‹ Des paralysies puerpéralesChapitre 8 sur 20 · III. — PARALYSIE DE L’OLFACTION, DD GODT ET DE LA VOIX · texte numérisé non relu

III. — PARALYSIE DE L’OLFACTION, DD GODT ET DE LA VOIX

La plupart des auteurs qui ont traité de l'éclampsie ont parlé en général de l'anosmie, à côté de l’amaurose et de la surdité, comme suite des convulsions puerpérales. Je ne connais aucune observation particulière à ce sujet, tant comme prodrome que comme effet consécutif plus ou moins durable.

Quant à la paralysie du goût, je n’ai pu trouver que les deux observations suivantes.

Obs. V. — Nous avons vu avec M. C..., la femme d’un traiteur dont la moitié du visage fut frappée de paralysie au commencement du neuvième mois. Les paupières et tous les muscles de la joue gauche étaient dans le relâchement... Cette femme éprouvait aussi'une telle perversion dans le goût, que toutes les substances placées sur sa langue, même le sel, le poivre et le vinaigre, lui paraissaient douces comme du sucre et du miel (1).

On ne peut quesoupçonner l’origine urémique de celte paralysie dans l’observation de Capuron; elle est incontestable dans le fait suivant rapporté par M. Liégey.

Obs. VI. — N..., primipare, accouchement à terme, avec attaque d’éclampsie. L’auteur, qui considère ses convulsions comme une fièvre 'pernicieuse éclamptique, lui fait avaler après l’attaque un mélange de kina et de sulfate de quinine, à l’endroit duquel elle ne manifeste aucune sensation. Quelques heures après, seconde dose, alors que la connaissance est revenue avec la parole. Le sens du goût a reparu ; aussi le mélange est-il trouvé très amer (2).

Quant à la paralysie de la voix, ou aphonie, je ne connais que deux observations : l’une est de M. Prestat (obs. 3) : après la période comateuse de l’éclampsie, la malade reprenait bien connaissance, la vue, le toucher, l’odorat, l’ouïe et le goût s’exerçant sans difficulté, mais elle s’obstinait à ne répondre que par signes, ne prononçant quelques paroles que de loin en loin: aphonie qui ne fut que passagère.

L’autre observation fournit un exemple d’aphonie plus durable, en même temps que de paralysie des extrémités: il s’agit d’une femme primipare, âgée de trente-cinq ans, dont les couches furent suivies d’une paralysie de tout le côté droit sans convulsions antécédentes. Le

(1) Capuron, Traité des maladies des femmes , 1812, p. û59.

(2) Annales méd. de la Flandre occid., 1855-56, 15e liv.

mouvement et le sentiment se rétablirent peu à peu, mais il resta un mutisme qui finit parcéder à l’emploi du chenopodium ambrosiodes (Ï).

Il résulte de tout ce que nous avons dit sur la paralysie urémique des sens spéciaux, que c’est surtout l’amaurose qui apparaît le plus fréquemment, et après elle, la surdité; que ces deux espèces de paralysies surviennent comme prodromes, ou suites de l’éclampsie le plus habituellement, quoiqu’elles se rencontrent également dans le mal de Bright puerpéral non convulsif; enfin que, habituellement passagères, elles peuvent par exception devenir permanentes. Quanta la paralysie de l’odorat, du goût et de la voix, il ressort de l’observation qu’on ne l’a pas encore sérieusement constatée en dehors des accès d’éclampsie ni comme prodrome, ni comme effet consécutif.

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