‹ Des passionsChapitre 4 sur 52 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

trop douloureuses et trop misérables. Il en est qui disent que la liberté repousse la foi : d'autres que la foi repousse la liberté ; il y a scandale dans ces exclusions réciproques. Pour faire les appréciations auxquelles j'ai nécessairement dû me livrer, je me suis tenu audessus de ces régions infimes où s'agitent les intérêts politiques ; je n'ai voulu les voir et les juger qu'au point de vue de la vérité.

Ce livre est-il un livre de médecine? Incontestablement , pour ceux qui comprennent l'homme. Quant à ceux qui le matérialisent et qui ne traitent que des plaies ou des inflammations , ils ne le penseront peutêtre pas. Je vais dire encore : tant pis pour eux ! Les maladies de l'ame sont plus nombreuses, plus difficiles souvent à traiter que celles du corps; il est peu de ces dernières qu'il soit permis de considérer isolément et au point de vue de l'anatomie pathologique toute seule. Celui qui, au lit d'un malade, ne s'occupe que de son corps, forfait étrangement à sa noble mission. Quant à moi, je le crois indigne des fonctions qu'il exerce. Heureusement tous ne sont pas ainsi sous l'empire des idées matérielles; il est beaucoup d'hommes qui sont, par leur talent et par leur science, la gloire de la profession que j'ai l'honneur d'exercer. Consolateurs de ceux qui souffrent, ministres envoyés de Dieu vers les âmes qui gémissent, ils ont une main secourable pour les plaies du corps , et de douces paroles pour celles du cœur. Qu'ils daignent accepter cet hommage que je leur offre , s'ils trouvent dans ce livre les sentiments . généreux que l'humanité , que la souffrance, sont si

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heureuses de rencontrer en eux , s'ils y voient le fruit de la semence qu'ils ont jetée en moi par leurs leçons, par leurs exemples, leur approbation sera pour moi une flatteuse récompense.

A côté des médecins institués parla science , il en est d'autres institués par Dieu et par l'Eglise , et revêtus d'un caractère sacré. Ils ont , ainsi que les premiers, besoin de connaître l'homme tout entier. Il importe qu'ils comprennent les influences réciproques qu'exercent l'une sur l'autre les deux parties de nous-même.

Il est regrettable que les médecins se bornent, la plupart du temps, à des études physiques et matérielles, et que les prêtres ne connaissent pas davantage le corps et ses fonctions , ainsi que l'action qu'il a sur l'ame. On divise ainsi une science faite pour être une et indivisible, comme son objet. Il est fâcheux que les médecins , une fois quittes de leurs humanités, abandonnent les études psycologiques. Il est fâcheux qu'on ne lasse pas dans tous nos séminaires des cours de physiologie, d'analomie, dans leurs applications morales et théologiques.

En général , les prêtres se délient trop des écrits des laïques* ils ont pourtant besoin du concours de la science, et si , pendant qu'ils se livrent aux sublimités de leur ministère, qu'ils courent à tous ceux qui souffrent ou qui pleurent, il est des hommes qui se dévouent à l'étude, ils doivent accepter leur aide avec reconnaissance , avec empressement .

Avant de publier ce travail, pour lequel j'ai reçu des encouragements bien flatteurs, s'ils ne sont trop

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bienveillants, je me suis entouré de conseils éclairés, afin que ma plume ne laissât rien échapper d'hétérodoxe.

Je remercie tous ceux dont l'amitié m'a conseillé , encouragé, soutenu. Si quelques-uns de mes amis reconnaissent dans ce livre des pensées qui ne me seraient peut-être pas venues sans eux, qu'ils n'en soient point étonnés, désirant m'adresser aux cœurs, je me suis naturellement servi de préférence de ce qui arrivait le mieux au mien.

GENERALITES SIR L'HOMME.

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