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IS novembre. Malgré l’existence d’un emphysème pulmonaire qui a acquis dans ces derniers temps une intensiié considérable, malgré les conditions fâcheuses dans lesquelles un état permanent de semi-asphyxie a placé le malade, l’état du doigt s’est beaucoup amélioré. Les plaies ont très-bon aspect et sont en voie de cicatrisation. Exeat.
Obs. X. — Dactylite hémorrhagique ; pansement par occlusion. .
Delhôtel (Auguste), 46 ans, sellier, entre à l’hôpital Lariboisière le Il décembre 1855.
Cet homme a déjà été traité en novembre pour un panaris dont il avait été guéri assez promptement. Malheureusement, au lieu de garder le repos pendant quelques jours et de donner à son membre l’immobilité nécessaire, il a repris sou travail, et les accidents de sa dactylite ont reparu compliqués d’une circonstance extrêmement grave, l’hémorrhagie. Les pertes de sang qui accompagnèrent la dactylite se répétèrent en prenant chaque fois des proportions plus considérables. De plus, le i malade éprouvait de temps à autre des accès de fièvre intense. Il dut revenir à l’hôpital où il fut admis.
Son doigt, qui est l’indicateur gauche, est dans un état tellement dé-
iplorable qu’on se demande si l’on ne doit pas amputer. Avant de prendre ce dernier parti, on juge prudent d’avoir recours à l’occlusion.
12 décembre. On dispose autour du doigt malade un pansement en cloche. La main est placée sur un coussin élevé.
Le 14. Le malade éprouve une grande rémission dans ses douleurs. Le 16. Quelques élancements se font sentir, bientôt suivis d’une héi morrhagie abondante.
Le 18. Encore quelques douleurs; on lève le pansement, et, après t avoir constaté le bon état des parties, on rétablit la cuirasse.
Le 23. La chaleur incommode et les douleurs lancinantes dont se I- plaignait le malade ont disparu; ses nuits sont calmes.
Le 23. On enlève la cuirasse; le doigt a très-bon aspect.
Le 26. De nouvelles douleurs lancinantes se sont manifestées; elles 1 ont été suivies d’une nouvelle hémorrhagie après laquelle le malade s’est t senti soulagé.
Le 28. Le malade a passé une très-mauvaise nuit; sa main est le )i siège d’une chaleur insupportable ; elle est œdémateuse.
Le 29. La main est revenue à son état normal ; le malade ne se l plaint plus.
2 janvier 1856. Le malade demande sa sortie.
Cet homme est venu trois fois à la consultation ; son doigt allait [J aussi bien que possible; Il est probable que la guérison aura été com- 'i plète.
1 Obs. XI — Panaris du pouce ; angioleucite de l’avant-bras et du bras par résolution. Recueillie par M. Garlaz interne du Service.
X..., âgée de 29 ans, domestique, entrée le 15 février 1875, salle : Sainte-Rose, service de M. Trélat.
Celte femme s’est piquée le pouce droit en faisant des travaux de coulure il y a quinze jours ; a continué son travail et sous l’influencede la fatifîue et de la malpropreté survint un gonflement du pouce accompagné de douleurs lancinantes.
L’ouverture de l’abcès s’est faite spontanément, et quand elle entre dans le service, on trouve une plaie anfractueuse comblée par des bour- ' geons charnus et laissant sourdre à la pression par un trajet fistuleux à la partie supérieure, un pus séreux.
L’extrémité du pouce est renflée, présentant un volume double du normaI.Le stylet ne conduit pas sur une portion nécrosée delà phalange.
2o février. La malade a éprouvé cette nuit de petits frissons. Au matin la langue est saburrale, la peau chaude; la plaie du pouce est dans le même état. Un peu de tuméfaction ; mais pas de rougeur sur la main.
A la partie supérieure de l’avant-bras et inférieure du bras, traînées de lymphangite avec petits ganglions dans l’aisselle. — Cataplasmes. Bains locaux. La lymphangite disparaît au bout de sept jours sans que la main ait jamais offert aucune rougeur, aucun gonflement ni lymphangite superficielle.
Dans toutes ces observations, nous remarquons que c’est à la suite d’une plaie ou d’une piqûre, souvent avec un instru- | ment malpropre que les phlegmasies se sont développées. Sans | entrer dans de grands détails, je veux attirer l’attention sur i certaines particularités. ;■
La lésion des téguments est toujours le point de départ de > l’inflammation, cette inflammation s’étend, soit de la face . palmaire à la face dorsale, soit de cette dernière à la face palmaire. Dans les observations que je viens de citer, on peut remarquer : que, dansla majorité des cas, il y a eu propagation de l’inflammation soit à la face dorsale, soit à la face palmaire de la main. Bauchet explique par l’anatomie cette propagation ; mais bientôt il sera obligé d’invoquer des barrières qui n’existent pas. La raison pour laquelle la phlegmasie passe à la face dorsale est la suivante. « Le tissu cellulaire sous-cutané est dense, feutré à la face palmaire; il est lâche, lamelleux à la face dorsale. Aussi, tandis que la phlegmasie, retenue à la face palmaire par les brides cutanées qui forment les plis des phalanges, se concentre dans un espace très-restreint, elle s’étend à la face dorsale, envahit de suite toute la longueur des doigts et gagne même très-promptement le dos de
la main en revêtant les caractères d’une inflammation diffuse.»
L’inflammation se propage par les vaisseaux lymphatiques qui de la face palmaire (voir les figures) se rendent dans les espaces interdigitaux et sur le dos de la main.
De plus, les abcès que Bauchetet M. Chassaignac signalent, se rencontrant toujours sur les faces latérales des doigts, ont pour siège les troncs lymphatiques collatéraux des doigts.