Observation de Gayel
Hypertrophie prostatique, cystostomie. Abcès prostatique et rétro-vésical, périnéotomie.
Homme de 64 ans, entre le 28 décembre 1932 pour accidents dysuriques. Le début de l’affection actuelle se place deux ou trois mois avant par pollyurie et pollakyurie. Il y a un mois, crise aiguë de rétention avec incontinence par regorgement. Le malade n’a pas été sondé. A l'entrée, vessie à l’ombilic. Le toucher rectal montre une très grosse prostate de consistance œdémateuse, température 390. Quelques râles de congestion aux bases, souffle systolique au cœur, urée 1 gr. 13.
Le 29 décembre on pratique la cystostomie sous anesthésie locale. Depuis, la température oscille entre 38 et 390 pendant une huitaine de jours puis descend en maintenant des oscillations entre 370 4 et 380 5.
Vers le 15 janvier, reprise des grandes oscillations. Le toucher rectal montre une tumeur un peu dure, au niveau de la prostate, siégeant plutôt du côté gauche. La pression à son niveau est très douloureuse. On pratique une périnéotomie transversale sous anesthésie par injection épidurale de novocaïne à 5%. Le décollement du rectum est très difficile en raison d’adhérences, on l’ouvre à la sonde cannelée et on voit s’écouler du pus, le dilatateur écarte l’orifice et on évacue un grand verre de pus, qui contient du colibacille à l’état de pureté. Le doigt introduit dans la poche a peine à arriver au fond tout à fait en arrière de la vessie. La prostate semble avoir fondu. La température remonte le soir à 40° 8, mais redescend rapidement à la normale et le malade guérit.