‹ Des paralysies toxiquesChapitre 12 sur 26 · PARALYSIES PAR LE SULFURE DE CARBONE. SS · texte numérisé non relu

PARALYSIES PAR LE SULFURE DE CARBONE. SS

Bproduit aussi, par voie expéri moniale, des myélites plus ou Bfnoiiis diffuses, Scolozouboft' affirme une fois de plus la Inature centrale des paralysies arsenicales et récuse l'in- Lflence de toute lésion périphérique. Et voilà comme quoi |il arrive à admettre une " myélite aiguë centrale » ou une Im myélite difTuse généralisée ». Enfin, pour éliminer la ■ part d'influence qu'on pourrait imputer aux névrites péri- B^hériques, il reproduit cette conclusion de Popoil : «Le ■système nerveux périphérique, dans l'intoxication aiguë

produite par l'arsenic, le plomb et le mercure, reste à l'état faormal. » Nous connaissons assez les altérations de la

oévrite saturnine pour ne tenir nul compte de cette dernière ^affirmation ; et puis, Jaeschke et Da Costa ont vu la névrite larsenieale. Leur analyse histologique est très incomplète, Pmais peu importe : la constatation de Taltération grossière (suffit.

Paralysies par le sulfure de carbone

Un récent travail de Sapelier (1) parait démontrer que

le sulfure de carbone n'a, par lui-même, aucune influence

toxique. Les empoisonnements chroniques qu'on attribue

à cette substance seraient le fait de l'hydrogène sulfuré,

qui se produit par décomposition des vapeurs de sulfure

de carbone au contact de l'air, ou qui est contenu dans le

sulfure de carbone impur. Mais comme l'action novice de

■l'hydrogène sulfuré ne s'exerce guère que chez les ouvriers

Iqui emploient le sulfure de carbone dans la fabrication

mia caoutchouc, c'est toujours cette dernière substance

■qu'il faut incriminer.

Tous les auteurs, qui ont étudié le sulfure do carbone, tau double point de vue do l'Iiygiène professionnelle et do

(i) Thèsf, P»ris, 58S3.

la toxicologie, Bouchardat (1), Duchenne (2), Delpech (3), ont reconnu son influence paralysante. Ici encore, comme dans le cas de l'intoxication par la vapeur de charbon, la paralysie est le plus souvent perdue dans un ensemble très complexe de phénomènes nerveux d'origine encéphalique et médullaire. On peut compter les cas dans lesquels la paralysie a été Tunique phénomène de l'intoxication nerveuse. La thèse récente de Bonnet (4) est le meilleur travail qu'on puisse consulter sur ce sujet.

Localisations C'cst par Ics membres inférieurs que la paralysie débute

paralytiques.

le plus souvent (Delpech, Rendu, Berbès (5), Bonnet). Elle consiste plutôt en une parésie motrice, accompagnée de troubles de la sensibilité, qu'en une paraplégie vraie. Souvent les malades éprouvent une pesanteur particulière dans les jambes, comme une sensation de fatigue, qu'ils comparent à celle que pourraient produire des poids attachés aux pieds. « Ils sont obligés de prendre un point d'appui sur les objets avoisinants, pour se guider dans leur marche. La même fatigue est souvent sentie au niveau des membres supérieurs; les mains deviennent faibles et maladroites. Le malade ne peut plus serrer avec vigueur, ni porter un objet tant soit peu pesant. Quelquefois, au lieu d'être généralisée, la parésie se répartit dans certains groupes musculaires (Bonnet). » A Tinverse de ce qu'on observe dans les précédentes intoxications, les groupes fléchisseurs semblent être atteints en premier lieu. On constate un état parétique assez prononcé des fléchisseurs communs des doigts et des muscles anti-brachiaux antérieurs. Aussi la main est-elle dans l'extension. Pour la même raison, les mouvements de pronation et de supination sont

(1) Cours de la Faculté, Paris, 1852.

(2) Arch. gén., 1853.

(3) Ibid,, 1856 et 1863.

(4) Thèse, Paris, 1885.

(5) Soc. clin., 1884.

Page 1