PITIE
Partout où il n'existe pas une ame intelligente, l'amour de soi est la loi suprême des êtres vivants, et L'empire de cette loi est absolu. Elle gouverne despotiquement la brute, en donnant à tous ses actes L'égoïsme pour mobile. Si par intervalle elle semble perdre de sa puissance chez les animaux , c'est que, dans l'intérêt des espèces, Dieu l'a fait céder momentanément à l'instinct de reproduction et à l'amour de la progéniture. C'est cette loi qui éloigne l'animal de son semblable , le rend plus docile au joug de l'homme, ou moins puissant pour lui disputer l'empire de la terre.
Chez l'homme , elle règne aussi avec une extrême énergie ; mais Dieu n'a pas voulu que sou empire égoïste et dissolvant
fût un obstacle aux rapports sociaux pour lesquels il nous a créés. Comme nous l'avons vu , il lui a donné pour contrepoids dans nos aines l'amour de l'humanité , et toutes ces sympathies bienveillantes, qui rapprochent l'homme de son semblable et produisent les vertus sociales. Parmi ces sympathies, la pitié est une des plus puissantes; c'est elle dont l'antagonisme combat dans nos cœurs les penchants égoïstes. C'est elle qui contribue le plus à cimenter les liens d'union , de fraternité, qui régnent parmi les hommes.
La pitié est une sympathie tout à la fois instinctive et réfléchie de nos âmes, qui nous fait comprendre et ressentir les souffrances de nos semblables , et nous porte à leur désirer le bonheur qu'ils n'ont pas. Elle naît en nous de deux sources distinctes : du physique et du moral. Elle a par conséquent deux éléments différents. Il y a, dans l'intimité des êtres vivants , des sympathies mystérieuses que nous ne pouvons définir , mais qui s'émeuvent en nous à chaque instant. Nous sentons quelque chose d'instinctif et de profond qui fait vibrer nos nerfs à l'aspect de la souffrance physique des hommes ou des animaux. Nous ne pouvons voir le sang, les blessures ou la mort , sans être saisis d'une horreur subite qui nous glace avant que l'ame ait pensé. L'organisme tout entier se soulève en présence de la destruction. Notre système sensible réagit spontanément avec énergie contre tout ce qui menace la vie. Une sensation d'horreur et de crainte vient frapper eu nous l'animalité, cette fraternité originaire, ce type d'organisation qui nous est commun avec tous les êtres animés. On dirait alors qu'une même vie anime tout ce qui sent, et que le mal , qui le frappe dans une de ses parties , éveille un écho douloureux dans toutes les autres.
Chose remarquable , plus l'organisation des êtres que nous voyons souffrir est semblable à la nôtre, plus i'impression que nous ressentons est vive. Le sang qui coule des blessures d'un autre homme , les souffrances qu'il endure , nous font une
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impression très profonde; il semble que ce soit nous qui sen t ions son mal. Ceux qui chassent des singes , cette imitation si frappante de l'homme, ne les tuent qu'avec une extrême répugnance. Ils sentent on eux quelque chose de la terreur qui remue la conscience de L'assassin et qui glace son cœur. .Nous tuons bien plus volontiers un poisson qu'on quadrupède , et l'impression devient presque nulle quand nous écrasons un insecte, ou bien quand nous mangeons un mollusque ^ ivant.
Quand nous sommes obligés de donner immédiatement la mort, de tuer un animal entre nos mains, nous sommes très douloureusement émus; les sympathies se l'ont alors bien mieux sentir ; il semble que la souffrance se communique par le contact et fasse en même temps vibrer ces deux organisations de la victime et du meurtrier. Nous évitons complètement cet effet sympathique quand nous tuons à distance , d'un coup de fusil par exemple ; ou bien quand l'être que nous privons de la vie est si faible, que nous pouvons la lui ôter d'un seul coup et sans qu'il en ait pour ainsi dire conscience.
Ce sont ces phénomènes du système sensible , ces réactions de l'animalité contre la douleur qui remuent les animaux, et que certaius naturalistes ont pris pour de la pitié. Ces effets chez eux , comme dans l'homme, sont complètement instinctifs et spoutanés ; mais , dans les êtres privés d'intelligence , ils meurent tout entiers dans la fibre nerveuse; c'est un écho plaintif qui répond au cri de la douleur physique, mais ne constitue point la véritable pitié.
Chez l'homme, ces effets organiques réveillent dans l'ame des sympathies morales. L'intelligence môle son action à celle du physique, et ces deux éléments combinés constituent la pitié. Ce sentiment suppose l'idée, la connaissance du mal d autrui. Il est spontané ou réfléchi. Comme le physique, l'ame a des sympathies profondes, nées de la communauté d'origine et de la ressemblance essentielle qui la rend sœur des antres aines. Sans nous en rendre compte, sans avoir réfléchi, nous sommes portés à soulager ceux qui souffrent ; le premier
mouvement de l'intelligence est toujours la bienveillance. Ce mouvement est presque aussi prompt que la compassion organique. Ainsi Dieu, qui nous commande l'amour de nos semblables, a incliné nos âmes à les aimer d'instinct et comme de source. Il a mis d'accord nos de\oirs et les penchants de notre nature. Nous sommes toujours sûrs de bien faire , quand nous n'avons pas perverti nos inclinations et nos premiers élans. Le mal vient de l'homme seul et de l'empire qu'il a laissé prendre sur lui au principe de corruption.
L'ame ne s'arrête pas là dans le sentiment de la pitié ; elle raisonne , elle fait aux faits l'application de son intelligence.
Il existe en nous des notions innées de justice qui nous portent à penser que tous les hommes , égaux dans l'ordre naturel , destinés au même but , doués des mêmes facultés, soumis aux mêmes besoins , ont les mêmes droits à la bienveillance. Lorsque nous les voyons souffrir, sans apercevoir la cause de leur souffrance, nous sommes spontanément entraînés à croire que la justice a été violée à leur égard. Nous pensons qu'ils doivent jouir des mêmes avantages que nous ; qu'ils ne doivent pas être plus que nous atteints par le malheur. D'un autre côté , un instinct d'intérêt personnel vient presque à notre insu agir dans le sentiment de la pitié. Nous sommes menacés, atteints dans notre sécurité par la souffrance des autres; nous savons que , semblables à eux , nous pouvons être victimes des mêmes souffrances. Nous nous faisons par la pensée l'application de ce qu'ils endurent , et nous réagissons ainsi pour nous-mêmes contre le mal qui les atteint.
Ainsi , l'intelligence vient fortifier nos instincts , les diriger dans limr tendance ; et nos intérêts, alors même que nous avons perverti nos âmes et endurci nos cœurs , viennent nous rappeler sans cesse aux devoirs primitifs de notre nature et aux lois imposées par le Très-Haut.
La pitié est un sentiment qui se développe dans l'homme
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avec les années. Chez reniant, qui n'a pas encore appris à \uii l'humanité en lui et dans les autres, elle est bornée tout entière.! L'impression physique. Cette impression <'si tirs vive clie/ lui, parce que la libre sensible est très molle, très impressionnable, et peut vibrer au moindre contait. Le vieillard, dont l'organisme s'use , s'endurcit, n'est plus accessible aux impressions venues du dehors ; il se concentre et s'isole en lui-même. Son ame , émoussée par l'habitude et la longue expérienee des choses de la vie , ne se laisse toucher que difficilement par le mal d'autrui. L'idée de la mort qui l'assiège sans cesse , qui le tient pour lui-même dans un état continuel de crainte, le rend indifférent à tout ce qui ne l'atteint pas personnellement.
Chez la femme, toutes les puissances de la pitié s'élèvent au plus haut degré. Cela tient à la faiblesse de son organisation, qui la rend accessible à la moindre douleur , à l'extrême sensibilité de ses nerfs qui s'ébranlent à la plus légère impression. D'uu autre côté , destinée par la Providence à donner la vie , à veiller sans cesse à l'existence individuelle, à conserver ses enfants à l'abri de tout danger , elle éprouve , sans s'en rendre compte , un amour immense pour les hommes. Un rayon d'affection maternelle s'épanche de son cœur sur l'humanité, et la vue de ses douleurs déchire ses entrailles. Son ame, comme un écho plaintif, résonne au cri de la souffrance et compatit à tous les maux. C'est elle, la Providence des affligés , qui trouve , dans sa compassion si vive , des trésors de consolations, d'aumônes et d'intercession. Chez les antropophages , souvent on vit des femmes arracher la victime tremblante des mains cruelles de leurs époux. La femme comprend bien mieux le pardon que la justice ; si elle jugeait les coupables, toujours elle ferait grâce.
Les divers tempéraments ont une grande influence sur la pitié. — Les hommes sanguins sont plus susceptibles que les autres d'éprouyer ce sentiment : la pitié les émeut soudainement et avec énergie ; mais elle s'éteint vite en eux
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comme toutes leurs impressions qui sont très mobiles et très fugaces. — Le lymphatique sympathise peu avec les souffrances d'autrui ; c'est à peine si les siennes peuvent vaincre son apathie. — Les mélancoliques, ordinairement concentres dans leurs afflictions réelles ou imaginaires , sont par là même difficiles à émouvoir ; mais quand on peut les arracher à leur isolement, leurs impressions sont vives et durables. — Les bilieux , généralement dominateurs et égoïstes, sont peu enclins à la pitié ; chez eux, l'intérêt personnel marche avant tout le reste : ils calculent jusqu'à leurs émotions. Tout ce qui ne les atteint pas directement, les touche médiocrement. Ils ne sont pas dénués d'une certaine sensibilité, mais elle s'épuise entièrement à leur profit.
Il est. une foule d'autres causes qui modifient le sentiment de la pitié, qui le rendent plus ou moins intense. La fortune, qui devrait attendrir les cœurs en donnant le moyen de faire du bien aux hommes, produit souvent la dureté, l'insensibilité. On s'imagine , quand on est heureux, qn'il n'y a plus de souffrances dans le monde : l'égoïsme ne veut pas affliger son bien-être par le spectacle de la misère. Pour bien compatir au malheur d'autrui, il faut n'avoir pas été toujours heureux : on comprend beaucoup mieux ce qu'on a soi-même éprouvé.
Non ignara mali miseris succurrere disco.
Il y a dans ce vers de Virgile une grande profondeur de pensée , jointe à une vérité , à une sensibilité exquise. Là est le secret de la dureté de cœur de tant d'hommes opulents , qui n'ont jamais arrêté leurs regards sur les souffrances humaines; qui ne sont jamais descendus visiter l'indigent, le prisonnier , le malade. Un roi, par exemple, au faite de la puissance , s'imagine difficilement qu'il n'est qu'un homme , et que les malheurs qui frappent ses sujets puissent arriver jusqu'à lui.
Dans les hautes régions sociales, où l'orgueil est hérédi-
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taire avec les titres, on considère le bas peuple comme étant d'une nature inférieure : on le dit assez stupide pour ne pas sentir sa misère, et L'on s'épargne ainsi la peine d'être humain. Si, pour compatir aux souffrances d' autrui , il faut avoir été mu même malheureux , rien n'empêche quelquefois d'éprouver la pitié comme d'être actuellement misérable. On dépense pour soi toute la sensibilité dont on est susceptible, et le cœur, ému de ses propres douleurs, ne s'ouvre point h celles qui affectent les autres.
Il est bien d'autres circonstances qui agissent sur le sentiment de la pitié; notre pauvre nature subit à chaque instant les inllucnces des milieux dans lesquels nous vivons, et des conditions physiques dans lesquelles nous sommes. Notre sensibilité varie, selon que nous sommes bien portants ou malades , riches ou pauvres. Après le repas, nous compatissons plus volontiers aux souffrances d'autrui , si nous avons nos aises, que lorsque nous souffrons de quelque chose. La température, le soleil, le vent, le froid ou la chaleur, tout nous modifie. C'est ainsi que les choses matérielles nous dominent et assujettissent à leur gré les penchants de nos aines. Parlons donc encore de liberté, de puissance; exaltons donc des facultés qui sont soumises à tant de vicissitudes ! Pitié , que l'homme et son orgueil ! 11 n'est grand que quand il s'humilie; il ne peut s'élever qu'en avouant sa faiblesse et en s'appuyant sur Dieu qui est le principe de la force et de la puissance.
Le sentiment dont nous parlons est bien plus intense entre des personnes de sexe différent qu'entre celles de même sexe : cela tient à l'influence réciproque qui s'exerce entre l'homme et la femme, et qui donne à toutes leurs relations un caractère spécial. On éprouve davantage ce sentiment pour un enfant que pour un vieillard. Le premier appartient à l'avenir , le second au passé ; l'un promet à la société une carrière utile , l'autre a fourni la sienne. Quand un homme
chargé d'années paie sa dette à la nature, personne ne le trouve étonnant, personne n'en éprouve une bien douloureuse impression. Mais si la mort vient moissonner à l'entrée de la vie un jeune enfant et dévore à la fois avec lui les espérances de la famille , de la société , ce funeste événement jette le deuil 'et la consternation dans tous les cœurs.
Notre pitié s'attache davantage aux douleurs morales qu'aux douleurs physiques. Une triste et constante expérience nous apprend que nous sommes faits pour souffrir dans nos corps , et qu'ils sont nécessairement soumis à mille infirmités , à mille souffrances qui les accompagnent du berceau jusqu'à la tombe. Nous savons que la matière est mortelle, et que les souffrances qui naissent d'elle sont dans sa nature ; aussi , ne sommes-nous point étonnés des misères physiques qui sont notre cortège ici-bas. Mais nul de nous ne peut s'habituer à penser que l'ame doive souffrir ; un secret sentiment de sa dignité, de son immortalité, lui rend la souffrance insupportable. Malgré nous , nous nous révoltons à l'idée des peines morales; nous sentons qu'elles sont un état anormal pour notre ame. D'un autre côté, elles sont les plus cuisantes sans contredit , et la pitié qu'elles excitent en nous est bien plus profonde que celle qui nait des maux physiques.
Chez les natures inclinées vers l'égoïsme, la personnalité, l'habitude de voir souffrir, a bien vite émoussé la pitié. Rien ne rend insensible aux impressions physiques comme l'habitude. Au bout de peu de temps , la vue du sang , des blessures, de la mort, ne nous fait presque plus d'horreur. Les sœurs hospitalières ne tardent pas à surmonter leurs répugnances et leurs sensibilité naturelle ; elles restent physiquement impassibles en face des plus poignantes douleurs de l'humanité ; il en est de même des médecins. Du reste , cette victoire , remportée par l'habitude sur les instincts nerveux, est extrêmement utile à tous ceux qui sont chargés de donner
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des soins aux malheureux. Que deviendraient les malades, dans nue salle d'hôpital , si la sensibilité de ceux qui le> en tourent les rendait incapables de leur prodiguer des soins ? Si la vue du sang, si les cris des blessés, épouvantaient les chirurgiens, que deviendraient, après une bataille, les actinies que le carnage a mutilées?
Pour certaines personnes , pour certaines professions , cette facilité de résister aux impressions physiques est donc un devoir, une vertu. Hais rien n'est dangereux comme de donner aux gens du peuple l'habitude de voir souffrir sans éprouver de pitié. La vue des supplices , des combats d'animaux , produit dans la basse classe des penchants funestes de cruauté.
Dans la révolution française, parmi les bourreaux de 95 , on comptait un nombre considérable de bouchers et de garçons d'amphithéâtre. Pour que l'habitude de voir souffrir ne produise pas de mauvais résultats, il faut que le cœur et l'esprit présentent de grandes ressources. Si les tyrans qui tourmentaient les martyrs, si tous ces monstres qui déchiraient leurs semblables avec plus de férocité que u'eussent fait les tigres, avaient dû, sans transition, assister aux horribles supplices qu'ils inventaient, ils seraient morts euxmêmes d'horreur et d'effroi.
S'il est dangereux d'habituer les yeux à regarder le sang , la souffrance, le meurtre, il est tout aussi dangereux d'énerver les émotions de l'âme au spectacle romanesque et mensonger des souffrances morales. Nous éprouvons tous du plaisir dans le sentiment de la pitié , et c'est en excitant cet instinct si naturel de nos âmes, que les auteurs dramatiques nous attirent et nous charment. Presque toujours les souffrances imaginaires qu'ils mettent en scène, sont exagérées ; elles font couler nos larmes, arrachent nos sanglots, excitent toutes nos facultés compatissantes et épuisent notre sensibilité. Puis , lorsque nous descendons dans la vie réelle, nous trouvons que les souffrances des hommes ne sont plus rien, nous sommes
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blasés, nous avons le cœur sec; après avoir dépense tous les trésors de notre sensibilité en vaines émotions , après avoir pleuré pour des mensonges, nous restons froids devant des malheurs réels. Tel uent d'éprouver au théâtre une pitié immense pour des infortunes factices, qui ferme l'oreille aux cris de détresse d'une pauvre mère sans asile et sans pain pour ses enfants.
La pitié est un sentiment si naturel à nos âmes , elle est tellement inhérente à nos penchants, que nous avons honte de ne pas la ressentir et la manifester en présence des malheureux. Quanti nous ne soulageons pas nos semblables, toujours nous cherchons quelques excuses qui puissent nous en dispenser ; nous disons que ceux qui sollicitent notre compassion, notre bienfaisance, ne sont pas dignes de les obtenir; que leur inconduite a mérité le sort qui les frappe ; qu'ils ont des défauts, des vices, qui doivent éloigner d'eux les bienfaits des gens honnêtes. Un homme , quelque dur qu'il soit , refuse rarement ses secours au malheur, sans chercher ainsi l'appa. rence d'une raison qui le lui permette.
Nous savons qu'il est des malheurs qui ne doivent pas exciter notre pitié : nous ne compatissons point aux infortunes occasionnées par la débauche ou riuconduitc, et quelles que soient nos dispositions à nous attendrir sur les souffrances d'autiui , nous ne manquons jamais de nous enquérir de la moralité des malheureux que nous assistons. Nous voulons savoir s'ils ont des droits réels à notre bienfaisance , car la pitié s'accompagne toujours d'un profond sentiment de justice. Un bienfait accordé à quelqu'un qui n'en est pas digne, est presque un vol fait aux malheureux qui le méritent , et le cœur a regret d'avoir été ému dans de telles circonstances.
C'est ce sentiment de justice qui fait que nous ne sommes point touchés des infortunes des condamnés. Nous savons qu'ils ont mérité leur peine , et quand nous sommes glacés d'horreur à la vue d'un criminel qu'on traîne au dernier supplice,