver les mots qu’il prononce assez distinctement.
Il n’y a aucun trouble de la sensibilité.
Diagnostic. — Monoplégie du membre supérieur et paralysie du facial inférieur droit. Aphasie.
RR Juin. — Apyrexie complète. Délire très léger pendant la nuit. L’aphasie a considérablement diminué. Il y a encore une très légère déviation de la face.
Pas d’anesthésie pharyngte.
Le malade se trouve bien ; il peut raconter que l’avant veille il n’a pas perdu connaissance, mais il a senti que son membre supérieur droit devenait progressivement de plus en plus lourd.
Les seuls signes physiques qui persistent sont les suivants: rudesse du
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murmure vésiculaire en avant; en arrière, après les grandes inspirations, bouffées de râles crépitants. ;
23 Juin. In'y a plus d'aphasie ni de déviation de la face. Au dynamomètre, main droite 24; main g. 34. Le malade était droitier.
26 Juin. Guérison complète de la monoplégie.
Ainsi, dans cette observalion, la monoplégie droite a coïncidé avec l’aphasie. Il en est de même dans l'observation xxxv. La coexistence de l'hémiplégie droite et de l’aphasie estun fait sur lequel il importe d'appeler l'attention puisque nous le relevons dans trois observations.Au total, sur 10 cas de paralysie à type hémiplégique ou monoplégique il y en a cinq où l’aphasié a été signalée. Cette aphasie a tous les attributs de l’aphasie vulgaire. Le malade de l'observation xxxv était dans l'impossibilité de parler, ou plutôt, il lui fallait un temps très long pour trouver ses mots; il y a des idées qu’il ne pouvait exprimer, des objets familiers qu’il ne pouvait désigner par leur nom. Ilen est de même de celui de Carrieu : (obs. vi); chez lui il existait de plus de la cécité verbale, impossibilité d'écrire un mot sans omettre une ou deuxlettres, quelquefois même une syllabe.
L?s { oubles de la sensibilité ont été recherchés .dans tous les cas, auf dans l'observation xxx11 qui est incomplète à ce point de vuc. Deux fois seulement, il y avait de l’anesthésie.
Comme nous le disions, ce qui donne à ces paralysies de l'adulle leur caractère distinctif, c’est leur bénignité. Elles ne persis” tent jas; quelquefois même elles sont essentiellement éphémères. Chezle malade de Carre qui succomba en huit jours aux progrès de sa maladie, l’aphasie et l’'hémiplégie droite avaient disparu au bout de 48 heures. Dès le deuxième jour, il y avait amélioration chez le malade de M.Rendu. Le cas d'Aufrecht est encore plus curieux : È
OBSERVATION Il. — Preumonie du sommet gauche. — Hémiplégie gauche durant quelques heures: AUFRECHT. Arch. f. Kinderheillkunde, 1889. $. 242 (résumée).
Fille, âgée de deux ans et demi.
Bien portante jusqu'au 24 mai 1884. Ce jour-là,les parents remarquent sa pâleur. Dans l'après-midi, vomissements, le soir fièvre très-élevée et délire.
Le lendemain matin, la bouche est agitée de petites secousses convulsives; dans la soirée, paralvsie complète de la moitié gauche du corps e mouvement de va et vient de la tête très marqué.
Quelques heures après, disparition de la paralysie qui avait été constatée très nettement, mais les mouvements de la tête persistent.
Vingt-quatre heures plus tard, la toux apparaît — le lendemain, perte de connaissance ; l'enfant est tout à fait apathique. ,
Le31 mai, quand on examine l'enfant, elle est dans un état demi comateux; matitè et souffle dans la fosse sus-épineuse gauche. Pouls fréquent et réoulier. Pas de roideur de la nuque.
Au bout de quelques jours convalescence définitive.
Iei donc, la paralysie qui s’était montrée avec tout un cortège d'accidents fébriles et de troubles de la santé générale avait déjà disparu quand la pneumonie du sommet a pû être reconnue.
Une fois seulement le malade a quitté l'hôpital sans que la guérison fut complète. Dans tous les autres cas, l’hémiplégie dûment constatée, n’a duré que quelques jours au plus, parfois même quelques heures.
Faissons remarquer que dans les deux cas d’hémiplégie pneumonique de l'enfant, il s'agissait de pneumonie du sommet. La fréquence des accidents cérébraux est telle dans cette variété que Rillietet Barthez ontpû lui donner le nom de pnèeumonie cérébrale; ils lui décrivent deux formes, une forme éclamptique et une forme méningéé et ils signalent ce fait, que très souvent les symptômes cérébraux éclatent bien avant que la pneumonie ne soit déclarée, Ils ont vu fréquemment le début de la pneumonie marqué par des convulsions à la suite desquelles 1l se produisait des paralysies des membres passagères, les signes physiques
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de l’inflammation du poumon n’apparaissant souvent, on le sait, que du 3° au 5° jour. La pneumoniene doit pas être étrangère à quelques hémiplégies de l'enfance. C’est du moins ce qui ressort d’une statistique que nous empruntons à Sachs et Peterson(1). Ces auteurs ont relevé 83 cas d'hémiplégie infantile acquise qu'ils ont examinés au point de vue du facteur étiologique ; ils ont trouvé que la pneumonie devait être incriminée 6 fois, les convulsions 20 fois, la coqueluche 4 fois, etc. La cause de l’hémiplégie n’a pu être retrouvée dans 26 observations.
L'hémiplégie pneumonique infantile, quoique fort rare, n’est donc, peut-être pas absolument exceptionnelle. Mais sa cause véritable a dû être méconnue dans un bon nombre de cas : la difficulté de l’auscultation chez l’enfant, la bénignité si grande à cette époque de la vie de la pneumonie franche, le peu de symptômes auxquels elle donne lieu, l'absence de toux et HR TE tion suffisent à expliquer cette erreur.
(1) Sacas et PeTERsoN. A study on cerebral pasies of carly life in Journal of nervous and mental diseases, New-York 1890, p. 295.