‹ Des phlegmons angioleucitiques du membre supérieurChapitre 10 sur 18 · TRA1TE.MI£NT · texte numérisé non relu

TRA1TE.MI£NT

La thérapeutique varie suivant la période delà maladie.

Le traitement doit être dirigé : 1® contre les accidents j locaux; 2" contre les accidents généraux.

„ 1® Traitement des accidents locaux.

Le premier point est de faire tous ses efforts pour obtenir . la résolution de l’inflammation.

Avant tout, on doit exiger un repos et une immobilité aussi ( complète que possible du membre menacé. On ne saurait 1 trop insister sur cette immobilisation.

1 En deuxième lieu, la main doit reposer sur un coussin ■; élevé, sur un plan incliné en un mol.

Les topiques peuvent varier suivant les indications et les symptômes locaux ou généraux.

La douleur est-elle vive, intense, lancinante, il sera préférable de faire des frictions avec l’onguent mercuriel simple ou uni à la belladone.

La douleur n’offre-t-elle pas les caractères d’exacerbation, on aura recours aux pommades résolutives.

J’ai vu employer au début de ces affections l’alcool pur par M. Dolbeau avec un certain succès. Voici la méthode. On imbibe d’alcool pur plusieurs compresses dont on envéloppe la main , l’avant-bras et celles-ci sont entourées d’un morceau de taffetas gommé qui empêche l’évaporation de se produire. Ce pansement est un bain local. Il est surtout fort utile lorsqu’il y a un gonflement considérable de l’épiderme, lorsque celui-ci, macéré par les cataplasmes, est imbibé et tuméfié. La présence de l’alcool ramène rapidement les tissus non phlogosés primitivement à un aspect, sinon naturel, du moins dans un état tel que le chirurgien peut mieux apprécier la lésion.

Enfin, lorsque l’inflammation se généralise rapidement, on doit employer les cataplasmes , les bains émollients prolongés.

2® Traitement des sym^Mmes généraux.

Lorsqu’on est en présence de symptômes généraux graves, tels que : frissons, fièvre ardente, insomnie, délire, qui se trouvent dans les angioleucites graves, on peut dès le début donner un purgatif salin, ou bien un éméto-cathartique. Le praticien se laissera guider par les circonstances. Si le malade est alcoolique, le délire, l’insomnie peuvent prendre des proportions inquiétantes ; l’opium, la digitale rendront alors d’utiles services.

A la deuxième période, c’est-à-dire du deuxième au sixième

jour de la maladie, le chirurgien doit encore s’efforcer d’arrêter les progrès de l’inflammation des lymphatiques, de la loca* liser et d’obtenir la résolution. Il insistera plus encore sur les médications indiquées plus haut.

Mais, s’il s’aperçoit que malgré tous ses soins l’inflammation suit son cours, quelle doit être sa règle de conduite ?

Je mets de côté l’expectation qui permet au pus de s’ouvrir une voie à l’extérieur par les efforts seuls de la nature, car cette manière d’agir n’est pas digne d’un vrai chirurgien.

Deux méthodes se trouvent en présence :

1° Inciser le plus tôt possible.

2° Inciser lorsque le pus est collecté.

Incisions prématurées.

Lorsqu’on n’a pu, malgré une médication énergiquement résolutive, arrêter les progrès de l’inflammation, on peut être assuré de la suppuration.

Doit-on attendre que le pus soit collecté ?

Non, il faut inciser prématurément, M. Dolbeau a érigé ce principe en règle.

L’incision doit être large, profonde, car elle a pour but de dégorger les tissus.

Qu’observe-t-on en effet, après cette incision ?

Les tissus sous-jacents à la peau font hernie à travers l’incision qui supprime l’étranglement, la compression. Du sang, un liquide séreux ou séro-purulent s’écoule et amène un dégorgement rapide du tissu.

La deuxième méthode est la règle quand le pus est collecté. Il ne faut jamais attendre. On doit opérer le plus tôt possible.

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