‹ Des phlegmons angioleucitiques du membre supérieurChapitre 11 sur 18 · INFLAMMATIONS PROFONDES DE LA MAIN · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS PROFONDES DE LA MAIN

' L’exposé qui suit est le développement des leçons de M. le professeur Dolbeau, professées à l’Ecole de médecine, et de ses entretiens particuliers au lit du malade.

Ces inflammations sont d’une étude difficile, car elles se confondent le plus souvent avec les phlegmons superficiels. 11 est rare de les voir complètement indépendantes l’une de l’autre. Pendant qu’on traite un malade d’un phlegmon superficiel, on assiste àlanaissance d’une phlegmasie profonde; d’autre part, la profonde devient superficielle. Ces faits sont cliniques et n’ont pas besoin d’être développés ; que chaque praticien invoque seulement ses souvenirs. Pour décrire ces inflammations d’une façon didactique, il faut les exposer théoriquement, afin d’arriver aux observations cliniques.

Bauchet, M. Ghassaignac, M. le professeur Gosselin ont divisé les inflammations profondes de la main en : 1“ inflammations du tissu cellulaire ; 2“ inflammations des gaines tendineuses.

Pathogénie. — Les auteurs divisent les causes en deux classes correspondant aux deux variétés : ainsi, dans l’article du Dictionnaire encyclopédique, signé de M. Polaillon et qui est le résumé des derniers travaux sur ce sujet intéressant, nous trouvons ; « Que le phlegmon du tissu cellulaire sousaponévrotique reconnaît pour cause ordinaire un traumatisme ou la propagation d’une phlegmasie voisine, telle qu un phlegmon sous-cutané, un panaris ou une synovite aiguë.

Le phlegmon des gaines a pour cause l’exercice immo-

déré des tendons fléchisseurs, les panaris du pouce ou du petit doigt, les opérations et les blessures qui ouvrent les grandes synoviales tendineuses de la face antérieure du poignet ou de la main.

Le phlegmon du tissu cellulaire peut lui donner naissance par propagation. La maladie alors se présente avec les symptômes combinés des deux variétés du phlegmon profond.

Cliniquement qu’observe-t-on? Que les phlegmons profonds de la main surviennent très-fréquemment à la suite d’une piqûre, d’une écorchure de la pulpe d’un doigt. On a insisté sur les blessures du pouce et du petit doigt comme point de départ de cette affection. La clinique a justifié cette vérité. Mais les blessures des trois doigts du milieu se compliquent d'une inflammation profonde, ce qui infirme déjà la règle de propagation de la gaine du pouce ou du petit doigt à la synoviale commune.

On insiste sur les panaris profonds et sur les lésions des gaines tendineuses ; ces faits sont hors de contestation ; mais comment expliquer les cas d’inflammation profonde des gaines à la suite d’une simple piqûre, d’une simple éraillure de l’épiderme de la pulpe du pouce ou de petit doigt?

En résumé, nous dirons que toute lésion superficielle des doigts ou de la paume de la main donne lieu à rinflammation profonde et que, d’après les observations, il semble que ce sont les lésions du pouce qui se compliquent le- plus souvent de cette affection.

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