‹ Des pensées de PascalChapitre 44 sur 125 · LIV PREFACE DE LA NOUVELLE EDITION · texte numérisé non relu

LIV PREFACE DE LA NOUVELLE EDITION

ciple de saint Augustin accepte sans réserve et la méthode et tous les grands principes de Descartes, la preuve de l'existence personnelle tirée de la pensée, la démonstration de la distinction de l'âme et du corps, et celle de l'existence de Dieu par l'idée de l'infini. Depuis, Arnauld n'a pas cessé d'être un cartésien déclaré, comme Bossuet. Il y a vraiment une analogie frappante entre les opinions philosophiques de ces deux grands hommes. Tous deux sont cartésiens , sans préjugés comme sans faiblesse : au plus fort de la persécution, disons tout, au milieu des fautes du cartésianisme, ils eurent le courage de l'avouer encore en séparant ses principes des applications téméraires qu'on en faisait. Tous deux partaient de la ferme distinction des vérités naturelles et des vérités surnaturelles, et la philosophie leur paraissait aussi légitime et aussi assurée dans l'ordre naturel que la foi chrétienne dans l'ordre des vérités révélées. Ils se montrèrent les constants adversaires de l'épicuréisme de Gassendi et du scepticisme de Montaigne et de Huet. Ce fut Arnauld qui introduisit et s'efforça d'accréditer le cartésianisme à Port-Royal. Il est l'auteur de la quatrième partie de la Logique, où domine la méthode de Descartes. Lorsqu'en 1663 la censure romaine

Géométrie. Dès cette époque, c'est-à-dire dès rannée 1641 , il attaque, en aslronomie, le système dePtolémée; il ose dire que rimmobilité de la terre ne repose sur aucune preuve , ni astronomique ni physique, et que c'est raulorité et non la raison qui nous la persuade. Pins tard, Pascal n'osera pas même aller jusque-là. En morale, le système d'Epicure . le système stoïcien et le péripaiélisme sont mis fort au-dessous de la morale platonicienne , couronnée par le christianisme. La liberté humaine est admise; mais déjà se montrent quelques proposions dont le jansénisme peut s'accommoder. « Celui qui ne peut pécher est sans aucun doute plus libre que celui qui peut pécher. « En physique, on y donne comme probable l'opinion que retendue n'est pas distincte des choses étendues, c'est-à-dire Tespace des corps. Eu métaphysique, toute essence éternelle autre que Dieu est une chimère: toutes les entités ne sontque l'être lui-même. Les formes substantielles sont inutiles. Pour un esprit libre de préjugés, il n'est pas moins évident que Dieu existe qu'il est évident que deux est un nombre pair.

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