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MOI II DES MIRES. •"> '» I

vrait avoir la faculté d'en recevoir dans sa chambre, à moins de circonstances prévues et appréciées par le supérieur. Toutes

les communications de maîtres à élèves, doivent avoir lieu dans une salle publique , dans le parloir de la maison.

Si des nécessites, tenant au local occupé par un établissement d'éducation , obligeaient à coucher les élèves dans plusieurs chambres , on aurait soin de toujours mettre par chambre un nombre impair de lits. Les chefs d'établissement comprendront la nécessité de cette disposition.

Les romans, les livres dans lesquels on parle d'amour, doivent être sévèrement recherchés et proscrits par les maîtres. Les élèves ne doivent avoir cuire eux aucune espèce de correspondance. La plus grande décence doit être recommandée partout.

Le lever et le coucher n'auront jamais lieu qu'en présence d'un surveillant.

Dans quelque position que soient les enfants, un des moyens les plus propres à prévenir le libertinage, consiste à ne point permettre au corps un repos trop prolongé. Il faut que les instants donnés au sommeil soient réglés sur le besoin, que la fatigue le fasse naître. Les enfants coucheront sur un lit dur. Leur alimentation , abondante et saine , ne sera ni délicate ni excitante. Ils seront formés de bonne heure à la pratique des devoirs religieux et confiés aux soins éclairés d'un directeur prudent. Le confesseur doit être très réservé dans les questions qu'il adresse, de peur que son ministère, par un affreux malheur , ne vienne à corrompre au lieu de préserver et de guérir.

Quand les enfants ne sont pas imbus des idées religieuses . ils ressemblent à de- soldats qu'on enverrait an combat sans aunes. Plus tard , abandonnes aux séductions du monde , ils n'auront aucune force pour résister. Ils liront tous les livres capables de gâter le cœur; ils assisteront aux spectacles; ils fréquenteront les bals et les lieux publics , où des tentations

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sans nombre , où de mauvais exemples développeront les germes , hélas! si nombreux que renferme notre nature.

S'il s'agit non plus de prévenir, mais de guérir le mal, la tâche devient bien plus difficile. Quand de jeunes enfants ont contracté de mauvaises habitudes, il ne faut rien épargner pour les eu corriger. Lorsqu'il ne sera pas encore possible de s'adresser à leur raison , on emploiera des moyens mécaniques. 11 existe des appareils qui les empêcheront de se livrer à aucun acte répréhensiblc. Auprès de ceux que la raison éclaire déjà, on fera intervenir un médecin, ferme et éclairé, qui leur parlera des dangers attachés au vice qui les ronge. Il leur fera le tableau des maux qui peuvent les atteindre. Il leur conseillera l'exercice, le travail , la diète de liqueurs excitantes, d'aliments épicés. Il prescrira les bains froids, les boissons délayantes. Un confesseur intelligent viendra, de son côté, prêter l'appui de son ministère ; il ne menacera que dans des cas rares ; il se montrera doux, aimant; il encouragera, il consolera; il ne se rebutera point devant les chutes réitérées , car jamais le succès n'est immédiat et spontané.

Quant au libertinage qui a fait des progrès avec l'âge , qui s'est développé avec les individus , qui est dévenu une dépravation de l'esprit et du cœur, en même temps qu'un besoin des sens, il est extrêmement difficile à guérir. Il faut , pour cela , les secours inespérés de la grâce divine: Le libertin endurci tombe d'abîme en abîme; il arrive bientôt un moment où il ne désire plus sa guérison , où il ne sent plus son mal. Le doigt de Dieu s'appesantit sur lui, et peut-être est-il déjà frappé de réprobation. C'est aux lois à le punir, quand non content de commettre ces crimes cachés que la société ne peut poursuivre , il scandalise par des désordres publics , par des actes qui sont des attentats à la pudeur sociale ; ou bien , quand, pour satisfaire sa détestable passion, il devient corrupteur, ou même exerce des violences sur les personnes.

Les peines portées contre ces crimes ne guérissent pas les coupables, mais elles vengent la société; elles la mettent pour

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un temps au moins, pour toujours quelquefois, à l'abri des attentats de ees êtres corrompus.

Il arrive par fois que des désordres pathologiques, que des maladies véritables poussent irrésistiblement certains individus à des actes coupables. C'est à la médecine seule à intervenir , et le traitement qu'elle applique doit être en rapport avec les affections qu'elle combat. 11 importe que les ecclésiastiques n'ignorent pas qu'il est certaines causes maladives qui , chez les femmes surtout, produisent d'irrésistibles désirs.

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