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CHAPITRE

DES PARALYStES TOXIQUES PAR NEVRITES PÉRIPHÉRIQUES EN GÉNÉRAL

On ne peut encore dire en vertu de quelle prédisposition individuelle ou de quelle susceptibilité organique les substances toxiques produisent des lésions périphériques plutôt que des lésions centrales. Seule, l'intoxication saturnine paraît déterminer des paralysies plus fréquentes et plus prononcées dans les régions qui sont en contact intime avec le plomb. Mais dans cette relation de cause h effet tout est encore obscur.

Les paralysies toxiques périphériques ont chacune leur localisation privilégiée, quels que soient le mode et le lieu de pénétration du poison. Dans les cas de moyenne intensité, les paralysies en question se limitent h quelques groupes do muscles, et toujours à des muscles des membres. Elles sont le plus souvent bilatérales, mais l'un des cô Lés est plus frappé que l'autre. C'est, d'habitude, le côté droit. Les jambes sont prises d'abord, sauf dans le cas du saturnisme où les membres supérieurs sont toujours atteints les premiers. En général l'impuissance motrice se limite

Localisai ion

fiïcs;

paraplogie.

Réflexes tendineux.

Atrophie musculaire.

d'abord pendant un certain temps dans les muscles extenseurs. Cette localisation paraît même constituer le premier et le plus constant caractère des paralysies périphériques. Quand, par exception, les muscles fléchisseurs se prennent, il est rare que la paralysie n'ait pas envahi déjà le plus grand nombre des muscles extenseurs, et aussi bien les extenseurs du tronc et les muscles cervicaux dorsaux que les extenseurs des membres. Certains muscles sont le plus souvent épargnés : le diaphragme, les muscles de Tœil, le facial, le longsupinateur; mais il n'en est pas un seul qui, à un moment donné, ne puisse être frappé.

Le début est brusque ou progressif. La paralysie s'installe et s'affirme dans un délai d'une douzaine do jours, précédée ou accompagnée par des troubles de la sensibilité, dont rimportance varie suivant la nature do l'intoxication. Quel que soit le degré de la paralysie (simple faiblesse ou résolution complète), les réflexes tendineux ont disparu dans les muscles malades et, souvent aussi, dans quelques muscles de la même région, qui ont conservé leur apparence et leur volume normaux. Bien entendu, c'est l'abolition du réflexe patellaire que les observations relatent le plus souvent, parce que la recherche porte de préférence sur les muscles cruraux. Mais, par contre, dans trois ou quatre cas nous avons vu relater l'exagération de ces réflexes, combinée avec la trépidation spinale. Il s'agit donc là de grandes exceptions; du reste, les faits auquels nous faisons allusion relevaient, comme on le verra plus loin, d'intoxications aiguës dans lesquelles les paralysies circonscrites de la périphérie étaient compliquées d'une sorte d^irritation spinale. On peut, il nous semble, rapporter l'exagération des réflexes à cette dernière influence.

Les paralysies toxiques ont une durée minimum de deux à trois semaines, et quand elles la dépassent, on voit toujours l'atrophie s'ajouter à la perte de la contractilité. Ainsi,

PAR NÉVRITES PÉRU'HKRJQUES EX GENERAL. IS

d'une façon géniîraie, l'atrophie est proportionnée à la paralysie ; et comme (îUe dépend de la môme canse, elle occupe , les mêmes muscles. En tout cas elle n'est ni assez prononcée, DÎ assez étendue, ni surtout assez durable pour don- [ ner l'illusion d'une myopathie essentielle progressive. I D'autres erreurs de dia^^nostic seraient possibles; nous les signalerons en temps voulu.

Les paralysies toxiques se généralisent quelquefois. Tantôt la généralisation est lente et s'effectue peu à peu, 1 d'un groupe musculaire à un autre, et d'un merahrc infé- I rieur à un membre supérieur. Telle est la marche do cer- [ taines paralysies alcooliques ou arsenicales, chez des indivi- I dus qui restent soumis sans interruption à l'influence prolongée du poison. Tantôt au contraire, l'envahissement I de tous les muscles se fait presque en même temps ou dans une très-courte période. Ea pareille circonstance, on peut ' Voir dos paralysies oculaires, faciale, diaphragraatique, etc. I JDans cette forme même, on retrouve encore, mais h un degré moins élevé, la même susceptibilité de tel groupe I musculaire et la résistance de tel autre. Ainsi c'est le tri- I ceps crural et Te-xlenseur propre du gros orteil qui sont toujours le plus frappés dans la forme généralisée de la ■ paralysie alcoolique ; c'est le muscle supinateur qui l'est le moins dans la forme correspondante de l'intoxication saturnine. L'atrophie est d'autant plus rapide que ta généralisation est plus complète. C'est alors que la maladie r pourrait simuler une paralysie spinale aiguë ou subaiguë I de l'adulte, si les troubles suusilifs et sensoriels, qui font \ cortfege au.v paralysies toxiques, n'excluaient ce diagnostic. Et si parfois l'acuité des symptômes pouvait faire soup- 1 çonncr une myélite aij,'uë centrale, la conservation à peu I près constante des fondions du rectum et do la vessie suf- } Crait pour éviter la confusion.

C'est dans les formes localisées des paralysies toxiques

que Tanalyse méthodique de la contractilité électrique des muscles a fourni les indications les plus utiles. C'est là qu'on peut le mieux étudier la réaction de dégénérescence. A une certaine époque on ne connaissait bien les perturbations de la contractilité que dans la paralysie saturnine. Duchenne (de Boulogne) est le premier qui ait insisté sur la diminution de l'excitabilité faradique dans les muscles malades. Il nota même l'abolition presque complète de cette excitabilité chez des sujets qui avaient conservé leur contractilité volontaire. Ce que Duchenne avait vu dans les paralysies saturnines s'est retrouvé exact dans la plupart des autres paralysies toxiques. En outre les progrès de la méthode polaire ont permis de pousser plus loin l'analyse. Aujourd'hui les formules de Erb et de Bernhardt,malgré leur aspect cabalistique, sont adoptées dans la pratique hospitalière.

Réaction de Ce qu'ou rechcrche et ce qu'on trouve dans la plupart des paralysies périphériques, même d'intensité moyenne, c'est la « réaction de dégénérescence ». Mais celle-ci peut se présenter sous des formes multiples. La paralysie est-elle rapide et complète, la réaction va se manifester par tous ses caractères au grand complet : c'est-à-dire que le nerf aura perdu sa contractilité faradique et galvanique, tandis que le muscle n'aura perdu que sa contractilité faradique, et son excitabilité galvanique sera augmentée. Alors la formule normale sera modifiée : les réactions exprimées par les formules ASZ et KOZ seront plus prononcées. En outre la secousse sera ralentie et Texcitabilité galvanique exagérée. Mais si la paralysie ne s'établit que d'une façon lente, la phase d'hyperexcitabilité galvanique peut manquer. Il arrive souvent aussi que la réaction de dégénérescence n'atteigne pas tout son développement; on constate, en pareil cas, pour le nerf, une simple diminution de la contractilité faradique et galvanique, et, pour le muscle, une diminution

g^énérescence.

l'AU NEVRITES l'Ellll'llICRlQUE;

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