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Un érédit de 360,000 fr. pour la formation, par voie de travail libre et salarié, d’établissements agricoles : servant d'ateliers de travail et d’ateliers de discipline.
M. le ministre de la marine, dans son exposé des mo-
uifs, disait :
« Ce crédit est trop modique pour que vous y voyiez autre chose que l'intention de faire un essai ; nous vous rendrons compte de ses résullats. 4 |
» S'ils sontsatisfaisants, on pourra s’occuper de compléter une œuvre que, dès à présent, nous considérons comme une sage mesure de prévoyance: » da |
Cet essai, qui, s’il réussit, doit amener la solution du grand problème du travail libre, RSS au — le point les colons. |
Ils le suivent avec anxiété, ils désir ardemment le succès: car, ainsi qu’on l’a dit avec raison, nul ne peut vouloir maintenir l'esclavage pour l’esclavage; et tous les colons s’associent sans réserve à cette profession de foi de l’un de leurs conseils coloniaux : « Nous élève-
rions des autels à celui qui abolirait l’esclavage, s'il pouvait nous garantir le travail libre!»
M T— | La loi du 19 juillet 4845 promet l'introduction d’ouvriers et de cultivateurs européens aux colonies. Voyons ce qui a été fait à cel égard.
Le compte rendu au roi, en mers 1846, HS (41):
. « Que vingt travailleurs me” ont t été envoyés a la Guadeloupe , sur la demande de M. Paul Daubrée; qu'après constatation du départ de ces vingt travailleurs, embarqués au Havre en novembre 1845, une somme de
6,000 fr. a été payée à M. Paul Daubrée.
» Tel a été le premier emploi du me ouvert par le & 4° de la loi du 19 juillet.
» Le 20 septembre, l’agent de la Phrases des Antilles pour la fabrication du sucre a réclamé l'allocation des frais de passage en faveur de huit travailleurs destinés au service des usines que la compagnie possède à la Guadeloupe. Le paiement de l'allocation a eu lieu.
» Enfin deux passages sont en ce moment en voie de concession pour des ouvriers destinés à une usine fondée à la Trinité (Martinique) par MM. Gastel et compagnie, et qui doit fournir aux appareils à vapeur des sucreries les moyens de réparations nécessaires.
» Ces trois demandes sont les seules qui se soient jusqu'ici produites avec un caractère sérieux et raisonné.»
M. le ministre de la marine et des colonies n'ayant
(1) Page 37.
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Ne * pas encore pubhé son compte-rendu au roi pour Pannée 1846, je ne puis constater d’une manière officielle le nombre de travailleurs envoyés dans nos colonies dans le cours de cette année. |
Mais je sais qu'il est minime.
Je sais que les vingt ouvriers demandés par M. Das brée ont tous déserté l’usine centrale à laquelle ils étaient attachés ; que les uns sont employés dans les douanes, les autres dans la police, les autres ont été rapatriés.
Je sais que pas un cultivateur européen n’a été en-
voyé dans nos colonies, quoique l’objet du crédit voté
par la loi du 49 juillet 1845 soit l'introduction d’ouvriers et cultivateurs européens.
Le gouvernement avait annoncé qu’il formerait par voie de travail libre et salarié , des établissements agricoles servant d'ateliers de travail et d’ateliers de disci— pline. La loi du 19 juillet 1845 lui a ouvert à cet eflet un crédit de 360,000 fr.
Dans son compte-rendu de mars 1846 (1)
M. le ministre de la marine et des colonies fait connaître qu’il a été empêché d’exécuter la loi à {a Martinique, parce que les deux habitations domaniales où il se proposait de former ses établissements agricoles, d’expérimenter le travail libre et salarié, étaient alfermées ;
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: « Qu'il en résultait, soit pour la résiliation des baux; soit pour leur renouvellement sur des bases entière> ment conformes aux vues du gouvernement, une situa-
tion litigieuse qui n’est pas sans gravité, et dont il a à
examiner toutes. les conséquences avant d'engager son dan dans aucune opération LUE »
Cette. situation litigieuse subsiste encore aujourd’ hui (mars 1847), et les baux, du moins en ce qui concerne la principale | habitation (l'habitation. de Saint-Jacques), n’ont pas été résiliés. |
Il existe à la Guadeloupe une habitation nie dite le Marigot; je ne sache pas que le gouvernement Pait appropriée à ces essais de travail libre.
*Il n'existe point d'habitation domaniale à Bourbon; il paraitrait que le gouvernement se serait enquis de la ROAEtIe d’en acheter une.
Du reste, M. le ministre de la marine et des colonies déclare, dans son compte-rendu, « qu'il à invité messieurs les gouverneurs des colonies à leur transmettre divers documents et Le ne lui sont parvenus encore qu’en partie,
Et constate que le fonds de 360,000 fr. alloué par la loi du 19 juillet 1845 est resté intact. 14
Il en est à peu près de même du téHé de 120,000 fr. alloué pour l'introduction des travailleurs et cultivateurs européens aux colonies. |
. C’est une bonne fortune pour le trésor.
Mais on conviendra que la question du éravail libre
= TA = n'a pas avancé, puisque les essais ne sont pas ‘encore commencés. it | n 1
M. le Ministre de la marine, dans la séance du 2 juin
1845, avait promis d'appeler au travail dans nos colo nies des hommes libres de tous les pays. Pour tenir sa promesse, il avait envoyé aux îles Canaries M. le contreamiral Montagnès de La Roque, avec mission d’étudier la question de l'é émigration pour les colonies françaises des travailleurs de ces îles. Malheureusement le Caraïbe, navire de l’état, qui portait le contre-amiral Montagnès de La Roque, est perdu, et les études n’ont EN être faites.
M. Lefèvre, voyageur actif, intelligent, a été chargé par M. le Ministre de la marine de se rendre en Abys— sinis, et de conduire deux cents Abyssins libres dans nos colonies ; mais M. Lefèvre n'est pointencore parti (1).
Je n’entends adresser à ce sujet aucun reproche an gouvernement.
Je connais les difficultés qu il rencontre; mais, s'il n’y a jusqu’à présent que des projets és et des intentions d'étude, l’organisation du travail libre dans les colonies françaises est toujours à l’état de problème
Et puisque le gouvernement veut avec raison résoudre le problème du travail libre avant de détruire le tra-
(1, Au moment où l'émancipation eut lieu dans les colonies anglaises, une seule de ses colonies, l'île Maurice, avait importé 31,000 cultivateurs indiens.
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vail forcé, il est permis de conclure que l émancipation des noirs, demandée par les protectionnistes ; doit étre long-temps encore ajournée.
M. le Ministre de la marine avait promis A) « d’appeler au travail de la terre plus particulièrement les hommes libres qui déjà habitent les colonies. »
Ici je crois être en droit de reprocher à M. le Ministre de la marine de n'avoir pas accompli sa promesse, parce qu’indépendamment de sa promesse, la loi lui imposait une obligation qu l a méconnue.
Le texte de la loi du 48 juillet 1845 et les discussions qui l’ont précédée justifient ce reproche. |
: On comptait dans les colonies, au 31 décembre 1842, 40,610 noirs affranchis depuis 1830 (2). Aucun d’eux ou presque aucun ne se livre aux travaux de la culture.
C’est ce fait déplorable qui explique et motive la répugnance des colons contre J'émancipation; ils craignent, et le passé leur dit de craindre, que le travail ne cesse dans les colonies le jour où le travail ne sera plus obligé. |
« Les effets qui se sont produits dans le passé, a dit M. le président Laplagne-Barris, membre de la commission de la Chambre des pairs (3), les résultats fâcheux,
(1) Séance de la Chambre des députés du 2 juin 1545.
(2) Tableaux de population publiés par M. le ministre de la marine et des colonies en 1846, page 30. |
‘3) Séance du 40 avril 1845.
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25 88 il faut en convenir, de cette multitude d’affranchis jetés dans le sein de nos colonies, sans fortune , sans moyen d'existence, et avec une aversion présque universelle pour le travail qui contribue le plus à la prospérité des colons, pour le travail rural, a déterminé la commission à vouloir soumettre l’affranchi à la nécessité d’un engagement de. travail pendant un nombre d'années déterminé. » : : 266 | iront sl
La commission voulait que l’affranchi continut à travailler pendant cinq ans chez son ancien maître. |
M. le ministre des affaires étrangères et M. le minis tre de la marine et des colonies voulaient que l’affranchi püt choisir l'habitation sur laquelle il travaillerait.
Mais le gouvernement , comme la commission, vou laient que l’affranchi contractât un engagement sérieux, un engagement de cinq ans,
Voici les termes de la loi , article 5, $ 5 :
« Toutefois l’esclave affranchi, soit par voie de rachat ou autrement , sera tenu , pendant cinq années, de Justifier d’un engagement de travaii avec une personne de condition libre. Cet engagement devra être contracté avec un propriétaire rural, si l'affranchi, avant d’acquérir la liberté, était attaché comme ouvrier ou laboureur à une exploitation rurale.
» Cet engagement ne sera valable qu'après avoir été approuvé par la commission instituée par le S 2 du pré sent article. »
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