‹ Des phenomenes de synopsie (audition coloree)Chapitre 4 sur 46 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l»«> i|U«*lqu«M i>riiioi|M*N explicafilN *ivH *ij iK'stliésies.

A%«i<»rlAtlon nATootive. ANHOciatioii tinbltiiclle. AMNOciatioii

prlvilégléi'.

Il n*exisle pas encore de lliéorie satisfaisante et complet» (le l'audition colorée. Quant aux nombreuses explications partielles proposées par les auteurs, je renonce à les examifier en détail pour les motifs allégués dans l'avant-propos. Remarquons cependant qu'elles gravitent toutes autour di' deux idées centrales antagonistes.

Les uns, en effet, considérant que les phénomènes syne>thésiques impliquent toujours une liaison entre deux donné» de conscience, essayent d'en rendre compte par le princii p$ycholo(jigue de l'association. Les autres, plus frappés du fait que cette liaison s'impose au sujet avec une sorte de contrainte aveugle et sans qu'il puisse en découvrir la cause dans les circonstances connues de sa vie passée, estiment qu'il ne s'agit pas là d'une association mentale ordinaire, et font appel à des conditions physiologiques : la contiguïté ou l'engrenage des centres corticaux permettant aux excitations d'irradier de l'un à l'autre, l'existence d'anastomoses exceptionnelles reliant des fibres nerveuses ou des cellules ordinairement séparées, etc.

Il ne faudrait pas conclure de là qu'il y a nécessairement opposition entre les t'xp\\caiiion<> psychologiques eiphysiolo-

ijiques ; il est au contraire indubitable que dans une science de l'hoiiime bien fjiite, ces deux sortes d'explications, loin de s'exclure, se compléteraient l'une l'autre, conformément au principe fondamental de parallélisme psychophysique qui est à la base de toutes les recherches de psychologie physiologique. Association mentale plus ou moins stable, connexion nerveuse plus ou moins fixe (anatomique ou simplement « dynamique, » c'est bien égal), ce sont là deux choses allant de pair, deux processus concomitants entre lesquels il n'y a pas à prendre parti — si ce n'est en ce qui concerne celui des points de vue, interne ou externe, que l'on adopte de préférence à un moment donné, par suite de la difficulté pratique à les embrasser tous deux simultanément.

Mais si l'antithèse de psychologique et physiologique est insoutenable, prise au pied de la lettre, cela ne veut pas dire qu'elle ne recouvre pas une divergence réelle, mal formulée, dans les opinions relatives à l'origine de l'audition colorée. Cette divergence serait mieux exprimée par l'opposition d'acquis et ù'inné, puisque la question qui sépare les auteurs semble être, au fond, de savoir si les liaisons synesthésiques (nerveuses "^t mentales à la fois) proviennent uniquement des expériences contingentes de l'individu, comme c'est le cas pour la plupart de nos associations d'idées ; ou si elles sont, au contraii'e, comme les instincts, fondées dans notre constitution native telle que l'hérédité l'a forgée.

La première alternative a contre elle l'impossibilité, presque constante, de retrouver par la mémoire ces prétendues expériences qui auraient attaché une couleur à un son comme l'éducation attache les mots aux choses. La seconde alternative a contre elle toutes les objections méthodologiques que soulève le recours aux puissances inconscientes, vagues, occultes, lorsqu'il s'agit d'expliquer des liaisons conscientes, définies, évidentes. Il est à présumer

(|ue la véritahie oxpllcation des phénomènes <Je syncstliésir - (|iiaml on l'aura Irouvée — sera une heureuse niixtunile ces farleurs opposés, combinés dans des pro|)ortioii variables d'un l'aulre ; tel fait d'audition colorer

s'expliquera à peu prés complètement par les aventure pass4*es du moi Conscient; tel autre, au contraire. supposciM pour sa production le concours de fjuel(|ue myslérieusr influence, transmission héréditaire, suggestion des « moi • sous-jacenls, que sais-je encore, en un mol intervention (\> l'Inconscient.

A défaut d'mir «loi tiiiie achevât;, il est bon d'avoir (juelqucidées directrices, au moins provisoires, quand on ne vent pas être complètement submergé par le torrent des faits. C'est pcuirquoi j'esquisserai ici la théorie (|ui me paraît, pour le moment, la plus plausible et la plus |)ropi'e à servir de lil d'Ariane dans le labyrinthe de l'audition colorée — sans recourir à Tinconscient, ou en n'y recourant que h' moins |)Ossible.

Trois principes d'association me semblent nécessain (Sinon suflîsants^ pour expliquer soit par leur concour>. soit par leur interférence, la diversité de^phénomènessynesthésiques. Désignons-les par les termes d'association habituelle, privilégiée el affective, et parlons d'abord de cetlr dernière qui est de beaucoup la plus importante ici.

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