Diagrammes conçus. Ils sont à toutes les catégories pré
cédenles, ce que les pholismes pensés sont aux photism»' imaginés ou localisés, ce que l'idée est à la sensation, ou mieux ce que l'intuition pure dans la terminologie kantionii' est à l'intuition empirique. Telle personne, possédant dr schémes qu'elle décrit et dessine avec précision, est incapable d'indiquer par quoi elle se les représente en imaginatiofi. Elle ne voit ni noms écrits, ni lignes tracées, ni signes d'aucune sorte, et n'éprouve rien de sensible, mais conçoit simplement des distances dépouillées de toute qualité assignable. Ce serait donc en quelque sorte la réalisation psychologiqn de l'idéal géométrique, qui ordonne de faire abstraction <r la nature matérielle, visible ou tangible, des figures pour ne considérer que des longueurs et des directions.
On peut naturellement objecter que les personnes danse cas ne savent pas s'observer ; qu'elles sont inattentives aux éléments non visuels, mais néanmoins sensationnels, servant de substratum à ces prétendues représentations de pures relations spatiales; et que, plus habiles ou ayant suivi un bon cours de psychologie, elles discerneraient les images kinesthésiques et autres dont leur conscience est bourrée à leur insu lorsqu'elles ne croient penser qu'à des rapports abstraits. Cette objection est assurément fondée ; si ces sujets savaient s'analyser suffisamment, il est bien certain qu'ils trouveraient en eux-mêmes des sensations ou image quelconques supportant leurs conceptions abstraites, car cela revient à dire que si, par cette activité psychophysiqut' que nous nommons l'attention, ils arrivaient à renforcer I;. vibration des centres sensoriels et à la porter au degré voulu pour qu'elle s'accompagne d'images conscientes, — eh bien ils trouveraient ces images dans leur conscience ! Vérité absolument incontestable, mais qui ne supprime pas le fait bruta' que, dans leur état actuel de maladresse introspective, leurcentres nerveux vibrent juste comme il faut pour leur donnei
la conception ou si l'on veut le sentiment de distances purement abstraites, et pas assez pour y joindre des images perceptibles, visuelles ou motrices. C'est pourquoi, en pratique, je n'hésite pas à faire une catégorie spéciale des diagrammes conçus ou purement géométriques.
Comme on peut le deviner par les réflexions précédentes, je ne mets pas en doute qu'il ne puisse et ne doive exister des diagrammes Idnesthésiques , c'est-à-dire dont toute la matière psychologique consiste en images ou souvenirs de mouvements efl"ectués avec l'œil ou les membres. Le seul [)oint qui m'ait retenu d'en faire une catégorie distincte est qu'en fait je n'en ai pas encore rencontré de bien certains (à moins d'y mettre les cas dont je parlerai tout à l'heure à propos de la localisation, mais où c'est moins le sens kinesthésique proprement dit, que celui de l'équilibre et de l'orientation, qui vient se joindre aux représentations visuelles). Si les aveugles possèdent des schémes, ce dont j'espère m'assurer avant qu'il soit longtemps, ils sont probablement tactiles ou kinesthésiques plutôt que visuels, sauf dans les cas de cécité récente.