Observation de Brin
Homme de 60 ans, prostatique depuis plusieurs années, est pris subitement de rétention d’urine pour laquelle plusieurs médecins essayent en vain le cathétérisme. On pratique alors la ponction vésicale deux fois de suite à 15 heures d'intervalle. La vessie de nouveau pleine, on réussit avec le mandrin à passer une sonde que l’on laisse à demeure, urines fétides. Depuis plusieurs heures déjà le malade a une forte fièvre et a éprouvé plusieurs frissons. Pendant plusieurs jours on laisse la sonde à demeure et les phénomènes généraux s’amendent vite, les urines deviennent claires et sans odeur. Le malade se plaint simplement de la région sus-pubienne où ont été pratiquées les deux ponctions. Dans les premiers jours on constate de la défense de cette région sans empâtement. Sous linfluence de pansements humides chauds, la douleur disparaît, la paroi devient dépressible et, au bout de dix jours, dans le but de pratiquer la prostatectomie, on ouvre la région sus-pubienne, et derrière les muscles droits et la symphyse, on tombe sur un abcès étalé devant la face antérieure de la vessie, abcès gros comme une pomme, bien limité. On l’ouvre et on tamponne huit jours plus tard, la cavité ayant tendance à bourgeonner et paraissant désinfectée. On ouvre la vessie et on enlève la prostate. Le malade a guéri sans incident.
Notons que, dans le cas présent, il est difficile de dire si ce sont les instruments employés ou la filtration de l'urine septique au niveau de la piqûre qui ont déterminé la péricystite. Quoi qu'il en soit, la ponction est actuellement délaissée et remplacée par la cystostomie, car les risques sont moins grands et elle permet la désinfection de la vessie.
b) La cyslosiomie. :
La cystostomie ou ouverture de la vessie est pratiquée couramment aujourd’hui. Elle est indiquée soit dans les cas de rétention aiguë, soit comme premier temps de la prostatectomie, lorsqu'on a affaire à des malades infectés ou dont l’état général est déficient. |
L'opération comprend plusieurs temps :
1. La mise en saillie de la vessie par ve au moyen d’une solution quelconque.
2. Incision de la paroi abdominale de 2? à 4 centimètres. A 3 centimètres au-dessous du pubis, afin qu’au moment ou on pratiquera la Po on puisse débrider la vessie par en bas.
3. Mise à découvert de la vessie, l’aide maintient les lèvres de la plaie écartées, l'opérateur doit éviter le cul-de-sac péritonéal. CA