‹ Des passionsChapitre 31 sur 52 · H0I B DE SOI · texte numérisé non relu

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son cœur, fait pour sentir et réaliser., sans comprendre et se rendre compte.

La seconde espèce de modestie , celle qui est acquise et que nous regardons comme la plus belle, parce qu'elle est une vertu, naît de l'éducation. L'homme en contact journalier avec ses semblables, ne tarde pas à se convaincre que quelles

que soient ses qualités el ses connaissances, il existe des personnes qui lui sont supérieures par quelques points. Chacun a malheureusement , à coté des avantages physiques et moraux dont il est doué, certaines infirmités inhérentes à la pauvre humanité , et qui sont de nature à rabaisser son orgueil.

D'un autre coté , quand l'homme porte plus haut ses regards , et que sa raison le met en présence de Dieu , il sent sa faiblesse et aperçoit l'énorme distance qui le sépare de son auteur. Il voit l'immensité au-delà de ce qu'il est et de ce qu il possède, et de cette contemplation de l'infini, il retombe sur lui-même pour s'abîmer dans la pensée de son néant et de la grandeur suprême. Prosterné devant cette sublime majesté, il lui dit dans son cœur : a Je suis un être infime , de peu de durée , et qui n'a point l'intelligence de vos lois; si je me crois quelque chose, voilà que vous élevez contre moi mes iniquités, et mes fautes, et je ne puis contredire leur témoignage. » 11 dit à la vérité : « Vous avez des secrets qui m'échappent , des profondeurs que je ne puis sonder. Quelles que soient les lumières que vous fassiez briller à mes yeux, il en est un grand nombre que vous me tenez cachées; quand je cesse d'écouter docilement vos leçons , vous vous opposez à moi, et me laissez à la folie de mes systèmes; mon cœur se hâte de produire ses pensées , et dans la multitude de mes paroles, il y a beaucoup de démence. »

Cette modestie est le partage des hommes vraiment sages et giands , il faut presque du génie pour comprendre ainsi le peu que l'on vaut.

Celui qui est modeste est prudent dans ses opinions, modéré

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dans ses paroles; il n'aspire point, dans sa présomption, a un état plus élevé que celui où Dieu l'a mis ; convaincu de sa faiblesse et de son insuffisance , il fait voir cette conviction dans ses actes et dans son langage. Il sait refouler dans son cœur et dans son esprit tous ces mouvements désordonnés d'orgueil et de vanité qui nous portent sans cesse à nous préférer aux autres. Ami de la vertu pour elle-même , il s'occupe à bien faire plutôt qu'à chercher qu'on le dise; ce n'est point des hommes qu'il attend sa récompense, il renferme dans son cœur le secret de ses bonnes œuvres , il écoute l'expérience d' autrui et suit les conseils des sages.

Vertu des plus précieuses , des plus belles , la modestie est la compagne du vrai talent et le signe certain de la sagesse. Elle en est, pour ainsi dire, la pierre de touche , elle éprouve l'homme comme l'acide éprouve l'or; elle est une brillante auréole , un surcroit de grâce et de beauté. Le talent sans elle , c'est le tableau sans ombre , la fleur sans parfum , la beauté sans pudeur.

Elle est aimée des hommes , parce qu'elle ne heurte pas leurs prétentions , ne limite pas leur orgueil et leur vanité ; parce qu'elle accorde tout et ne demande rien. Loin de contester le bien chez autrui, elle va souvent jusqu'à le supposer. Elle fait volontiers l'éloge des autres; quand au sien , elle ne le fait ni ne veut l'entendre. Elle reçoit les conseils, ne s'irrite pas des corrections, laisse aux autres la première place et l'occasion de briller. Quelque soit la récompense qu'on lui donne , elle trouve avoir trop pour son mérite.

Si la distance, qui sépare l'homme supérieur de quelque façon que ce soit de ses semblables, n'était pas comblée par cette vertu , ses avantages se feraient trop sentir et deviendraient blessants. Toute supériorité est gênante : pour être supportée, il faut qu'elle se cache , qu'elle se fasse petite, et s'adoucisse par la modestie. Sans elle, les hommes ne pardonnent pas la vertu, le talent, la richesse et le bonheur. « La douceur et la modestie possèdent la terre; » c'est à dire, l'estime et l'af-

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fectiondes hommes. L'orgueil est rejeté; comme usurpant des droits qu'il ne mérite pas, comme négligeant des devoirs que la sagesse et la société imposent. La modestie est donc nécessaire dans la société et dans uns mœurs, pour permettre aux prétentions mutuelles, aux amours-propres individuels, de s'approcher sans se heurter, sans se blesser. Elle est nécessaire comme laissez-passer du talent , de l'opulence , de la vertu , même du bonheur, avons-nous dit.

Mais dans le monde, tant sont orgueilleux, si peu ont de la modestie réelle qu'on a réduit cette vertu au rôle de savoir faire ; on l'affiche à la superficie , comme forme ; au fond , presque personne n'y croit, ne la prend au sérieux ; seulement, il est de règle d'en avoir le langage , il est l'ait d'avance , il a son rituel qui le détermine. Il est reçu de ne pas entendre d'éloges de soi sans s'en déclarer indigne , même alors qu'on les mendie et que la vanité enfle et dilate le visage. On règle ses yeux , sa démarche, son ton de voix ; on agit extérieurement avec les autres, comme s'il n'était pas vrai qu'on les comptât pour rien.

Cette modestie, c'est de l'orgueil déguisé; c'est elle qui fait l'aveu de nos défauts pour les cacher ou en amoindrir l'opinion qu'en ont les autres. Tel dit : je ne suis pas savant, qui ne sait rien; je ne suis pas jeune, qui passe soixante ans ; je n'ai pas une grande fortune , qui est absolument pauvre.

Il serait bien à désirer que la modestie vraie régnât dans le monde, chez les jeunes gens surtout. Il n'est pas rare de les entendre, à peine pubères, parler imprudemment de toute chose, traiter légèrement les questions les plus graves qu'ils n'ont point étudiées, se moquer de renseignement et de l'autorité. Ils arriveront à l'âge mûr sans avoir employé convenablement leur temps; leur éducation se sera faite dans Jes salons et dans les lieux publics , et ils regarderont , quand ils t hommes, la raison comme étant duc â leur âge, à leur position dans le monde il- ignoreront tout et von

(Iront tout juger , et voilà pourtant les éléments les plus nombreux de la société actuelle.

Depuis que tout le monde affiche le savoir et l'indépendance d'esprit , que faisons-nous de grand ? Depuis que nous avons tant de philosophes qui ne se sont jamais occupés de philosophie, qu'a gagné la morale; ou plutôt que n'a-t-clle pas perdu? Depuis que tant d'hommes d'état tiennent le timon des affaires, comment vont notre politique et notre gouvernement ? Et quand bien même les résultats de la triste expérience gouvernementale que nous faisons ne seraient pas si désolants qu'ils le sont, n'aurait-on pas le droit de demander à la plupart de nos délégués, par exemple, à quel titre ils siègent à la chambre. Forgerons, agriculteurs, épiciers, industriels honorables, mais incapables, où auraient-ils pris la science des lois , des besoins du pays , des analogies historiques, qui doivent imposer la conduite à tenir dans certaines circonstances?

Le mal est dans l'orgueil et dans l'égoïsme. Modestes et se connaissant mieux , bien des hommes qui mendient de hautes fonctions, les déclineraient, et le mérite serait appelé à remplacer d'arrogantes incapacités.

Avec la modestie , les hommes apprendraient à ne pas se croire si vite capables et savants, ils éviteraient bien des déceptions , bien des humiliations. Beaucoup ne seraient pas obligés de descendre du rang qu'ils ont pris ; beaucoup aussi s'ils savaient comme il convient de choisir la dernière place , parce que c'est la moins dangereuse , s'entendraient dire : « Montez plus haut. »

Enfin, quoique la modestie réelle soit une vertu bien rare , le monde l'apprécie s'il ne la pratique pas ; il aime et exige ce qui lui ressemble, et il est encore convaincu de cette vérité, qu'il y a toujours mérite là où elle existe.

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La pudeur est une honte instinctive qui s'empare de l'amc

en présence de ce qui porte atteinte à ses susceptibilités naturelles. Elle est une manifestation de l'amour de soi révolté par

ce qui peut offenser la dignité de lame ou la chasteté du corps. C'est un sentiment qu'on trouve, pour ainsi dire, h la superficie du cœur, dont il semble une exhalation. Ainsi la fleura son parfum, et les fruits leur efllorcscence veloutée.

La pudeur est l'encadrement enchanteur de la beauté, la couleur de l'innocence; rien n'égale la suavité des teintes et les mystérieux attraits dont elle pare le visage des vierges ; lumière sacrée de la vertu, elle met en elles d'ineffables douceurs, et les colore de reflets angéliques. Attribut de la jeunesse et surtout du sexe féminin, elle existe instinctivement dans toute amc qui n'a pas encore subi le contact du monde , et chez laquelle l'éducation n'a pas étouffé la nature.

La jeunesse est pudique et craintive , parce qu'elle possède cette limpidité, cette transparence de l'innocence que rien n'est venu altérer. I ne voix intérieure et naturelle lui dit que les choses du cœur doivent rester intimes et cachées : elles sont, du reste, si saintes et si précieuses, qu'elle croirait les profaner en les manifestant au grand jour. D'ailleurs , tous ces secrets du cœur sont-ils en harmonie avec les pensées des hommes? Les approuveraient-ils , ou bien n'en feraient-ils pas plutôt un objet de dérision, de mépris onde réprimande? Alors, ce qu'il y a de plus suave dans la pensée , de plus attrayant, de plus tendre dans l'amc , se trouverait ainsi dévoilé. Un regard étranger pénétrerait ces désirs si purs, si naïfs, si pleins d'illusion peut-être? Oh ! alors, saisie de timidité et de honte, l'ame se réfugie en elle-même, se replie, et ne veul pas qu'on la mette ainsi a mi. qu'on la déflore en quelque

sorte. En présence de tout ce qui peut éveiller le désir ou les susceptibilités de la vertu, elle montre la môme timidité; elle craint qu'on ne devine les impressions subites qui la frappent et la font vibrer.

Voilà pour la pudeur morale : mais si la chasteté se trouve atteinte, si la jeunesse fait ou voit faire quoique ce soit do répréhensible aux yeux de cette vertu , une immense impression de honte envahit l'ame, et tout entière se révoltant, elle entraine avec elle les organes des sens à la résistance. Lors même qu'une action de ce genre n'est pas mauvaise en soi , l'ame craint le grand jour et l'œil des témoins. Comment, en effet, mettre les autres en confidence d'actions qui réveillent le plus immédiatement ces tumultueuses émotions, ces impressions brûlantes qu'on est tout étonné d'éprouver, sur lesquelles on ne sait la manière de voir de personne , et qui sont choses si secrètes, si mystérieuses, qu'on ne les confierait pas à sa mère, à son père, à ses amis les plus chers. Ces timidités, ces craintes de la pudeur sont le charme le plus grand de la jeunesse, la teiute la plus suave que la nature ait pu donner à la beauté.

Le sexe féminin est celui dans lequel on trouve la pudeur développée au plus haut degré. La femme est faible, naturellement timide, habituée à compter sur la protection de l'homme : tout en elle est craintif eL indécis. Ce défaut de hardiesse et d'assurance , qu'on trouve dans toutes ses facultés , corrobore sa pudeur. D'un autre côté, elle est pour l'homme le prix de la victoire : il fallait bien à ce dernier une certaine audace à l'attaque, et a elle, une certaine crainte de la défaite pour la rendre plus difficile, pour en augmenter le désir par l'attrait des difficultés. Rien de facile ne nous séduit ; il faut à nos entreprises le charme des obstacles , autrement nous ne ferions pas acte de puissance en exerçant nos facultés. Les désirs croissent et s'accumulent en face d'une résistance quelconque. Il en est dans Tordre moral comme dans l'ordre physique, c'est

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toujours en face de L'obstacle que se manifestent la force el I énergie.

Ceux qui ont nie a la femme une pudeur naturelle, qui n'ont voulu la considérer en elle', que comme un résultat du préjugé, de l'éducation, se sont grandement abusés. Sur quoi se fondent-ils dans leurs allégations? Il existe, disent ils ; des peuples sauvages, par conséquent à l'état primitif, chez lesquels les femmes n'ont aucune pudeur , où les actes les plus mystérieux chez nous s'accomplissent au grand jour. Ils en concluent que la pudeur est un sentiment de convention, né de nos usages, et qui n'existerait pas dans le cœur humain, s'il n'avait substitué aux lois de la nature celles de la civilisation. 11 nous semble (pie ceux qui raisonnent ainsi, s'abusent étrangement sur la signification qu'il faut donner aux termes du langage. Un être n'est à l'état de nature que quand il obéit à ses tendances et quand il suit la voie de sa destination. Or, l'homme, doué par Dieu d'une intelligence, doit exercer ses facultés dans la noble sphère de la science, des arts et de la civilisation; c'est ainsi qu'il obéit aux lois de la nature. Il s'en éloigne, au contraire, quand il vit à l'état sauvage, abrutissant son intelligence et ne développant que les facultés physiques. Il a une autre destination que les bêtes : il n'est point fait exclusivement pour chercher sa pâture, et pour suivre les appétits grossiers de ses sens. De plus nobles aptitudes lui ont été départies, une plus haute mission le réclame. N'allons donc pas chercher, comme type de l'humanité , des êtres déchus de la splendeur humaine, déshérités des lumières que Dieu, au premier des jours du monde, donna comme règle à leurs ancêtres. Apparemment aussi la coutume qu'ils ont de tuer leurs pères trop âgés pour travailler , de manger leurs semblables, est dans la nature; personne cependant ne regrette qu'elle soit perdue chez nous.

11 e>t une étrange satisfaction que se donnent souvent certains hommes : c'est celle de déprécier toutes les \eitus qui

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les gênent, en contestant leur noblesse originaire et leurs titres aux respects du genre humain.

Pour avancer que la pudeur n'est pas dans la nature , il faut ignorer bien profondément ses œuvres, ses desseins et son but.

Ce sentiment existe à l'état d'ébauche, jusque cbez les femelles de certains animaux; les naturalistes l'ont constaté chez ceux qui sont les plus intelligents, les singes par exemple. Le créateur , pour qui le grand œuvre de la propagation des espèces, est le but principal, avait besoin de donner cette incitation aux désirs de l'homme , ce charme puissant aux résistances de la femme, et cette garantie à la moralité publique.

Voyez cette jeune vierge que seize printemps ont tour à tour embellie, Dieu, qui veut en faire une des reines de ce monde, Ta prestigieusement parée de ses trésors les plus suaves et les plus enchanteurs. Contemplez cette fleur humaine, la plus belle parmi celles de la terre , comme l'œil se repose délicieusement sur elle ! Heureux celui qu'elle aimera. Déjà de secrets avertissements, de pénétrantes révélations lui disent sa destinée d'amour; un rayon de ce sentiment, descendu d'en haut sur son cœur, l'éclairé et lui verse ses enivrantes douceurs. Alors, transformation subite, ce n'est plus cette jeune fille h la gaité folle, pétulante et légère; maintenant elle est recueillie et grave , silencieuse comme au temple en présence d'un Dieu qui la voit. Tout dans son maintien est hésitant comme son cœur. Quelles grâces dans ces émotions qui la sillonnent et la font trembler sous un regard ! Quel charme dans son œil voilé qui s'abaisse, dans cette rougeur qui monte à son front ! Si plus tard elle aime quelqu'un , si ses faveurs sont le prix du triomphe, combien ne sera-t-elle pas séduisante dans l'expression naïve et pure de ses craintes; comme ses molles résistances , ses soupirs et ses larmes , ses supplications et ses refus, transporteront d'amour celui qu'elle aimera ; s'il est assez perspicace pour lire à travers cette tendre pudeur qui dit non , il verra un cœur enflammé , mais timide , qui n'ose

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dire autrement , et qui n'attend, pour être heureux , que la douce \ iolence qui le fait trembler.

A côté de cet ange, placez on instant la femme qui prodigue ses faveurs sans pudeur et sans honte, qui provoque même ;i sa défaite •. vous n'éprouverez que du d< i^oùt pour elle. Une pareille femme est sur une pente rapide au bout de laquelle est un abime infâme. Méprisée de tous, elle peut avoir les sens de beaucoup, mais le cœur de personne. A elle les désirs et les satisfactions de la débauche , les cœurs dépravés , les hommes avilis; mais jamais une pensée d'amour , jamais les désirs d'un cœur innocent ne viendront se reposer en passant sur sa tôte.

Qu'on ne dise pas que si certaines femmes deviennent impudiques , la vertu dont nous parlons soit un préjugé ; la présence d'un vice n'est pas la négation de la vertu contraire. Si quelques-unes n'ont plus de pudeur, c'est qu'on l'aura tuée en elles; et c'est une grande infamie, car autant vaudrait jeter une femme aux gémonies.

La pudeur est comme une sensitive, respectez-la ; que votre main n'y touche pas, laissez-la couvrir de son voile la femme que vous aimez , car elle est l'attrait de vos jouissances et la sauvegarde de la vertu.

Ce sentiment existe toujours au cœur des femmes vertueuses, mais se cache à certains moments pour reparaître ensuite. Le plaisir le fait s'envoler, mais aussitôt qu'il meurt, la pudeur Tient reprendre sa place.

Il est certaines natures froides et incomplètes qui n'ont qu'une pudeur d'enseignement et d'éducation, cela est Mai. Ceux que le désir n'a point envahi, qui n'ont jamais rien aimé, ne sachant pas ce que la pudeur protège, ne la connais sent pas elle-même. Peut-on faire de cela nue objection , nous ne le pensons pas ; le moins ne prouve rien contre le plus.

Nous croyons que la pudeur est un sentiment instinctif, naturel ; qu'elle ne meurt dans le cœur "" •'"'' existe que s' OB l'\

étouffe; mais quand elle est perdue, elle ne revient pas plus que la jeunesse. Parfois, les femmes qui ne l'ont plus, s'en font une affectée qui s'effarouche bien plus vite que celle qu'elles avaient reçue de la nature. Nous avons mauvaise opinion de celles qui redoutent l'apparence d'un mot équivoque; la véritable pudeur ne marque pas tant de craintes de choses que l'innocence doit toujours ignorer.

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