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CHAPITRE CINQUIÈME

PARALYSIE PYOÉMIQUE.

Outre le mal de Bright, il existe aussi dans l’état puerpéral une autre maladie où les douleurs sur les membres et les articulations sont fréquentes.

Le rhumatisme puerpéral, tel qu’il a été décrit par beaucoup de médecins contemporains, ce rhumatisme qui suppure n’est autre chose que ce que l’on a décrit sous les divers noms de phlébite, métro-péritonite, fièvre puerpérale, infection, diathèse, fièvre purulente des femmes en couches. Quelque soit le nom que l’on donne à cette maladie puerpérale caractérisée par la tendance à faire du pus en des points multiples de l’économie, il n’en est pas moins vrai que la paralysie se rencontre aussi quelquefois dans cet étal morbide. C’est pourquoi je la nomme paralysie pyoémique, pour la distinguer des autres par la lésion même qui caractérise l’espèce pathologique dont elle est parfois le symptôme.

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Obs. XXX IX. — Phlébite des veines et sinus utérins, phlébite des veines des membres inférieurs, et de la veine cave inférieure, phlébite cérébrale; apoplexie cérébrale, apoplexie pulmonaire; pleurésie purulente; péritonite.

N..., vingt et un ans, accouchée naturellement le 13. Tombée malade le 15.... Le 11 du mois suivant, la malade a eu du délire. Céphalalgie intense, un peu de paralysie du bras droit; la malade ne peut pas diriger ses mouvements ; intelligence nette. Le lendemain, paralysie incomplète du bras et de la jambe du côté droit. Morte le 15.

Obs. XL. — Hémiplégie gauche ; paralysie du moteur oculaire commun du côté droit ; abcès métastatique du cerveau ; injection de la substance cérébrale, suppuration des sinus.

N..., vingt-trois ans, accouchée heureusement le 12 septembre, bien portante les jours suivants; psise de frissons les 22 et 23, céphalalgie. Le 25, yeux un peu rouges. La malade pleure parce qu’elle s’ennuie. Le soir, physionomie hébétée, coloration jaunâtre de la peau, sclérotiques normales, céphalalgie frontale arrachant des cris à la malade.

Le 28, paralysie du bras et de la jambe gauches, l’œil est presque complètement fermé, strabisme externe de l’œil droit, parole embarrassée, intelligence obtuse. Mort le 30 (1).

Je me contente de ces deux observations comme spécimen. La paralysie trouve ici son explication naturelle dans les lésions décrites. Il me serait facile de citer un plus grand nombre d’observations h ce sujet, quoique ces faits de paralysie soient assez rares dans la fièvre puerpérale ou purulente des femmes en couches. On trouve aussi des faits analogues dans les nombreuses observations d’infections ou fièvre purulente à la suite des opérations, ou de fièvre purulente spontanée.

Il existe donc une paralysie pyoémique puerpérale; mais ce fait même m’amène à examiner les rapports de l’albuminurie avec la fièvre puerpérale (phlébite, fièvre purulente, diathèse purulente des femmes en couches), question qui a ôté à peine entrevue et étudiée, et qui me semble mériter une attention toute particulière.

Les nombreux auteurs qui ont traité de l’éclampsie ont souvent noté (jue celte maladie se terminait par péritonite, fièvre puerpérale, fièvre purulente, phlébite, etc.; il existe à ce sujet un nombre considérable d’observations tant pour l’éclampsie que pour le mal de Bright puerpéral sans convulsions (*2).

(1) Sylvain Témoin, La Maternité de Paris pendant l’année 1859. Thèse de Paris, 1859, n° 262, obs. I et XIII.

(2) Voici quelques observations qu’on peut consulter à l’appui : Devilliers et Regnauld, obs. I, II, IX, XIII, XX; Prestat, obs. III, V, VH. — M. Blot cite dans sa thèse une observation de femme albuminurique morte de péritonite le cinquième jour de ses couches. Braun a noté cinq femmes éclamptiques mortes de fièvre puerpérale. M. le professeur Stoltz de Stras-

Il y a cinquante ans, ccs questions étaient loin d’être à l’ordre du jour, et Gasc dans un bon recueil de mémoires sur les accouchements, en citant une observation d’éclampsie pendant la parlurilion, suivie quinze jours après de mort par péritonite, voulait considérer celte mort comme absolument indépendante de l'accouchement (1).

Aujourd’hui cela n’est plus possible, et dans de semblables faits, il faut voir une métaploseou un mélaschématisme évident, ou pour parler un langage moins grec, il y a là une succession morbide des plus remarquables, qu’on ne saurait trop étudier.

Sans doute, l’hématologie moderne trouve une explication à cette conversion de maladie dans une autre, dans la superfibrinalion du sang naturelle à l’état puerpéral. D’un autre côté, dans le mal de Bright, en dehors de la gestation, la môme disposition aux inflammations locales existe également pour faire le pendant de la diathèse purulente si souvent consécutive à l’albuminurie puerpérale. Quoi qu’il en soit de ces données générales, il n’en reste pas moins sur ce rapport entre l’albuminurie et la fièvre puerpérale, une foule de questions obscures qui ont besoin d’être élucidées par une plus ample observation ; car il n’y a pas seulement succession et conversion de maladies; il existe encore, d’après de nombreux faits, réellement concomitance, association, ou marche parallèle de deux états pathologiques distincts, qui cependant fusionnent. Il n’entre point dans mon plan de poursuivre plus loin celle question. J’ai dû la signaler parce qu’on trouve des faits de paralysie et dans l’albuminurie et dans la fièvre puerpérale prise isolément, aussi bien que dans leur état de succession et d’association.

Àlph. Leroy, dans ses mémoires sur les fièvres aiguës sporadiques, a décrit une fièvre de lait maligne, où, à côté du délire, des convulsions, il note aussi la paralysie et les dépôts laiteux.

bourg a nommé cachexie séreuse puerpérale la forme commune du mal de Brighl puerpéral sans convulsions; plusieurs de ses élèves ont soutenu de bonnes thèses sur cette question : voir entre autres Laulh, thèse de Strasbourg, 1852, obs. XIII, XIV; G. Lévy, thèse de Strasbourg, 1857, obs. I, II.

(1) J. -Od. Gasc, Recueil de plusieurs mémoires et observations sur divers points de doctrine de l'art et science des accouchements. Paris, 1810, obs. VI, p. 174.

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