PARALYSIE ANÉMIQUE
Je donne le nom de paralysie anémique à la paralysie que l’on peut rattacher soit à la chlorose, soit aux hémorrhagies utérines.
Il existe, comme on le sait, des cas de paralysie dans la chlorose; or la chlorose se rencontre également dans la' grossesse ( chlorosis gravidamm). Il y a de plus dans la chlorose une autre cause de paralysie, c’est l’hystérie elle-même qui en est la fréquente compagne. Je me contente de constater ces faits qui sont liés à la paralysie nerveuse ou hystérique dont je parlerai plus lard, pour aborder tout de suite la paralysie, suite d’hémorrhagie utérine.
Il y a bien longtemps que la paralysie a été signalée dans le cas d’hémorrhagie. Galien la note parmi les nombreux symptômes qui accompagnent les grandes perles de sang. Cependant la plupart des séméiologistes, tant anciens que modernes, l’ont passée sous silence, se contentant de parler des convulsions et de quelques autres symptômes.
Storck (1) citel’obscrvalion suivante : « Femina ex nimiauteri hæmor- » rhagia apoplexia deprehendilur, et latus dextrum paralysis occupât, » et post 1res horas inter convulsiones accedit mors. »
M. Bataille a publié une observation de paralysie intermittente du côté droit chez une femme prise d’hématémèse (2). J’ai vu moi-même une femme sujette à des perles continuelles à l’époque de la ménopause, accuser plusieurs fois passagèrement de 1 insensibilité et de la dyscinésic dans les extrémités supérieures.
M. Raoul Leroy (d’Étiolles) (3) rapporte deux observations de paralysie des membres inférieurs, suite d’hémorrhagie utérine en dehors de la grossesse.
Mais en est-il de même dans les hémorrhagies utérines de l’état puerpéral ? Il y a disette d’observations à ce sujet. Gorter disait cependant :
(1) Annus medicus. Amslelocl., 1779, t. I, p. 129.
(2) Journal des progrès des sciences médicales, 1830.
(3) Des paralysies des membres inférieurs, ou paraplégies, Paris, 1856, 1" partie, obs. XLVII et XLVIII.
« lnlelligimus inde... cur ex lochiis nimiis profluentibus, aliisque » evacuationibus quandoque paralysis (1). »
J’ai parcouru un grand nombre de traités d’accouchement, et tous font silence sur ce point de symptomatologie. Nulle part il n’est question de la paralysie consécutive à l’hémorrhagie. Tous se contentent de mentionner la disposition lipothymique, la chloro-anémie, parfois les convulsions, l’anasarque et la faiblesse générale. On a indiqué seument comine effets consécutifs l’affaiblissement de la vue et de l’ouïe, mais non la paralysie des extrémités.
Je n’ai même trouvé que deux observations à ce sujet. Dans l’une on note seulement une abolition complète de la sensibilité et du mouvement au moment môme d’une mélrorrhagie foudroyante (2); et dans l’autre, c’est une paraplégie à la suite d’hémorrhagie utérine, produite par une fausse couche présumable (3). Il est remarquable que Latour, dans son Histoire des hémorrhagies , où il donne plus de 900 observations, y compris un certain nombre de cas de métrorrhagies puerpérales, ne cite pas uncas de paralysie, suite d’une hémorrhagie quelconque (4).
S’il y a un desideratum sur ce point, il sera peut-être comblé par l’observation ultérieure. J’en signalerai encore un autre à propos de la mélrorrhagie. Quels sont les rapports des perles utérines avec l’albuminurie puerpérale? 11 y a là une question peu connue, peu étudiée, et qui cependant mérite de l’être. M. Blot est le seul médecin qui l’ait encore abordée dans sa dissertation inaugurale sur Y Albuminurie des femmes enceintes (Paris 18/19).