‹ Des Pensées de Pascal (volume 2)Chapitre 16 sur 56 · AVANT-PROPOS. XXV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXV

toute leur vie et jusqu'à leurs derniers moments, la philosophie. Tous deux , loin de se faire une arme du scepticisme, le combattent partout; partout ils témoignent d'une admiration mesurée pour Descartes; ils en admettent l'esprit général et la méthode. Le Traité de la connoissance de Dieu et de soi-même y le Traité du libre arbitre et celui de texistence de Dieu sont des livres admirables, où toutes les grandes vérités, et singulièrement celle de la divine providence, sont établies au nom de la raison et sur le fondement même des Médications. Bossuet et Fénelon s'y déclarent ouvertement contre la maxime péripatéticienne et jésuitique tant célébrée par Huet : // rijr a rien dans V entendement qui n'y

ait été introduit^ par la voie des sens y et contre

cette autre maxime de la Compagnie, que toute certitude se réduit à la simple probabilité. Ils sont tous deux pour Platon contre Aristote ; ils sont donc pour Descartes contre ses adversaires. Le traité de texistence de Dieu admet pleinement le doute méthodique, ley^ pense, donc je suis, et la démonstration de l'existence de Dieu par l'idée de la perfec-

XXVI AVANT-PBOPOS.

tioD ^ Féaelon suit Descartes jusque dans sou brillant et téméraire disciple; il adopte toute la théorie des idées de Malebranche, et la reproduit presque dans les mêmes termes, comme s'il eût ignoré le livre d'Araauld ^. Comment Fénelon eût-il été un adversaire de la raison, lui qui, la rapportant à son foyer éternel, la suivant et dans les lois de l'univers et dans les lois de la.pensée, s'écrie avec enthousiasme : « 0 raison ! raison ! n'es-tu pas le Dieu que je cherche ^? » Bossuet, avec plus de mesure et appuyé sur

* Seconde partie : Démonstration de V existence et de$ attributs de Dieu, tirée des idées intellectuelle^. Gliap i. Méthode qu'il faut siiivre dans la recherche de la vérité* CoDclusion de ce chapitre : « Me voilà donc enfin résolu à croire que je pense puisque je doute, et que je suis puisque je pense. » Chap. if. Preuves métaphysiqnes de i* existence de Dieu. Première preuve Urée de l'imperfection de V être humain,.. Deuxième preuve tirée de Vidée que nous avons de V infini. La même méthode cartésienne se retrouve dans les Lettres sur divers sujets de métaphysique et de religion, écrites par Fénelon à la fin de sa vie; chap. i : De ma pensée.

* Ibid. Chap. iv. Nouvelle freuve de l'existence de Dieu, tirée de la nature des idées. Cest tout à fait la théorie des idées et même la vision en Dieu de Malebranche. «. Ainsi je vois Dieu en tout, ou , pour mieux dire , c'est en Dieu que je vois toutes choses : car je ne connois rien , je ne distingue rien y et je ne m'assure de rien que par mes idées. »

* Première partie, §60. — Il est impossible de citer tous les passages ou la ^raison de Thomme est présentée comme un reflet

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