‹ Des passionsChapitre 6 sur 52 · GÉNÉRALITÉS SI B L HOMME · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SI B L HOMME

gouverner; lui faire le cadeau illusoire de choses que son intelligence n'aurait pas connues? Il n'en était pas ainsi, l'homme connaissait intimement les êtres créés et leurs rapports entre eux. C'est ce que signifie ce passage de la Genèse ; « 11 (le Seigneur) les amena devant Adam, afin qu'il vit comment il les appellerait , et le nom qu'Adam donna à chacun des animaux . est son nom véritable.» {Genèse, chap. 2, verset 19.) Nousvoyons clairement par ce passage , que l'intelligence d'Adam n'étudia pas la science de tous ces êtres ; mais qu'elle en fut illuminée.

Dieu ne dit pas : pour qu'il cherchât, mais pour qu'il ^ it comment il les appellerait; et ces mots : « le nom qu'Adam donna à chacun des animaux, est son nom véritable,» dénotenl une science intime, complète de la nature de ces êtres, de leurs rapports et de leur destination.

Quand Adam reçut ainsi l'investiture de son royaume, que Dieu lui fit exercer le premier acte de sa souveraineté, la femme n'existait pas. La nature avait son roi, mais lui-même était seul, il n'avait aucun aide semblable à lui, et Dieu avait vu dans sa sagesse que cela n'était pas bon. Alors il forma la femme de la substance même de l'homme, pour qu'ils fussent unis, comme deux tiges poussées sur le même tronc, et que le lien d'amour qui doit unir l'espèce, puisât sa force dans l'unité de l'origine de la chair, aussi bien que dans l'unité de l'origine de l'ame en Dieu. Ceux qui disent que la femme n'entra pas dans le plan primitif de Dieu , qui vont même jusqu'à dire , en se fondant sur le verset 27 du premier chapitre de la Genèse ; qu'il avait donné à l'homme les deux sexes, ne font pas attention que ce premier chapitre raconte sommairement toute la création sans entrer dans les détails, tandis qu'une portion du chapitre 2 reprenant les faits, est consacrée à nous raconter en détail ce qui a trait à la création de nos premiers parents. Sans aucun doute, celle de la femme eut lieu dans la durée du Ge jour ou de la sixième époque aussi bien que celle de l'homme. Les considérations que nous venons de faire eussent pu éviteràM. Guiraud bien des suppositions qui, pour

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être ingénieuses, ne sont nullement fondées; et en s'y arrêtant, saint Jean-Damascène n'eût pas dit que la femme avait été créée seulement dans la prévision du péché originel. Le verset 27 ainsi conçu : « Dieu créa l'homme à son image , il le créa à limage de Dieu, il les créa mâle et femelle » a deux parties bien distinctes , et les commentaires interlignés du père de Carrière nous en expliquent parfaitement le sens. Voici le ver set commenté : « Dieu créa donc l'homme à son image , il le créa à l'image de Dieu , V ayant rendu capable de béatitude, de connaissance et d'amour; il les créa mâle et femelle, comme on le dira dans la suite. »

Après avoir créé l'homme et la femme, Dieu leur dit : «Croissez et multipliez-vous, remplissez la terre et vous l'assujettissez. » (Genèse, chap. \ , verset 28.) Evidemment il voulut que le monde se multipliât par voie de génération. Il n'avait pas pu créer l'homme et la femme dans un but différent , et pourquoi eût-il fait, sous ce rapport , pour l'espèce humaine, une autre loi que celle qui régit tous les êtres animés? Il n'a im posé à ses créatures que des lois peu nombreuses, et le secret do sa toute puissance , est de faire naître la multiplicité des effets de la simplicité des causes.

La femme créée pour être l'aide de l'homme, l'associée de ses destinées, fut aussi, dès le commencement, la compagne de sa grandeur; son ame, de même nature que celle d'Adam, jouit des mômes privilèges. « Dieu créa en eux la science de l'esprit , dit Y Ecclésiastique, et il remplit leur cœur de sens. » Ainsi chez l'homme la faculté de connaître existait dans l'esprit et venait se fortifier dans lecœur par l'amour. Admirable distinction qui nous explique parfaitement l'état moral dans lequel il était. Connaître , c'était voir Dieu qui est toute vérité et toute science; aimer, c'était s'attacher à lui par une juste appréciation de son excellente bonté. Connaître, était pour l'homme quelque chose de passif. Car il était éclairé par la lumière de Dieu « qui , dit l'Écriture taisait luire son œil sur leurs cœurs. »

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