PARALYSIES FAR LE SULFURE DE CARBONE. S
aiïaiblis. Les muscles long et court siipioateui's sont parésiés. mais non paralysés. L'impossibilité d'exécuter les mouvements d'abduction et d'adduction des doigts, même lorsque la main repose horizontale sur un plan résistant, indique l'impuissance fonctionnelle des muscles interosseux. Par contre, aux membres inférieurs, la parésie porto surtout sur le triceps crural et les extenseurs des orteils.
On voit que cette paralysie est loin de présenter des localisations systématiques. Elle n'est pas moins irréguliëre dans son évolution. Elle apparaît tantôt en quelques jours, tantôt en quelques semaines. Les réilexes tendineux sont quelquefois abolis (Berbès, Rendu). Plus souvent, ils sont exagérés (Rendu, Bonnet).
La forme paraplégique semble la plus ordinaire, mais glle est presque toujours combinée avec d'autres localisations multiples et plus ou moins disséminées. Vient ensuite, par ordre de fréquence, le type hémiplégique. Dans ce cas, comme dans l'intoxication par l'oxyde de carbone, l'hémiplégie affecte un ensemble de caractères qui rend inadmissible l'hypothèse d'une localisation cérébrale. L'impuissance motrice a beau être localisée à une moitié du corps, la prédominance de la paralysie dans certains groupes de muscles implique la participation pathogéniquc d'une altération des nerfs. La généralisation des paralysies doit être tout à fait exceptionnelle, car nous n'en avons vu relaté aucun exemple dans les monographies.
L'atrophie musculaire paraît ne pas devoir être non plus une complication fréquente. L'examen électrique cependant est de nature à faire croire qu'elle peut atteindre une certaine intensité. Huguin (1) formulait dès 1874 la règle suivante : H L'affection sera grave et difficile à guérir, quand on verra que les muscles paralysés ne se contractent pas
(l) Tliêsp, PoHe^, 187i.
Symptômes accessoires.
Pseudo-tabes.
SOUS rinfluence des courants induits, mais qu'ils se contractent sous un faible courant continu, moins fort que celui qui serait nécessaire pour faire contracter les muscles sains. »
Enfin, ce qui domine beaucoup les troubles paralytiques de la périphérie, c'est l'assemblage des désordres cérébraux et des manifestations spinales. En effet, l'affaiblissement de rintelligence, les vertiges, la perte de la mémoire, les troubles de la vue et de l'ouïe, l'anorexie, l'anaphrodisie, rhyperesthésie généralisée et compliquée de fourmillements, de brûlures, etc., masquent le plus souvent l'impuissance musculaire, surtout localisée. Parmi les mille combinaisons de symptômes que peut réaliser l'intoxication par le sulfure de carbone, il en est qui simulent quelquefois le syndrome plus ou moins complexe du tabès. Le professeur Jaccoud (1) appelle l'attention sur cette éventualité. Il dit, à propos des désordres moteurs que produit cette intoxication : « Dans des cas mal interprétés, c'est de l'ataxie qui est produite et non de la paralysie ; ce sont des troubles de la coordination, qui empêchent la locomotion et rendent la préhension des objets hésitante et difficile. » Ici encore, il s'agit d'un pseudo-tabes; et, c'est une analogie de plus, si éloignée soit-elle, que la paralysie par le sulfure de carbone présente avec les autres paralysies toxiques.
Nous n'avons rien à dire de l'anatomie pathologique, qui est tout entière à faire.
Paralysies par l'oxyde de carbone
Il faut maintenant dire quelques mots de certaines névropathies toxiques, où rinjpuissance musculaire est pres-
(1) Path. int., 1877.