‹ Des Pensées de Pascal (volume 3)Chapitre 16 sur 37 · INFINI RIEN · texte numérisé non relu

INFINI RIEN

Notre âme est jetée dans le coi ps, où elle trouve nombre, temps, dimension; elle raisonne là-desstis et appelle cela nature , nécessité, et ne peut croire autre chose. ,

L'unité jointe k l'infini ne l'augmente de rien^ non plus qu'un pied à une mesure infinie* I^ fini s'anéantit en présence de Piofini , et devient un pur néant : ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine.

ÉDITIONS

(P.-R., ch. VII ^)

L'unité jointe à Tinfini ne l'augmente de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie. Le fini s'anéantit en présence de l'infini , et devient un pur néant: ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine.

' Bo68ut,2*part. in,4.

256 APPENDICE M" i.

MAinJSCRlT AUTOGRAPHE DE PASCAL, P. 3.

Il n'y a pas si grande disproportion entre notre justice et celle de Dieu , qu'entre l'unité et l'infini ^ .

Il faut que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde : or, la justice envers les réprouvés est moins énorme et doit moins choquer que la miséricorde envers les élus.

Nous connoissons qu'il y a un infini et ignorons sa nature y comme nous savons qu'il est faux que les nombres soient finis : donc il est vrai qu'il y a un infini en nombre; mais nous ne savons ce qu'il est; il est faux qu'il soit pair; il est faux qu'il soit impair : car, en ajoutant l'unité, il ne change point de nature. Cependant c'est un nombre, et tout nombre est pair ou impair. Il est vrai que cela s'entend de tous nombres finis.

Ainsi, on peut bien connoitre qu'il y a un Dieu sains savoir ce qu'il est.

' Les deux copies corrigent avec raison cette phrase comme Port-Royal.

APPBNDICB N« 1. 857

ÉDITIONS

(P.-R. ckvii.)

Il n'y a pas si grande disproportion entre l'unité et l'infini y qu'entre notre justice et celle de Dieu.

(P.-R. ch. XXVIII '.)

// est de r essence de Dieu que sa justice soit in* finie aussi bien que sa miséricorde. Cependant sa justice et sa séiférité envers les réprouvés est encore moins étonnante que sa miséricorde envers les élus.

(P.-R. ch. VII ^)

Nous connoissons qu'il y a un infini et ignorons sa nature, comme ^, par exemple ^ nous savons qu'il est faux que les nombres soient finis : donc il est vrai qu'il y a un infini en nombre ; mais nous ne savons ce qu'il est ; il est faux qu'il soit pair; il est faux qu'il soit impair: car, en ajoutant l'unité, il ne change point de nature.

Ainsi, on peut bien connoître qu'il y a un Dieu, sans savoir ce qu'il est ; et vous ne dei^ez pas con-

* B. 2« part. XVII, 63.

' B. ^ part. III, 5.

* Boss. Ainsi par ex.

258 APPENDICE r I.

Nous contioissons donc Texistence et la nature du fini parce que nous sommes finis et étendus comme lui.

Nous connoissons l'existence de Tinfîni et ignorons sa nature, parce qu'il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous ; mais nous ne connoissons ni l'existence ni la nature de Dieu» parce qu'il n'a ni étendue ni bornes.

Mais par la foi nous connoissons son existence, par la gloire nous connoissons sa nature.

Or j'ai déjà montré qu'on peut bien connoître l'existence d'une chose sans connoître sa nature.

Parlons maintenant selon les lumières naturelles. SHl y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport à nous : nous sommes donc incapables de connoître ni ce qu'il est, ni s'il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous, qui n'avons aucun rapport à lui.

APPEJfDlCE fi° i, ÉDITIONS.

dure qu'il nj a point de Dieu de ce que nous ne eonnoissons pas paffaitement sa nature.

(Desm. p. 3Io^)

Parlons maintenant selon les lumières naturelles* S'il y a un Dieu, il est infiniment iccompréhensible, puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connoUre ni ce qu'il est ni s'il est. Cela étant ainsi^ qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous^ qui n'avons aucun rapport à lui,

1 Boss. 2^ p* ni, K

260 APPENDICE fi'' 4.

BiANUSGRlT AUTOGRAPHB DE PASCAL, P. 4.

Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance , eux qui professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison? Ils déclarent, en Texposant au monde, que c'est une sottise, stultitiarriy et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent pas! S'ils la prouvoient, ils ne tiendroient pas parole : c'est en manquant de preuves qu'ils ne manquent pas de sens. Oui ; mais encore que cela excuse ceux qui l'offrent telle , et que cela les ôte du blâme de la produire sans raison, cela n'excuse pas ceux qui la reçoivent.

APPBNDIGE N** 1. 261

ÉDITIONS

(Desm. 11'.)

Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance j eux qui professent unv religion dont ils ne peuvent rendre raison? ils déclarent , au contraire, en Texposant auxGenfiisj que cestiine/olie, stultitiam. Et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent pas! S'ils la prouvoient, ils ne tiendroient pas parole j c'est en manquant de preuves qu'ils ne manquent pas de sens, Ouij mais encore que cela excuse ceux qui l'offrent telle qu'elle eslj et que cela les oie du blâme de la produire sans raison, cela u*excuse pas ceux qui , sur l'exposition qui/s en font ^ refusent de la croire ^. Jieconnoissez donc la vérité de la religion dans robscurité de la religion , dans le peu de lumières que nous en usons ^ dans l'indifférence que nous açons de la connaître.

Je ne me servirai pas ^ pour vous convaincre de son existence, de la foi par laquelle nous le {Dieu)

' Boss, 2, p, xvu, 2 ; Pensées dfverâes.

* Desmolets a lui-même souHgaé ceUe pbrase, comme pour indiquer qu'il avait corrigé en cat endroit la pensée de Pascal. ^ BoSS. 2. p. 111,5.

Ë3ia minons donc ce point et disons : Dieu est, ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons -nous? La raison n'y peut rien déterminer- Il y a un chaos infini qui nous sépare* 11 se joue un jeu a Vextré' mité de cette distance infinie ou il arrivera croix ou pile* Que gagerez- vous? par raison, vous ne pouvez faire ni Tini ni l'autre ; par raisoUj vous ne pouvez défendre nul des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix: car vous n'en savez rien* Nonj mais je les blâmerai d*Rvoir fait, non ce choix^ mais un choix; car encore que celui qui prend

EDITIONS

cofmoissons certainement , ni de ioutes les autres preui^es que nous en a%'ons^ puisque vous ne les voulez pas receifoir. Je ne veux agir avec ikîus que p€ir vos principes mêmes ^ et Je prrtenc/s vous faire voir par la manière dont vous raisonnez tous les jours sur les choses de la moindre conséquence, de que/le sorte i?oiis dei'cz raisonner en celle-ci^ et quel parti vous devez prendre dans la discussion de cette importante question de tejci^ stence de Dieu*

Fous dites dom* que nous sommes incapables de connoitre s'il y a un Dieu, Cependant il est certain que Dieu est ou qu'il nest pas* : il nj a point de milieu. Mais de quel côte pencheronsnous ? lia raison, dites-vous ^ uy peut rien déterminer. Il y a un chaos intini qui nous sépare. Il se joue un jeu k cette distance infinie où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-voiis? Par raison vous ne pouvez assurer ni Tun ni Tautre; par raison vous ne pouvez nier aucun des deux.

Ke blâmez-donc pas de fausseté ceux qui ont /ait un choix; car vous ne s^yez pas s'ils ont tortj et s'ils ont mat choisi. Non, direz'vonsj mais je les blâmerai d'avoir fait ^ non ce choix ^ mais un choix : et celui qui prend croix et celui qui prend

croix et l'autre (pile) soient en pareille faute , ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier.

Oui, mais il faut parier, cela irest pas volontaire ; vous êtes embarqué ' ; leqiirl prend rez*vo us floue? voyous, puisqu'il tant choisir, voyons ce qtii vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre ; le vrai et le bien, et deux choses à dégager "^ : votre raison et votre volonté, votre conuoissauce et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir, l'erreur^ et la misère. Votre raison n'est pas plus blessée^ puisqu'il faut nécessairement choisir, en choisissant Tun que l'autre . Voilà un point vidé; mais votre béatitude?

Pesons le gain et la perte : eu prenant croix que Dieu est, estimous ces deux cas; si vous gagnez ^ vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. Cela est admirable. Oui, il faut gager, mais je gage peut-être trop ^. Voyons^ puisqu'il y a pareil hasard de gain

^ Une des copies : au cnman^ ^ I>es deux copies : ettgai^tr.

^ Les deux copies : V horreur.

^ lc\ se trouve y dans k manuscrit ^ ceUc note iti;irginab : ^t Li seule ficieuce ifui est contre le &ens commun et ta nature des

ÉDITIONS

pile^ ont tous deux tort : le juste est de ne point parier.

Ouij mais il faut parier; cela n'est poiot \olontaire : vous êtes embarqué, et ne parier point fjue Diea est^ c est parier qu'il n'est pas. Lequel prendrez- vous donc?

Pesons le gain et la perte en prenant ie parti de croire que Dieu est. Si vous gagnez, vous gagnez toutj si vous perdez j vous ne perdez rien< Pariez donc quil est sans hésiter. Oui, il faut gager, mais je gage peut-être trop- Voyons : puisqu'il y a pareil hasard de gain et de

et de perte, si vous n aviez qu'à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager; mais s'il y en avoit trois àgagner (P. 7), il faudroit jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer); et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé à jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité de vie et de bonheur ; et cela étant; quand il y auroit une infinité de hasards dont un seul seroit pour vous, vous auriez encore raisoiï de gager un pour avoir deux; et vous agiriez de mauvais sens , étant obligé à jouer, de refuser de jouer une vie contre trois à un jeu où d'une infinité de hasards il y en a un pour vous, s'il y avoit une infinité de vie infiniment heureuse à gagner. Mais il y a ici une infinité de vie infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre infini de hasards de perte ', et ce que vous jouez est fini. Cela est tout parti ; partout où est l'infini et où il n'y a pas infinité de hasards de perte contre celui de

hommes a toujours été la seule qui ait subsisté parmi les hommes. »

' Pascal avait mis d'abord : Et autant de hasard de gain que de perte.

APPBNDICK f^ I. 267

ÉDITIONS

perte, quand yous n* auriez que deux vies à gagner pour une , vous pourriez encore gager. Et s'il y en avoit dix à gagner, vous seriez imprudent de ne pas hasarder votre vie pour en gagner dix à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a ici une inanité de vies infiniment heu<reuse^ à gagner, ai^ec pareil hasard de perte et de gain; et ce que vous jouez est si peu de chose et de si peu de durée j quily a de la folie à le ménager en cette occasion^.

* Cette dernière phrase n'est que le résumé des longs développements qui sont en regard.

268 APPENDICE ï<r I.

MAmiSGRIT AUTOGRAPHE DE PASCAL, P. 7.

gain, il n'y a point à balancer, il faut tout donner; et ainsi quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie plutôt que de la hasarder pour le gain in6ni aussi prêt à arriver que la perte du néant.

Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera et qu'il est certain qu'on hasarde, et que l'infinie distance qui est entre la certitude qu'on /expose et l'incertitude de ce qu'on gagnera égale le bien fini qu'on expose certainement à l'infini qui est incertain. Cela n'est pas ainsi ; tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude. Et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertaiuement le fini, sans pécher contre la raison. Il n'y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu'on /expose et l'incertitude du gain; cela est faux. Il y a à la vérité infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre; mais l'incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu'on hasarde, selon la proportion des hasards de gain et de perte ; et de là vient que s'il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre, le parti est à jouer égal contre égal; et alors la certitude de ce qu'on /expose est égale à l'incertitude du gain : tant s'en faut qu'elle

ÉDITIONS

Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera et qu il est certain qu'on hasarde , et que l'infinie distance, qui est entre la cerlilude de ce qu'on expose et l'incertitude de ce que l'on gagnera, égale le bien fini qu'on expose certainement à Finfini qui est incertain. Cela n'est pas ainsi : tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec incertitude. Et néanmoins il hasarde certainement le fini, pour gagner incertaine ment le fini, sans pécher contre la raison. Il n'y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu'on expose et l'incertitude du gain ; cela est faux. Il y a à la vérité infinité entre la certitude de gagner et la certitude de perdre; mais Tincertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu'on hasarde, selon la proportion des hasards de gain et de perte : et de là vient que s* il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre, le parti est à jouer égal contre égal; et alors la certitude de ce qu'on expose est égale à l'incertitude du gain : tant s'en faut qu'elle en soit infiniment

270 APnKMCB 3r 1

MA9€SCRIT ArrOGRAFflE DE PASCAL, P. 7.

en soit infiniment distante ! Et ainsi notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perte, et Finfini à gagner. Gela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelque vérité, ceUe-là Test.

{V.liyklsL marge.)

Je le confesse, je Tavoue, mais encore n y a-t-il pas moyen de voir le dessous du jeu ? Oui, l'Écriture, et le reste, etc.

Oui, mais j'ai les mains liées et la bouche muette ; on me force à parier, et je ne suis pas en liberté ; on ne me relâche pas, et je suis fait d'une telle sorte que je ne puis croire. Que voulez-vous donc que je fasse ?

Il est vrai ; mais apprenez au lûoins votre impuissance à croire, puisque la raison vous y porte, et que néanmoins vous ne le pouvez. Travaillez donc non pas à vous convaincre par l'augmentation des preuves de Dieu , mais par la diminution de vos passions. Vous voulez

APPBNDICB N^ 4. 271

ÉDITIONS

distante ! Et ainsi notre proposition est dans une force infinie, quand il n'y a que le fini à hasarder à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de perle , et Tinfini à gagner. Cela est démonstratif; et si les hommes sont capables de quelqu^^f vérités, ils le doivent être de celle-là.

Je le confesse, je Tavoue. Mais encore n'y auroit-il point de moyen de Doir un peu clair? Oui, par le moyen de l'Écriture , et par toutes les autres preuves de la religion^ qui sont infinies.

( Suivent dans P.-R. 3 paragraphes , tirés de différents endroits du Msc, et un 4* : « Quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti....» qui ne doit venir que beaucoup plus tard, et que Pascal a lui-même intitulé : Fin de ce discours. L'édition de 1819 donne seule cet endroit du manuscrit.)

( P..R., ibid.)

Fous dites que vous êtes fait de telle sorte que vous ne sauriez croire. Apprenez au moins votre impuissance à croire , puisque la raison vous y porte, et que néanmoins vous ne le pouvez. Travaillez donc à vous convaincre, non pas par l'augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de vos passions. Vous voulez aller à la foi.

aller à la foi , et vous n*en savez pas le chemin ; vous voulez vous guérir de l'infidélité, et vous en demandez les remèdes. Apprenez (les) de ceux qui ont été tels comme vous, et qui parient maintenant tout leur bien. Ce sont gens qui savent un chemin que vous voudriez suivre, et guéris d'un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé : c'est en faisant tout comme s'ils croyoient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. Mais c'est ce que je crains. Et pourquoi ? qu'avez-vous à perdre ?

Mais pour vous montrer que cela y mène, c'est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles etc.

O ce discours me transporte , me ravit etc. Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux auparavant et après , pour prier cet Être infini et sans parties, auquel il soumet tout le sien , de se soumettre aussi le vôtre pour votre propre bien et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse.

APPENDICE N^ I. SffS

ÉDITIONS

et VOUS n'en savez pas le chemin ; vous voulez vous guérir de l'infidélité , et vous en demandez les remèdes : apprenez-les de ceux qui ont été tels que vous et qui nont présentement aucun doute. Ils savent ce chemin que vous voudriez suivre, et ils sont guéris d'un mal dont vous voulez guérir. Suivez la manière par où ils ont commencé ; imitez leurs actions extérieures y si vous ne poui^ez e/icore entrer dans leurs dispositions intérieures ; quittez ces vains amusements qui vous occupent tout entier.

(P.-R. donne ici deux paragraphes étrangers à ce morceau : « J'aurois bientôt quitté ces plaisirs. »

( L'édition de 1819 donne seule ce passage. )

Vh AmVHCB If ff.

HAUUSGBIT AUTOGmAFHE DE PASCAL, P. 7.

Ffir DE CE DISOQURS.

Or, quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce

parti ? Vous serez fidèle, honnête, humble, reconnoissant, bienfaisant , ami sincère, véritable. A la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les dâices; mais n'en aure2-vous point d'autres? Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie ; et qu'à chaque pas que vous ferez dans ce chemin , vous verrez tant de certitude de gain, et tant de néant de ce que vous hasardez , que vous connoitrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie, pour laquelle vous n'avez rien donné.

APPENDICE fe i. 9T6

ÉDITIOIfS.

Quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti ? Vous serez âdèle^ honnête, humble, reconnoissant, bienfaisant, sincère, véritable. A la vérité vous ne serez point dans les plaisirs empestés , dans la gloire, dans les délices. Mais n'en aurezvous point d'autres ? Je vous dis que vous gagnerez en cette vie ; et qu'à chaque pas que vous ferez dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain, et tant de néant dans ce que vous hasardez, que vous connoîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine et infinie^ et que vous n'avez rien donné pour t obtenir.

3f76 APPENDICE N^ I.

Pages bien suiries ei trèMniailléet.

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