‹ Des pensées de PascalChapitre 70 sur 125 · XXII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXII AVANT-PROPOS

prisables à Pascal ^ Arnauld commence sa carrière par mie défense solide et judicieuse des Méditations'^^ et^ dans sa vieillesse, il les défend encore et contre l'autorité égarée ^ et contre Male-

* Discours contenant en abrégé les preuves naturelles de Vexistence de Dieu et de l'immortalité de l'âme ; « Je suis persuadé que les preuves naturelles ne laissent pas d'être solides et proportionnées à certains esprits ; elles ne sont pas à négliger. Il y en a d'abstraites et de métaphysiques, comme j'ai dit , et je ne

vois pas qu'il soit raisonnable de prendre plaisir à les décrier

Quel qu'efforts que fassent les athées pour effacer l'impression que la vue de ce grand monde forme naturellement dans tous les hommes, qu'il y a un Dieu qui en est l'auteur, il ne sauroit l'étouffer entièrement, tant elle a des racines fortes et profondes dans notre esprit La raison n'a qu'à suivre son instinct naturel pour se persuader qu'il y a un Dieu. — Traité de la foi- Messe de l'Homme : « On avoit philosophé trois mille ans durant sur divers principes; il s'élève dans un coin de la terre un homme qui change toute la face de la philosophie et qui prétend faire voir que tous ceux qui sont venus avant lui n'ont rien entendu dans les principes de la nature. Et ce ne sont pas seulement de vaines promesses, car il faut avouer que le nouveau venu donne plus de lumières sur la connoissance des choses naturelles que tous les autres ensemble n'en avoient donné. »

^ Voyez parmi les objections aux Méditations cet écrit d'Arnauld , dont Descartes se montra si satisfait. C'est le premier écrit connu d' Arnauld , car il doit avoir été composé avant la publication même des Méditations, qui est de 1641 , et par conséquent plusieurs années avant le Traité de la fréquente communion, qui est de 1643.

' Les Fragments philo sopliiques, 3"^ édition, tome II, donnent un mémoire d' Arnauld, destiné à prévenir l'arrêt contre le cartésianisme , arrêt sollicité du parlement de Paris par la faculté de

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branche ^ Dans sa longue polémique avec l'auteur de la Recherche de la vérité, Arnauld s'appuie constamment sur la raison dans l'ordre des vérités naturelles; il se plaint que son illustre antagoniste a recours, par un cercle vicieux manifeste , à la révé-

théologie , et détourné par XArrèX burlesque de Boileau , et peutêtre aussi par cet excellent mémoire qui doit avoir été écrit entre 1671 et 1675.

' Des vraies et des fausses idées , Cologne, 1683. Voyez particulièrement le chapitre xxiv, où Arnauld soutient contre Malebranche la clarté de la notion de l'âme, d'après les principes de Descartes; et les chapitres xxv et xxvi , où il prend de nouveau la défense de la preuve cartésienne de l'existence de Dieu par ridée de la perfection, contre les instances de Gassendi, et contre les interprétations détournées de I^îalebranche. —Enfin, en 1692, Arnauld n'hésite pas à exprimer sur le livre tant vanté de Huet une opinion qui est entièrement la nôtre. « Je ne sais pas ce qu'on peut trouver de bon dans le livre de M. Huet contre M. Descartes, si ce n'est le latin ; car je n'ai jamais vu de si chétif livre, pour ce qui est de la justesse d'esprit et de la solidité du raisonnement. C'est renverser la religion que d'outrer le pyrrhonisme autant qu'il fait. Car la foi est fondée sur la révélation, dont nous devons être assurés par la connoissance de certains faits. Il n'y a donc point de faits humains qui ne soient incertains , s'il n'y a rien sur quoi la foi puisse être appuyée. Or, que peut tenir pour certain et pour évident celui qui soutient que cette proposition, je ])ense, donc je suis, n'est pas évidente, et qui préfère les sceptiques à M. Descartes, en ce que ce dernier ayant commencé à douter de tout ce qui pouvoit paroître n'être pas tout à fait clair, a cessé de douter, quand il en est venu à faire cette réflexion sur lui-même: cocjUo, ergo sum ; au lieu, dit M. Huet, que les sceptiques ne se sont point arrêtés là, et qu'ils ont prétendu qua

XXIV AVANT-PKOPOS.

lation pour prouver l'existence de ce monde ^, A chaque ligne de cette grande polémique éclate la confiance d'Arnauld dans la puissance de la raison humaine. Port - Royal est donc pour nous , et quand Pascal nous attaque ^ nous pouvons lui opposer ses amis et ses maîtres, Nicole et Arnauld.

Il en faut dire autant de toute l'église de France. Je ne suis point surpris que Bossuet ni Fénelon n'aient jamais cité les Pensées; car les principes de ces deux grands hommes et ceux de Pascal sont inconciliables. Il faut choisir entre eux et Pascal. Celui-ci est ennemi du cartésianisme, et n estime pas que toute la philosophie vaille une heure de peine, Fénelon et Bossuet ont éfudié dès leur première jeunesse, et n'ont cessé de cultiver pendant

cela même étoit incertain et pouvoit être faux; ce qui a été regardé par saint Augustin, aussi bien que par M. Descartes, comme la plus grande de toutes les absurdités; parce qu'il n'y a rien certainement dont nous puissions moins douter que de cela. Il y a cent autres égarements dans le livre de M. Huet ; mais celui-là est le plus grossier de tous. » Lettres d' Arnauld, t. IIP. Voyez aussi un passage de la lettre dcggxxx, sur le même sujet. ' Des vraies et des fausses idées , p. 324 et 333.

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