‹ Des Pensées de Pascal (volume 3)Chapitre 14 sur 37 · I. Penséesdiverses.— Pensées morales. —Pensées chrétiennes · texte numérisé non relu

I. Penséesdiverses.— Pensées morales. —Pensées chrétiennes

Le premier chapitre de Port-Royal contre tin^ différence des athées : v< Que ceux qui combattent la religion apprennent au moins quelle elle est , etc. » (B. 2' part. 11) , a été en vain cherché dans le manuscrit autographe ; mais il est dans les deux copies avec une note marginale indiquant que ce fragment est tiré d'un cahier particulier. Sans parler d'une foule de petites altérations, Port-Royal, en publiant ce fragment, a interverti Tordre de plusieurs paragraphes, il a intercalé des morceaux étrangers qui se trouvent ailleurs dans le manuscrit même, par exemple celui-ci : « Un homme dans un cachot ne sachant si son arrêt est donné et n'ayant plus qu'une heure pour l'apprendre, etc.»; enfin il a supprimé à peu près le dernier quart de ce beau fragment. Mais il faut avouer que les parties supprimées sont moins un

d|i^y«çj^peinent qu'une répétition, Mue for^ue difTév&f^tp 4^pe qHÎ pr4œd^. Cepfti)49nt elles ne sont pas iffkfé^ d^ns Jb$ d^uz ç^(^pîes, oe qui marque presqj^^ ç^it^ineioent qu'elle^ ne rétaient pas dans l'autographe. Klles «out d'aiUe.urs d'un $tyle ad* B^irable qui mérite d'ètrç conservé, ejt nou^ alions 1^6 traiî^^rire ^pmiDe une sorte de transition des passages barrés et des premières ébauches dont nous avons donné plusieurs exemples, aux pensées tout à fait nouvelles que nous publierons tout ^ l'ijie^ure.

Voici la fin du phapitre de Port-UoyaJ rectifiée ^}f,r npfi fle.U3ç copies : «c Qu'ils donnent à cette lecjliirc quelqves-une$ .de ces heures qu'ils emploient $i ip,y,tile];q^pt ^Uevirs* Quelque aversion quils y fippfirXe^ (mwque dans Port-Royal), peut-être i^j[^9fitreront-iJis quelque chose, et pour le moins i^ }^^Y perdro^ pas beaucoup. Mais pour ceux qw y {ipporteiat (PprjtrÇ.oyal appor/ez-o/?^) une 6ij(Xçé<riKé parfaitie €^ un véritable désir de rencon- Jtrer (PorJL-JRoyal connoUrê) la vérité, j'espère qu'ils iiu;*QAt saJljIsf^ctiQP el qu'ils ç^erQpt co.pvaincus des jp/*euve$ .d'^ne r^e^igiçn ^ (Jiyiiie, queya/ ramasr ^j^ej ep ^ans lesquelles fai suis>i 4 p^^ près cet grdre^ p Port-Roy^l qui voulait s'arrêter là, a ffitS * <^ Que l'o;!^ ^ rai^as$ées. » Les deux copies |àQijir3j4^e9t a^nsi :

RAPPORT, WC. -* TRMHiHR 9ARTIB. MT.

« Avant qu€ d'entrer dans les preuves de la re« lîgion chrétienne y je trouve nécessaire d^ représenter l'injustice des houimes qui vivent dans Viun» différence de chercher la vérité d'une chose qui leur est si importante et qui les touche de si près*

a De tous leurs égarements, c'est sans doute celui qui les convainc le plus de folie et d'aveu* glementy et dans lequel il est plus facile de les confondre par les premières vues du sens commun et par les sentiments de la nature; car il est indubitable que le temps de cette vie n'est qu'un instant; que l'état de la mort est kernel, de quelque nature qu'il puisse être, et qu'ainsi toutes nos actions et nos pensées doiveat prendre des routes si différentes y selon l'état de cette éternité, qu'il est impossible de faire une démarche avec sans et jugement qu'en la réglant par la vue de ce point qui doit être notre dernier objet. (La fin de ce paragraphe, depuis : « toutes nos actions et nos pensées doivent prendre des routes dif£érentos...» a été placée par Port-Royal dans la partie antérieure de ce fragment.)

«cil n'y a rien de pliis visible que cela, et qu'ainsi selon les principes de la raison, la con.duite des hommes est tout à fait déraisonnable s'ils ne prennent une autre voie; que l'on juge donc là-dessus de ceux qui vivent sans songer k

908 DES raNsin de pascal*

cette |în de la Vie ; qui se laissant conduire a leurs inclinations et à leurs plaisirs sans réflexion et sans inquétude, et comme s'ils pouvoient anéantir Fétemité en en détournant leur pensée, ne pensent k se rendre heureux que dans cet instant seulement. Cependant cette éternité .subsiste, et la mort, qui la doit ouvrir et qui les menace à toute heure , les doit mettre infaillement dans peu de temps dans Thorrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux, sans qu'ils sachent laquelle de ces éternités leur est à jamais préparée..» (Ce paragraphe a été tiré de sa place, abrégé et intercalé au milieu de ce qui précède. , Port-Royal, p. 6: « C'est en vain qu'ilsdétoument leur pensée de cette éternité qui les attend, comme s'ils la pouvaient anéantir en n'y pensant point. Elle subsiste malgré eux, elle s'avance, et la mort qui la doit ouvrir les mettra infailliblement dans peu de temps dans l'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux, f)

Voilà uiî doute d'une terrible conséquence. (Port-Royal a transporté cette ligne en tête du paragraphe : <c C'est donc assurément un grand mal que d'être dans ce doute, etc.») «Ils sont dans le péril de l'éternité de misères, et sur cela, comme si la chose n'en valoit pas la peine, ils négligent d'examiner si c'est de ces opinions que le peuple

reçoit avec upe facilité trop crédule, ou de celles qui^ étant obscures d'elles-mêmes, ont un fondement très-solide, quoique caché; ainsi ils ne savent s'il y a vérité ou fausseté dans la chose, ni si il y a force ou foiblesse dans les preuves ; ils les ont devant les yeux, ils refusent d'y regarder; et dans cette ignorance ils prennent le parti de feire tout ce qu'il faut pour tomber dans ce malheur, au cas qu'il soit, d'attendre à en faire l'épreuve à la mort, d'être cependant fort satisfaits en cet état, d'en faire profession et enfin d'en faire vanité : peut-on penser sérieusement à l'importance de cette affaire, sans avoir horreur d'une conduite si extravagante? (Ce paragraphe est encore abrégé dans Port-Royal.)

«Ce repos dans cette ignorance est une chose monstrueuse et dont il faut faire sentir l'extravagance et la stupidité à ceux qui y passent leur vie, en la leur représentant à eux«mémes pour les confondre par la vue de leur folie. Car voici comment raisonnent les hommes quand ils choisissent de vivre dans cette ignorance de ce qu'ils sont et sans chercher d'éclaircissement : Je ne sais, disentils (Port-Royal a transporté avec raison ce paragraphe avant celui qui commence ainsi : « Je ne sais qui m'a mis au monde, etc. »)

« Voilà ce que je vois et ce qui me trouble. Je

210 DW nmas jik MiCM^

regarde de toutes parts et je ne ¥œs partout qu'obscurité; la nature ne m'ofire rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétde. Si je n'y voyois rien qui marquât une divinité, je me déterminerois à la négative; si je voyois partout les marques d'un créateur, je reposerois ea paix dans la foi. Mais voyant trop pour nier et trop peu pour m'assurer, je suis en un état à plaindre et où j'ai souhaité cent fois que, si un Dieu la soutient (la nature), elle le marquât sans équivoque, et que si les marques qu'elle en donne sont trompeuses, elle les supprimât tout à Cait, qu'elle dit tout ou rien, afin que je visse quel parti je dois suivre; au lieu qu'en l'état où je suis, ignorant ce que je suis et ce que je dois faire , je ne conncMS ni ma conduite ni mon devoir; mon cœur lend tout entier à connoitre où est le vrai bien pour le suivre; rien ne me seroit trop cher pour l'éternité. » (Port-Royal a tiré de là ce beau parages phe, et l'a mis non plus dans tel ou tel endroit du chaptrei, sur t indifférence des aihée^ dont il est une partie intégrante et essentielle, mais dans le chapitre viii, Image d'un homme qui s'est lassé de chercher Dieu par le seul raisonnement. Il y a plus d'une variante importante^ nous n'en signalerons qu'une seule. Port^Royal : « Mon cœur tend tout entier à connoitre où est

RAPPOBT , «rc. — mewrtiMi 4pabtie. 911 4e vrai bieii pour le snWre; rien ne me seroit trop cher pour cela. » Pascal : oc Pour Véternité. »)

ccJeiporte envie à ceux que je vois dans la foi vivre avec tant de négligence, et qui usent si mal d'un don duquel il me semble que je ferois un usage di différent. »

Arrivons à des pensées plus nouvelles.

On conuoît cette pensée de Pascal, que les bonjiétes gens ne veulent point d'enseignes , ni celle de mathématiciens, ni celle de poètes (P.-R. cb. Kxix; B. i"* part, ix, i8). Nous avons déjà publié là dessus une pensée barrée qui n'était pas dé^ pourvue d'intérêt. En voici une autre encore qui montre à quel point ce sujet était cber à Pascal : (Mac. p. 44o.) « En titre : Honnête homme. Il faut qu'on n'en puisse dire ni il est mathématicien , ni prédicateur, ni éloquent, mais il est honnête Jiomme. Cette qualité universelle me plaît seule. Quand en voyant un homme on se souvient de son livre, c'est mauvais signe; je voudrois qu'on ne s'aperçût d'aucune qualité que par la rencontre i6t l'occasion d'en user : ne quid nimis; de peur «^'wie qualité ne l'emporte et ne fasse baptiser. <2u'on.neaonge pas qu'il parle bien, sinon quand il s'agit de bien parler; mais qu'on y songe 4ilors. »

Les pensées suivantes rpenvent être ajoutées

212 DES PERSteS DE PASCAL.

heureusement à toutes celles déjà connues sur les extrêmes. (B. i" part, iv, ij vi, 2.)

fc Quand on lit trop ou trop doucement, on n'entend rien. »

« Trop et trop peu de vin. Ne lui en donnez pas, il ne peut trouver la vérité; donnez-lui en trop, de même. » (Msc. p. a3.)

« Je n'ai jamais jugé d'une même chose exactement de même. Je ne puis juger d'un ouvrage en le faisant; il faut que je fasse comme les peintres, et que je m'en éloigne, mais non pas trop. De combien donc? Devinez. » (Msc. p. 1 10.)

Nous allons donner, sans y mêler aucune réflexion, une suite de pensées qu'on sera bien aise de lire encore après toutes les pensées analogues déjà connues et publiées.

« Non-seulement nous regardons les choses par d'autres côtés , mais avec d'autres yeux : nous n'avons garde de les trouver pareilles. » (Msc. p. 4^0.)

9 II n'aime plus cette personne qu'il aimoit il y a dix ans. Je crois bien, elle n'est plus la même, ni lui non plus; il étoit jeune, et elle aussi; elle est tout autre; il l'aimeroit peut-être encore telle qu'elle étoit alors. » (Msc. 4^7.)

« Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de

RAPPORT, BTC. — TROIMÉMB PARTIE. 213

deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires. Otez lui de ces vices, vous tombez dans l'autre. » (Msc. ibid.)

cr Notre nature est dans le mouvement : le repos entier est ]a mort. » (Msc. p. 44o*)

« Ils disent que les éclipses présagent ]e malheur, parce que les malheurs sont ordinaires; de sorte qu'il arrive si souvent du mal qu'ils devinent souvent; au lieu que, s'ils disoient qu'elles présagent bonheur, ils mentiroient souvent. Us ne donnent le bonheur qu'à des rencontres du ciel rares; ainsi ils manquent peu souvent à deviner. » (Msc. p. 127.)

ce La diversité est si ample que tous les tons de voix, tous les marchers, toussers, mouchers, éternuers, sont différents' . On distingue des fruits les raisins, et entre eux le muscat, et puis Coindrieu, et puis des Argues, et puis.... Est-ce tout? En at-elle (la nature) jamais produit deux grappes pareilles, et une grappe a-t-elle deux grains pareils? » (Msc. p. iio.)

cr La théologie est une science, mais en même temps combien est-ce de sciences? Un homme est un suppôt; mais si on l'anatomise, sera-ce la tête,

* Swiidifférenii. Ces deux mots manquent dans le manoscrit, mais sont dans les deux copies.

^k ms ptmw ra pakaEm

le CœnVf Testomac, les veines^ chaque vetne, chaque portion de veine^le sang, chaque humeurde sang?

« Une villet une campagne de loin est uoe Tille et une campagne y mais^ à mesure cpt'on s^appro* che, ce sont des maisoBS^ des arbtes^ des tuiles, des feuilles, des herbes, des fourmis, des jambes de fourmi à l'infini ^ Tout cela s'enveloppe sous le nom de campagne. i>^(Mse. p. 73.)

(X Tout est un, tout est divers. Que de natures en celles de l'homme! que de vocations! Et par quel hasard chacun prend d'ordinaire 00 qu'il a le moins étudié ! Talon bien tourné. » (Msc. p. 394-)

«c JEn titre : Talo» de soulier. -— Qiie cek'est bien tourné ! que voilà un habile ouvrier ! que ce soldat est hardi ! Voilà la source de nos inclinations et du choix des conditions. Que celui-lk boit bien! que cehii'là boit peu! Yoilà ce qui fait les gens sobres et ivrognes, soldats, poltrons,, etc. »^ (Mte* p* 8^1 '.)

a En titre : La gloire. — L'adaûratien gâte tout dès l'enfance. Oh! que cela est bien dit! Obi qu'il a bien fait, qu'il est sage! etc.*...

• Cette pensée et la précédente rappellent les considérations sur Pinfinie petitesse de la nature. (P.-R. eh. xxii; r* pari, iv, 0-

* Ces deux dernières pensées ont une grande analogie avec ce paragraphe de Port-Royal (ch. xxiv; B. V^ part vi, 4) : « La choM kl pljttfi iiiipoftaots*à la ni», o'-est le choix é'm métfsrt Le hasard en dispose, etc. »

RAPPORT, ne. -- TROISIÊMB PARTIE. 215

« lies enfants de Port-Roya] , auxquels on ne donne point cet aiguillon d'envie et de gloire , tombent dans la nonchaknce. v (Msc. p. 69.)

« C'est une chose déplorable de voir tous le» hommes ne délibérer que des moyens, et point de la fin^ Chacun songe comment il s'acquittera de sa condition; mais, pour le choix dé la condition et de la patrie, le sort nous la donne,

« C'est une chose pitoyable de voir tant de Turcs, d'hérétiques et d'infidèles stiivre le train de leurs pères par cette seule raison qu'ils ont été prévenus chacun qife c'est le meilleur, et c'est ce qui détermine chacun à chaque condition de serrurier, soldat, etc. » (Msc. p, 6 r .)

« Nous nous connaissons si peu, que plusieurs pensent aller mourir quand ils se portent bien, et plusieurs semblent se porter bien quand ils sont proches de mourir , ne sentant pas la fièvre prochaine ou l'abcès prêt à se former. » ( Msc. p.43i.)

« Ceux qui n'aiment pas la vérité prennent le prétexte de la contestation et de la multitude de cetix qui la nient; et ainsi leur erreur ne vient que de ce qu'ils n'aiment pas la vérité ou la charité, et ainsi ils ne sont pas excusés. » (Msc. p. 270.)

fc Si l'antiquité étoit la règle d^ la oréanioe, les

216 DES PEÏISBi» DB PASCAL.

anciens étoient donc sans règle'. (Msc. i»73. )

a 11 faut se connoitre soi-même, quand cela ne serviroit pas à trouver le vrai, mais cela au moins sert à régler sa vie, et il n'y a rien de plus juste. (Msc. p. 75.)

«r La vraie nature étant perdue, tout devient sa nature; comme le véritable bien étant perdu, tout devient son véritable bien.

« Il n y a rien qu'on ne rende naturel : il n'y a naturel qu'on ne fasse perdre. » (Msc. p. 47-)

« Il n'est pas bon d'être trop libre.

« Il n'est pas bon d'avoir toutes ses nécessités. » (Msc. Ibid:)

« On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l'homme : ce sont des orgues à la vérité, mais bizarres, changeantes, variables, dont les tuyaux ne se suivent pas par degrés conjoints. Ceux qui ne savent toucher que les ordinaires ne feroient pas d'accord sur celles-là. n (Msc. p. 65.)

a Si un animal faisoit par esprit ce qu'il fait par instinct , et s'il parloit par esprit ce qu'il parle par instinct, pour la chasse et pour avertir ses camarades que la proie est trouvée ou perdue, il par-

* Cf. Bossât, l'« part art 1«% « De Tantorité en matière de philosophie, « et le paragraphe : « r9'est-ce pas là traiter indignement la raison de l'homme, etc. »

UAPPORTy BT€. — THOISliMS PARUE. 217

]eroit bien aussi pour des choses où il a plus d'affection ^ comme pour dire : Rongez cette corde qui me blesse, et où je ne puis atteindre. » (Msc. p. 229.)

« La nature recommence toujours les mêmes choses, les ans, les jours, les heures; les espaces de même , et les nombres sont bout à bout à la suite Tun de l'autre : ainsi se fait une espèce d'in« fini et d'éternel ; mais ces êtres terminés se multiplient infiniment. Ainsi il n'y a, ce me semble, que le nombre qui les multiplie qui soit infini. » (Msc.

ce La nature s'imite : une graine jetée en bonne terre produit ; un principe jeté dans un bon esprit produit.

« Les nombres imitent l'espace, qui sont de nature si différente.

«r Tout est fait et conduit par un même maître : la racine, les branches, les fruits, les principes, les conséquences. » (Msc. p. 433.)

a Tout ce qui se perfectionne par progrès périt aussi par progrès. Tout ce qui a été foible ne peut jamais être absolument fort. On a beau dire : il est cru ; il est changé ; il est aussi le même.

ce 11 y a des herbes sur la terre ; nous les voyons; de la lune on ne les verroit pas; et sur ces herbes des pailles, et dans ces pailles de petits animaux,

mais après cela plus rien. O présomptueux ! les misles sont composés d'élénients^ et les éléments non! O présomptueux ! voici un trait délicat : il ne faut pas dire qu'il y a ce qu'on ne voit pas; il hut dire oomne les autres, mets non- pas pdKiser comme

« QtMnnl je considèrela petite durée de ma vie absorbée' dans l'éternité précédante et suivante, meft^ria kospUis uniurdiei prœtereuntis^ le petit espace que je remplis, et même que je vois abîmé dans l'infinie immensité des espaces que j'ignore, et que tu ignores, je m'effraie et m'étonne de me voir ici plutôt que là; car il n'y a voit pas de raison pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt qu'alors! Qui m'y a mis? par l'orJre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi? (Msc. p. 67.)

«Pourquoi ma coiiinoisBance est-elle bornée, nwtaîtte, ma durée à cent ans plutôt qu'à mille? quelle raison a eu la' nature de me la donner telle, et de^cboisir ce nombre plutôt q-o'un autre, dans l'incité desqu^ il n'y a pas plus de raison de choisir l'un que l'autre, rien ne tenant l'un plus que l'autre? » (Msc. p. 49-)

9i Bn tiire : Ennui. -—Rien n'est si insupportable à«> l'homme.qtie d'être, dans un plein repos, sans paBBkm, sans affaires, sm» divertissement, sans

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