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CHAPITRE NEUVIÈME

Miscellanêes.

A. M. Eeudet a publié, en 1858 (1), des recherches cliniques sur l’influence des maladies cérébrales sur la production du diabète sucré. Il cite, à ce sujet, des observations de paralysies pendant la grossesse ayant déterminé plusieurs mois, ou même plusieurs années après, le diabète. C’est là un effet consécutif remarquable. Reste à déterminer si la glycosurie des femmes enceintes ne joue pas un certain rôle dans la genèse des paralysies puerpérales : on sait, du reste, que le diabète s’accompagne aussi parfois d’albuminurie.

B. Faut-il rapporter à une fièvre intermittente larvée l'observation suivante? Des faits semblables ont été signalés par les anciens observateurs, principalement sous le nom de fièvre intermittente soporeuse (2).

Obs. XLVIII. — N... femme, âgée de vingt-quatre ans, accouchée naturellement de son second enfant, le 3 février. Le 5, vers m di et sans cause connue, fourmillements dans les pieds qui gagnent les jambes, les cuisses, le tronc et les membres supérieurs. La langue se prit et devint tellement embarrassée que la malade ne pouvait presque pas sc faire comprendre ; impossibilité de mettre un pied devant l'autre. Fièvre, grande difficulté d’avaler. Elle voyait qu’on lui remuait les membres, mais n’en avait pas le moindre sentiment. 11 existait en un mot une paralysie générale. A trois heures de l’après-midi, cessation de la fièvre; la paralysie disparaît et tout rentre dans l’ordre.

Le G, à trois heures du malin, chaleur et sueur : la paralysie générale reparaît comme la veille et ne dure que cinq heures.

Le 7, à trois heures du soir, la paralysie reparaît avec fièvre et dure six heures. Sulfate de quinine.

Le 8, à trois heures du soir, même paralysie qui dure huit heures; même traitement. A partir de ce moment, elle cesse entièrement (3).

G. A quelle espèce de paralysie faudrait-il rapporter l’observation suivante? Est-ce à la paralysie générale, à la congestion, ou méningite rachidienne?

(1) Gazette médicale.

(2) Ch. Lepois, Selecliorum observationum et consiliorum liber singularis, t71/|, obs. XVI. l)e parapoplexia, 1. Febre tritosoph. comatosa.

(3) Gazette médicale de Toulouse , 1853.

IllBERT-ffiOSAKEÏKIË.

Obs. XLIX. — F..., trente etun ans. Accouchement naturel le 2 mars. La grossesse et l’accouchement avaient été fort heureux. Suppression des lochies le troisième jour, convalescence sans retour de l’écoulement, sortie le douzième jour de la Maternité. Elle avait repris au bout de huit jours du service dans une nouvelle maison, lorsque le 1er avril, après s’être bien portée en apparence jusque-là, elle eut des fourmillements dans la main et le pied du côté gauche, puis du côté droit. Entrée le 2 à l’Hôtel-Dieu. Paralysie presque subite du mouvement des quatre membres; conservation de la sensibilité; nulle lésion des fonctions intellectuelles ; dyspnée de plus en plus grande. Morte le 3 par asphyxie. Congestion peu marquée des vaisseaux rachidiens; cerveau et moelle épinière intacts. (Observ. communiq. par Dance.)

Los congestions sanguines vertébrales, dit M. Ollivier (d’Angers), en publiant celte observation de Dance, sont le plus souvent causées, chez les femmes, par la suppression d’une évacuation habituelle, et il est d’autant plus probable qu’iei la suspension brusque des lochies a été la cause première, quoique éloignée de tous les accidents qui ont été si rapidement suivis delà mort qtteM. Dance m’a dît avoir observé plusieurs fois, à r Hôtel -Dieu, les mêmes accidents chez les femmes en couches à la suite de semblable suppression, ou bien de celle du lait, de la transpiration cutanée, etc. (i).

D. Depuis plus de dix ans, on s’est occupé beaucoup dos obstructions vasculaires causées par des caillots fibrineux formés dans le cœur ou les grands vaisseaux, et qui, étant entraînés par le torrent circulatoire, interceptent le mouvement sanguin sur des points divers, en produisant des accidents variables ; ce sont les embolies, d’où on a fait embolisme.

Ces faits ont surtout été étudiés par Virchow, et les médecins anglais Kiikes, Ruhle, Tufïnel et Simpson. Kirkes, en particulier, a cité trois faits d’hémiplégie par embolisme cérébral. Simpson a l'un des premiers signalé des paralysies puerpérales dues à cette cause, témoin l’observation suivante (1).

Obs. L. — N..., six semaines après sa délivrance, se trouvait dans un état de demi-élisie due à l’allaitement. Elle avait en même temps dans les lombes des douleurs obscures, ressemblant à du rhumatisme, ainsi que dans un mollet, ce qui avait fait craindre un abcès. Ces symptômes disparurent sous l’influence d’un régime fortifiant, lorsqu’elle fut frappée tout à coup d’une hémiplégie du côté droit, sans symptômes de congestion cérébrale. On soupçonna

(1) Ollivier d’Angers, Traité de la moelle épinière et de ses maladies, 1827, obs. LV1U).

(2) Simpson, The obstetric memoirs and contributions, Edinburgh, 1856, t. II, p. 3/f.

«ne embolie. L’auscultation du cœur accusait un bruit de souffle îâpeux. A l’autopsie, végétations nombreuses dans le cœur. Embolie dans l’artère cérébrale moyenne.

Simpson cite d’autres observations de paralysie locale puerpérale (obs. IX, X et XV), et note, parmi les symptômes des embolies des extrémités la cessation du pouls au-dessous de l’obstruction, l’augmentation du pouls au-dessus, la diminution de température du membre, la paralysie, la névralgie et la gangrène des extrémités, ensemble symptomatique qui peut servir de diagnostic en pareil cas, pour distinguer les paralysies de l’embolisme, des autres variétés de paralysie puerpérale.

Le médecin anglais rattache ces faits au rhumatisme et à l’albuminurie, se fondant sur ce que ces deux dernières maladies bois l’état puerpéral sont une cause fréquente d’embolie. Or, dans la grossesse, le sang se trouve dans les mêmes conditions que dans le rhumatisme et l’albuminurie.

Il existe, du reste, un assez grand nombre d’observations d’embolies dans le mal de BriglU extra-puerpéral. M. Lebcrl vient d’en publier un nouveau cas (1) avec apoplexie et paralysie du côté droit. C’est donc un genre de lésions qui peut accompagner la paralysie urémique, et lui servir au besoin d’explication. Il faut en tenir compte, tout en affirmant que ce processus, grossièrement mécanique, ne peut pas donner la clef de tous les accidents cérébraux du mal de Bright.

E. Nous avons déjà dit, dans la partie historique de ce mémoire, que Aétius avait probablement entrevu la paralysie puerpérale due au phlegmon des fosses iliaques.

On en trouve une belle observation dans Van Swielen : « Vidi in «ra-

» vida quæ et hydrope anasarca laborabat, dolorern orlurn in dexlro » ilio satintensum. Posl partum prodiit. per vulvam pus olidissimum, » quod copia minori sensim et postea album, inodorum fluxit quotidie » ad septimum a parlu mensem risque : adorai sirnul cruris et femoris » dextri imbecillilas. »

Les phlegmons des fosses iliaques ont été étudiés dans le siècle dernier par Delamotte, Ledran, Levret, Bourienne, Puzos et Deleurye, et de notre temps par Dupuylrcn, Dance, Husson, Ménière, Grisolle, Del-

(1) Gazette médicale, 1860, n° 6.

IMBEIlT-GOïlIiltElBE.

haye, H. Bourdon, etc... On sait que, dansla plupart de ces cas, il existe une flexion de la cuisse sur le bassin, avec difficulté, ou impossibilité de mouvoir le membre. Mais ici, il n’y a pas, à proprement parler, paralysie ; elle est purement mécanique, à raison de la présence du phlegmon dans les fossés iliaques. Aussi, dans le grand nombre d’observations publiées à ce sujet, n’esl-il jamais question de la paralysie du membre inférieur, mais de la rétraction de la cuisse sur le bassin, sans parler de la paralysie de la sensibilité que nul auteur n’a constatée. Il faut donc rayer ces prétendues paralysies du nombre des paralysies puerpérales, ou ne les accepter que comme des paralysies incomplètes.

Toutefois, on peut rencontrer la complication du phlegmon des fosses iliaques dans l’albuminurie mémo des femmes en couches, comme on peut en lire une observation dans la thèse de M. Lécorché (obs. X1Y), nouvelle preuve de la tendance du mal de Bright à engendrer des phlegmasics sur des points divers de l’organisme.

F. Voici une dernière observation que je viens de trouver dans une thèse. Elle se rapporte évidemment à la paralysie urémique.

Obs. LI. — Cath. J..., trente-trois ans, accouchée depuis peu de son huitième enfant le 1er janvier 1820. Elle eut l’imprudence de se lever la nuit et de marcher sur le carreau les pieds nus. Dès lors, suppression des lochies, fièvre, douleur épigastrique, palpitations. Le lendemain, on trouve la bouche déviée du côté droit; paralysie complète du côté gauche. La malade est apportée à la Clinique de la Faculté; morte deux mois et. demi après son entrée. Symptômes principaux qui ont toujours été observés, lividité des lèvres et de la face, orthopnée, palpitations fréquentes, de temps en temps des convulsions, vomissements répétés, épigastre toujours douloureux. A l’autopsie, membres abdominaux infiltrés; épanchement séreux dans les ventricules; les parois du ventricule droit sont en bouillie. Cœur hypertrophié (1).

Je termine par l’indication d’un certain nombre de cas de paralysies et d’apoplexies puerpérales, recueillies çà et là, tant dans les anciens auteurs que dans les modernes. Ces faits de paralysie étant rares, il y a tout avantage à les signaler en les compilant :

1° Observation de paralysie survenue pendant là grossesse (2) ;

2° Observation d’apoplexie après l’accouchement (3) ;

(1) T.avier, Thèse de Paris, 1821.

(2) Laz. Riverii, Observ. mcdic., cent. 2, obs. XCVIll.

(3) Acta nat. curiosorum, dec. 2, anr.o 5, obs. CXV.

3° Observation d’apoplexie après l’accouchemenl (1) ; k° Observation d’apoplexie pendant la grossesse (2);

5° Deux observai ions de paralysie post-puerpérale (3) ;

6° Observation de paralysie pendant la grossesse (4);

7° Observation d’apoplexie laiteuse (5);

8° Observation d’apoplexie après l’accouchement (6) ;

9° Idem (7);

10° Observation d’hémiplégie après l’accouchement (8) ;

11° Observation de paraplégie survenue après l’accouchement (9);

12° Observation d’apoplexie après l’accouchement (10);

13° Observation de paralysie après l’accouchement (11) ;

1 k° Observation (12) ;

15° Observation de paralysie, suite d’hémorrhagie cérébrale à trois mois de grossesse (13).

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